D'anecdotes isolées et de conversations tronçonnées, d'anciens collaborateurs de la députée Laetitia Avia l'accusent dans Mediapart, et taxée de racisme elle est déshonorée sur les réseaux sociaux. Une journaliste du Point erre dans l'aéroport d'Amsterdam. Le Maroilles est sauvé nous dit Libération.

Le Centre Hospitalier de la ville de Clermont-Ferrand faisant face au COVID-19.
Le Centre Hospitalier de la ville de Clermont-Ferrand faisant face au COVID-19. © AFP / Maxime Fraisse / Hans Lucas

On parle de mesquinerie...

Et qui sait, de déshonneur, quand à la lecture du site des Echos on réalise que les soignants héroïsés dans la crise du coronavirus se retrouvent des dindons de la farce, quand les primes qu'on leur avait promises, 1500 euros dans les département et hôpitaux les plus touchés par le Covid 19, semblent pâlir, et sur les murs d'un hôpital francilien on lit cette note de la direction des ressources humaines : 

Aucun texte n'a été publié, nous n'avons donc aucune certitude quant à l'application de cette prime. La seule certitude est que cette prime ne pourra pas être versée sur les salaires du mois de mai. 

Et ce serait la faute au décret d'application qui se fait attendre, c’est imminent dit Olivier Véran aux Echos, les instructions ont déjà été données aux logiciels de paye... Ah bon, pas partout...

Et à poursuivre l'enquête des Echos, le soupçon  se confirme, dans le même hôpital on demande aux personnels, qui ont tellement besoin de repos, de poser des récupérations plutôt que d'attendre le paiement intégral des heures supplémentaires… Une interne venue aider un autre hôpital parisien n'a pas été payée depuis six semaines : son contrat est annulé car « il n'y a pas tous les papiers ». 

Et les Echos constatent à l’hôpital le retour des tracasseries comptables et bureaucratiques, on reproche à des hôpitaux parisiens d'avoir négligé leurs rapports administratifs, le codage de leurs actes, quand ils sauvaient des malades. 

On lit cela quand Charlie Hebdo publie une longue enquête sur l'étau comptable qui a enserré les hôpitaux depuis les années 1980, quand j’apprends dans la Voix du Nord qu’il a fallu batailler en Nord-Pas de Calais pour que les personnels non-soignants des hôpitaux se voient promettre la prime de 1500 euros… On va suivre. 

A la une du Républicain lorrain, je vois des infirmières et infirmiers qui travaillent en réanimation, ils racontent la mort et le stress mais aussi la solidarité et les guérisons qui sont des victoires, et ils racontent aussi la prime de nuit de 15 € brut pour faire garder les enfants quand on est d'astreinte... Cela fait longtemps que ce déshonneur est en nous.

On parle d'une députée saisie par le scandale...

Dont l'honneur cette nuit s'est dispersée au vent brûlant des réseaux sociaux, elle se nomme Laetitia Avia, élue LREM de Paris, et depuis hier soir un article de Mediapart l'accuse de tenir des propos racistes anti-chinois et aussi homophobes et de maltraiter ses collaborateurs, qui devaient à l'occasion corriger à sa place les copies de ses étudiants de Sciences-Po... 

On lit cela quand à l’Assemblée une proposition de loi de Laetitia Avia contre la haine en ligne doit être votée aujourd'hui. Est-elle dissociée ou fausse, cette femme accusée dans Mediapart par cinq anciens collaborateurs, anonymes, qui livrent des anecdotes et des captures d'écran de discussions sur messagerie... Et de ces bouts de phrase Twitter exulte et quelque chose cloche. Mme Avia était sans nul doute une mauvaise patronne, qui a cru qu'elle pouvait babiller avec des jeunes gens qui la détestaient et  tronçonnent pour la perdre ses bavardages..

Logique des temps. Sur les réseaux sociaux, un homme est accusé d'être un tueur de chats : Willy Schraen, président des fédérations de chasse, qui dans un  Facebook live le 3 mai dernier avec le site chassons.com, accusait le chat de tuer plus d'animaux que les chasseurs. « Il y a un moment, on va finir par devoir agir sur le chat, disait-il" et proposait de piéger les matous errant loin des des habitations... Puis il ajoutait: « Mais Je ne le sens pas, On est attaqués de toute part, on nous reproche la chasse, on nous reproche la corrida, on nous reproche les combats de coqs, si on piège les chats, je ne vous dis pas à quoi ça va ressembler…  » Et bien à ça : le journaliste écolo de France télévision Hugo Clément a affiché les propos de Schraen sur ses comptes Twitter et Facebook et depuis c'est la curée sur un homme qui fait la une de Nord littoral,  et dont le physique, il n'est pas mince, n'est pas épargné ; au fait, les chats tuent vraiment beaucoup d’oiseaux, rappelle la  Voix du Nord, mais ils sont mignons.

Et on termine avec un aéroport

Et je vous invite  à lire sur le Site du Point l'errance d'une journaliste, Claire Meynial, dans l'aéroport Schipol d’Amsterdam, vide et fantomatique où pour se nourrir il ne restait qu'une boutique qui vendait des friands trop gras, et elle a attendu en compagnie d'autres naufragés, un Américain nerveux aux jambes maigres, des Brésiliens à qui l'on avait vendu de faux tickets, qu'un avion la recueille, elle était en transit pour le Danemark où elle a fait un bon reportage, mais moins que ce moment perdu où j'apprends qu'elle n'a pas eu le droit de sortir de l'aéroport pour au moins voir les canaux d'Amsterdam, parce que nous sommes, la France, un pays à risque...

Nous ne sommes heureusement pas que cela. Télérama me rappelle que nous sommes le pays de Michel Audiard, qui aurait eu 100 ans le 15 mai prochain, dont la langue était unique et faussement argotique, poétique et belle. Nous fumes aussi le pays il y a 30-40 ans des chanteurs de raï venus d'Algérie, dont la musique véhiculée sur des cassettes audio forgeait une colère et une joie... 

Nous sommes aussi le pays de Jean-Pierre Garuet qui fut jadis du pack du XV de France, désormais retraité à Pontack entre Béarn et Bigorre, qui est allé se promener dans Lourdes vide, et a patienté dans le confinement en lisant des poèmes... Car cette force de la nature, ce supposé rustaud de première ligne, aimait la poésie depuis qu'un surveillant du lycée l'avait initié au bonheur, et il récitait entre les matches Ronsard, Du Bellay José Maria de Heredia, et Hugo bien sûr...

Je lis dans Libération qu'un fromage mol et parfumé, le maroilles, a survécu au confinement dans des soins et des ventes directes aux habitants, et je n'ai pas peur du lendemain.

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