On commence ce matin avec cette supplique... "Rendez-nous nos Maliens !"... C'est un titre dans Libération... une histoire à lire aussi dans Le Figaro et L'Humanité... "Un village breton veut garder ses sans-papiers"... Le Figaro donc raconte... "C'est devenu l'affaire des Maliens de Montfort-sur-Meu... 6.500 habitants... où, du curé au maire socialiste, en passant par le député UMP, une grande partie de la population soutient 23 clandestins... D'ailleurs, une pétition a déjà réuni près de 4.000 signatures"... Commerçants, ouvriers, cadres, lycéens, retraités... Le comité de soutien a fait le plein au centre culturel... Même le directeur de l'usine est venu témoigner, raconte Libération... "Quand je les ai embauchés, je ne pouvais pas savoir qu'ils avaient de faux papiers... Ils se sont très bien intégrés dans l'entreprise... Ils ont même progressé, comme tout le monde... De manutentionnaires, la plupart sont devenus ouvriers spécialisés"... Libération qui raconte encore l'intégration de ces 23 hommes dans la vie locale... le club de foot... les cours d'alphabétisation... des hommes irréprochables... L'un d'eux est d'ailleurs futur père... Sa compagne, bretonne, est enceinte de 4 mois... Aujourd'hui, ils sont tous placés dans des centres de rétention, dans l'attente de leur reconduite vers Bamako, la capitale du Mali... L'exemple de Montfort-sur-Meu... ce n'est que l'un de ceux cités par L'Humanité ce matin... Le quotidien rapporte une histoire du même genre, dans le Val-de-Marne... Là, ce sont 19 salariés de Métal Couleur Système, qui étaient en situation irrégulière avec des faux papiers... Et L'Humanité dénonce... "Ils travaillaient en France depuis plusieurs années... Ils y occupent un logement, ils paient un loyer... Ils bénéficient de la carte Vitale... Certains ont des enfants scolarisés sur le territoire... Autant de marques de respect des institutions françaises"... L'Humanité qui rappelle également l'affaire des 18 ouvriers de la blanchisserie Mode Luxe, dans l'Essonne, il y a quelques mois... L'action d'un mouvement de solidarité a contraint le préfet à régulariser leur situation... Alors dans son éditorial, Patrick Apel-Muller soupire... "Heureusement, il existe une majorité de Français qui ne tolèrent pas que des hommes venus des continents dévastés par la misère deviennent la chair à canon des profits... Mais attention : "l'immigration choisie" selon Nicolas Sarkozy, c'est cela : 10 ans de travail mal payé, de cotisations sociales versées, et puis dehors... On prend et puis on jette"... On prend et puis on jette... Même dénonciation en Une du quotidien britannique The Independent... sous le titre : "Ton pays a besoin de toi... mais pas de toi"... The Independent s'insurge, en Une, de l'histoire de cette mère de famille jamaïcaine... une mère de famille bien comme il faut... Songez : il y a 5 ans, elle a encouragé son fils, également Jamaïcain, à s'engager, comme il le souhaitait, dans l'armée de son pays d'adoption... Le jeune homme est même allé servir en Irak... Oui mais voilà : aujourd'hui, Mrs Bowman (c'est son nom) et sa fille de 15 ans vont être expulsées... En cause : un durcissement de la législation concernant les immigrés issus du Commonwealth... On prend et puis on jette... Là, c'est complètement autre chose... Prendre le rapport et le jeter aux oubliettes... C'est ce que vos journaux soupçonnent la communauté internationale de faire après la la dernière parution, hier, du Conseil des droits de l'homme de l'ONU... "Au Darfour, la même horreur en pire"... C'est dans Libération... qui note que les auteurs auraient pu tout simplement recopier le rapport de 2004... Les autorités soudanaises y étaient déjà accusées de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité au Darfour... Or, en trois ans, rien n'a changé, malgré le déploiement de 14.000 humanitaires et de 7.000 soldats... Pire, explique le journaliste de Libération... les attaques de grande envergure, associant raids aériens, soldats gouvernementaux et miliciens arabes... les jenjawids, de triste réputation... ont repris, comme au tout début du conflit... Le problème... et là, c'est Jean-Marcel Bouguereau qui le souligne dans La République des Pyrénées... "le problème, c'est que le rapport de l'ONU se limite à préconiser la mise sur pied d'une procédure spéciale pour suivre la situation au Darfour... Suivre la situation, c'est tout ?, s'interroge l'éditorialiste... 