Bonjour... Dites-bien "Pontisséli", et non "Ponticelli"... Il le voulait. Il l'a gagnée, cette prononciation bien de chez nous. A propos du "der des der" de la "Der des Der", Didier Pobel écrit, dans "Le Dauphiné Libéré" : "Fichu destin pour ce Rital qui, fuyant à pied la misère de son Emilie-Romagne, arriva chez nous à 9 ans, sans souliers, sans papiers, sans ADN"... ce "petit Rital analphabète", reprend Bernard Revel dans "L'Indépendant du Midi", cet homme "que la France n'a consenti à naturaliser qu'en 1939". Ponticelli LAZARE... Lazare, comme le personnage de l'Evangile selon Saint-Jean, revenu de parmi les morts, extrait du Sépulcre sur une parole de Jésus, sorti libre et vivant mais "muet sur ce qu'il a pu vivre". "Il portait un prénom d'éternité", constate Philippe Larue dans "La Provence", un prénom "qui lui a peut-être servi de talisman pour sortir vivant de la plus grande boucherie de l'Histoire". Selon Denis Daumin, de "La Nouvelle République du Centre-Ouest", "promis à une éternelle résurrection, le légionnaire Ponticelli entame une autre vie, celle de la postérité accordée par les dictionnaires, les hommages officiels et la reconnaissance solennelle de la Nation"... ce que Daniel Ruiz, dans "La Montagne", résume ainsi : "Lazare mort, c'est la fin de la mémoire et le début de l'Histoire". Mort, Lazare Ponticelli ? ...Foutaises ! Allez donc voir ce que "Le Figaro" nous offre en page 9 de l'édition du jour. Regardez, dans les yeux, cet homme robuste au regard droit. C'était bien avant qu'il soit plus que centenaire, un gaillard à casquette, la clope entre les doigts, travaillant d'arrache-pied, pas encore Français sans doute au moment où opéra le photographe, travaillant pour bâtir une entreprise familiale qui emploie aujourd'hui encore 4.000 salariés. C'est simple, on dirait un acteur hollywoodien du début du 20ème siècle. C'est cet homme-là, revenu de l'enfer, qui recevra lundi matin, aux Invalides, l'hommage de la Nation au nom de tous ceux (il l'a exigé, sinon rien), au nom de tous ceux qui sont tombés entre 1914 et 1918. Dans "Le Progrès", Francis Brochet nous rappelle les propos de François Fillon (Lazare Ponticelli a fait preuve de courage, d'abnégation, et sa génération a "donné ses 20 ans pour la France")... "comme d'ailleurs quelques Allemands, Italiens, Américains, Grecs, Russes et autres Britanniques", nous précise l'éditorialiste lyonnais, qui tient ses comptes : "Au total, près de 10 millions de vies sacrifiées pour défendre Nation et idéaux, comme dirait encore notre Premier ministre"... Et Lazare, que pensait-il de cela ? - "Vous tirez sur des pères de famille... C'est complètement idiot, la guerre". Francis Brochet ajoute : "Ca ne contredit pas l'hommage, ça le complète". Je refermerai ce chapitre sur ces mots de l'écrivain Marc Dugain, publiés dans les pages Débats du "Figaro". L'auteur de "La Chambre des Officiers" écrit : "La mort de ce dernier combattant sonne le glas d'une forme de nationalisme que nous avons bien du mal à éradiquer de notre continent. Le dernier combattant des guerres récentes dans les Balkans n'est pas près de mourir. Et lui, à quoi lui a servi la mémoire de la guerre de 14 ?". Comme on le disait après l'Armistice du 11 novembre 1918 : "Plus jamais ça !". Au fait, comment va-t-il, le monde ? Pas si bien que ça. Pour vous en convaincre, il vous suffit de parcourir les gros titres de la presse économique. Aux Etats-Unis, le plan anti-crise de la FED (la Banque Centrale américaine) a semble-t-il fait "flop". Le doute s'est installé sur le marché des changes, l'euro a franchi pour la première fois de son histoire le seuil de 1 dollar 55. Pour partir faire du tourisme aux Etats-Unis quand on est Européen, eh bien c'est bien. Mais au-delà, que faut-il y voir ? ...Début de réponse dans "Le Figaro Economie" : cette chute du dollar a provoqué un report des investissements vers les matières premières, en particulier le pétrole et l'or. C'est pourquoi le baril, nous dit "Le Figaro", "flambe à 110 dollars". Philippe Lefébure, sur cette antenne, l'avait vu venir il y a deux jours, il vous en avait parlé, "La Tribune" l'affiche aujourd'hui en page Une : "Le diesel sera bientôt plus cher que l'essence. Le prix des carburants pourrait grimper encore de 4 centimes d'ici deux semaines". "Libération" note que "les gisements les plus reculés deviennent rentables". "Le Figaro" s'intéresse aux ressources du Groënland, territoire autonome danois dont les habitants, rendus fous par cette manne pétrolière dont les prix ne cessent de grimper, envisagent déjà d'exiger leur indépendance. Pourquoi partager ? "Carburants : les budgets à sec"... C'est à la Une du "Télégramme". Le quotidien breton connaît des consommateurs qui se chauffent moins, qui optent pour le co-voiturage et qui réduisent leurs sorties dominicales en voiture. J'évoquais hier, en m'appuyant sur une information de "La Tribune", les super-profits des sociétés stars du CAC 