200.000 morts, ça ne suffit pas ?... La communauté internationale est-elle à ce point impuissante ?"... Secouer la communauté internationale, ou tenter de le faire... c'est le pari de l'association française SOS-Darfour... Alors elle a organisé le voyage sur place de Bernard-Henri Lévy... L'écrivain témoigne dans Le Monde... un article repris également dans El Mundo, en Espagne... Au Darfour, BHL a été pris en charge par les rebelles de l'Armée de libération du Soudan... Ils l'ont emmené dans des villages dévastés... Il a rencontré aussi des rescapés, qui racontent... A chaque fois, le même scénario... Les jenjawids arrivent à l'aube, mettent le feu aux huttes, enflamment les greniers à mil... Ils violent les femmes, puis achèvent tous les villageois à la mitrailleuse... Les rebelles de l'Armée de libération ne tiennent plus qu'une petite zone du pays... une zone où, malgré le climat de guerre et de terreur, la vie est presque normale... Il y a des marchés, et des militaires qui paient ce qu'ils prennent sur les étals... L'Armée de libération qui explique son programme à l'écrivain français... "la démocratie et la laïcité"... Alors oui, "ce n'est qu'un programme, concède BHL... Mais en même temps, écrit-il, j'ai vu peu de mosquées dans ce Darfour dévasté... Je n'ai pas croisé de femmes voilées... Dans l'école bombardée que l'on m'a montrée, il y avait des classes de filles à côté de celles des garçons... C'est peut-être là un autre trait de cette guerre, une autre raison de se mobiliser : l'islam radical contre l'islam modéré"... Alors, pour conclure, Bernard-Henri Lévy appelle à l'armement des rebelles de la SLA... Selon lui, c'est la seule façon d'échapper peut-être au premier génocide du 21ème siècle... Pendant ce temps-là... dans notre campagne électorale, trop souvent nombriliste... c'est le regret d'ailleurs de l'éditorialiste de La République des Pyrénées... Pendant ce temps-là... eh bien, on est à J-40 du premier tour de l'élection présidentielle... Alors bien sûr, dans vos journaux, ce matin... il y a les suites du discours de Jacques Chirac dimanche... Beaucoup de vos éditorialistes notent que "l'UMP s'affiche maintenant en rang serré derrière le ministre-candidat"... Et pour preuve, en Une du Figaro, "Villepin se rallie à Sarkozy"... La Charente Libre s'interroge, de son côté, sur "l'héritage chiraquien"... Et puis à gauche, c'est "le doute Royal"... la Une de Libération... Libé qui constate que, distancée par Nicolas Sarkozy, la candidate socialiste ne parvient pas à affirmer sa différence face à François Bayrou... et la situation inquiète son camp... Plus largement... vous pourrez lire beaucoup de dossiers consacrés à la Présidentielle ce matin dans vos journaux... Les Echos s'interroge sur "l'état réel de la France"... Le quotidien économique a établi un audit du pays... un audit commenté par cinq Prix Nobel d'économie... Le pouvoir d'achat fait la Une de La Dépêche du Midi... la lutte contre l'exclusion, celle de La Croix... Et Ouest-France se demande : "Que pèse la France dans le monde ?"... Plus futile... quoique... Marie-France vous révèle tout ce que les candidats doivent à leur mère... Mais en fait, le mot de la campagne, ce matin, on le trouve dans La Libre Belgique et Le Dauphiné... C'est le mot "Kärcher"... "Kärcher se rebiffe", titre le quotidien belge... L'entreprise, qui fabrique les fameux Kärcher, dénonce l'utilisation répétée de la marque dans la campagne électorale française... En fait, explique le journal à ses lecteurs, depuis un déplacement de Nicolas Sarkozy en 2005 à La Courneuve... où le ministre de l'Intérieur voulait nettoyer la cité au Kärcher... l'expression musclée est passée dans le vocabulaire politique... Bref, "Nicolas Sarkozy perd un soutien", s'amuse Didier Pobel dans Le Dauphiné... C'est ce qu'on appelle "une campagne sous pression"... Bonne journée...

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.