40. "Le Figaro Economie" et "Les Echos" reviennent sur le sujet. "Les Echos" nous livre la liste des 5 groupes les mieux servis en bénéfices "malgré la crise financière, l'euro et le pétrole". Le premier de la classe "profits", c'est TOTAL (un nom prédestiné sans doute). Cherchez l'erreur. Dans "Le Figaro Economie", encore, ce titre : "Bercy commence à s'inquiéter pour la croissance française". "Inflation : la hausse se poursuit"... Ca, c'est dans "Le Parisien-Aujourd'hui en France". Dans "Politis", l'économiste Liêm Hoang-Ngoc souligne que "6 centrales d'achat se partagent 80% du marché français... Elles sont en situation de quasi-monopole ou d'entente oligopolistique face aux consommateurs"... L'éditorialiste de "La Tribune" Pascal Aubert a trouvé l'expression qui convient, sans doute, à la situation (du moins pour certains quartiers de France) : "Pour un nombre croissant de familles, la hausse des prix alimentaires transforme le passage à la caisse du supermarché en HOLD-UP". Dans la région Champagne (ça ne s'invente pas), le quotidien "L'Union" invite ses lecteurs reimois "au coeur des quartiers où l'on vote le moins". L'abstention y a dépassé dimanche les 60%. Dans ces quartiers, "certains (précise 'L'Union') ne croient plus à l'utilité du vote". Dans "Paris-Normandie", Michel Lepinay nous pose cette question : "Comment tenir compte du message des élections municipales sans modifier l'équipe gouvernementale ?". Hubert Coudurier, dans "Le Télégramme", écrit en forme de réponse : "Un sérieux recadrage s'imposera après le second tour pour dresser les perspectives des quatre prochaines années du quinquennat". Dans "Le Point", vous verrez cette photo de Nicolas Sarkozy, à moitié dissimulé par l'arête d'un mur de béton. Un sourire aux lèvres, une main dans la poche, le sourcil perplexe, il observe... ...Le titre de l'article de Sylvie Pierre-Brossolette : "Après l'avertissement du premier tour... CE QU'IL MIJOTE". A priori, les réformes "continueront à un rythme soutenu" (contrat de travail, modernisation économique, représentativité des syndicats, fonction publique, retraites, institutions). Pour Sylvie Pierre-Brossolette, "si la majorité parvient à limiter la casse, ce que mijote doucement le Président restera valable. Si les vents mauvais venaient à être dominants, beaucoup serait à repenser. Il faudrait sans doute alors bâtir, en urgence, un plan B pour Président en difficulté". De son côté, Nathalie Schuck, dans "Le Parisien", laisse entendre "qu'un léger remaniement" pourrait survenir "dès mardi". "Libération", entièrement rédigé par des écrivains pour saluer le Salon du Livre, confie à Annie Ernaux le soin de livrer son opinion sur la vie politique française et singulièrement sur celle de son Président... ..."Sarkozy dissout le passé le plus récent et rend illisible l'avenir. Il nous enferme dans un présent perpétuel d'annonces sans lendemain, de péripéties privées, dans un surgissement quasi quotidien de choses nouvelles aussitôt oubliées". Pour finir, elle reprend la phrase favorite d'une ancienne analyste politique dont elle ne cite pas le nom : "Les dernières nouvelles de demain ne sont pas bonnes". Elle ajoute : "A moins que...". Ce texte d'Annie Ernaux dans le "Libé" des écrivains s'intitule : "Le Président ou le présent à perpétuité". Nicolas Sarkozy, vous le retrouverez dans "Paris Match", sa femme surtout, qui vous reçoit à l'Elysée à l'occasion du dîner officiel offert par la France au Président israélien Shimon Peres. Le choc des photos nous donne à voir la Garde des Sceaux (vous, Rachida Dati), dans une robe... (comment dire...) comment dire. Je vous lis ces quelques lignes de l'article qui décrit la soirée à l'Elysée : "...Arno Klarsfeld, avec sa nonchalance coutumière, trouve ce cérémonial 'un peu rasoir' et, à la fin de la soirée, cherche ses parents Serge et Beate...". ...P'tit bonhomme. Un autre, qui semble tout perdu, c'est le footballeur Thierry Henry. A la Une de "L'Equipe", il pousse un cri : "Je suis sur les nerfs". En page intérieure, il récidive : "Je ne suis pas moi-même (...) je fais des trucs que je n'ai pas l'habitude de faire". "Si les gens veulent voir le Henry d'avant, il faut acheter les DVD d'Arsenal", déclare encore l'attaquant du Barça, le club de Barcelone. Contrairement à Arno Klarsfeld, ce ne sont pas ses parents qui lui manquent... c'est sa fille. Problème conjugal, il ne l'a vue que 5 fois en 8 mois. Très perturbé par ses ennuis familiaux, "Titi" affirme (il n'hésite pas) : "Durant ma carrière, je ne me suis jamais fixé d'objectifs. Si je dois absolument en privilégier un, c'est de voir ma fille plus souvent. Je donnerais volontiers tous mes titres pour rendre la chose possible". Ca prouve au moins qu'en football, comme partout, les hommes n'ont pas que deux pieds. Ils ont aussi un coeur. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée.

Alain LE GOUGUEC

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.