L'entraîneur de l'OM n'a pas aimé la fête de supporters du PSG, la Provence. Le magazine du Monde célèbre Betty Catroux, qui fut l'égérie de Saint-Laurent? Un conteur venu d'Iran, Sud-Ouest. L'inventeur de livres d'enfants Claude Ponti se souvient de ses monstres, le Parisien magazine.

On parle de honte... 

La honte qu'a confessée hier sur les réseaux sociaux le basketteur français Rudy Gobert, l'éprouve-t-il vraiment cette honte ou bien est ce un simple mot concédé à la meute pour qu'on le laisse tranquille, car le joueur des Utah Jazz est devenu une star mondialement lynchée, vilipendé un million de fois sur twitter lis-je dans l'Equipe pour une blague, une absence de discernement dit Gobert, joli mot. Lundi dernier, il plaisante devant des journalistes et ose plaisanter du coronavirus, il moque une règle que vient d'instaurer la NBA, qui impose une distance d'un mètre 80 entre les joueurs et les reporters, et il touche un à un les micros et les tablettes tendues vers lui. Fatalitas. Deux jours plus tard, mercredi Rudy Gobert est  testé positif au coronavirus, il devient le patient zéro d'une ligue de basket qui s'arrête, et hier jeudi sa partie de touche-micro lui revient à la figure, mais aussi ses fantaisies de vestiaires que des petits camarades dénoncent à un journaliste sportif... Gobert aurait montré  une attitude cavalière envers le virus, touchant ses coéquipiers et leurs affaires...

Et quand on demande en ligne son expulsion d'Amérique, Gobert s'est plié hier au rituel des excuses, sur Instagram, "je souhaite faire mon possible pour utiliser mon histoire afin d'éduquer les autres", blablabla, on connait ça.

Ce moment Gobert est donc dans l'Equipe, sur le site du Parisien également, et tandis que j'y lisais les mésaventures du basketteur, j'ai vu ma lecture interrompue par un pop-up, ces images qui montent de la toile sur nos écrans, m'invitant à m'abonner aux informations en continu sur le virus du Parisien.

Aurions nous tous été insouciants tels Gobert, nous ne pouvons plus rien ignorer... 

Je lis dans le parisien une évocation du rassemblement des 4000 supporters du PSG mercredi soir devant le Parc des Princes, ce fut un bonheur et une inconscience, et dans la Provence l'entraineur l'OM  André Villas-Boas s'indigne qu'on ait laissé venir cette foule: "Tu ne peux pas fermer les musées les écoles et laisser venir 3000 personnes, moi si quelqu'un de ma famille est contaminé par quelqu'un qui sort d'un tel rassemblement, je porte plainte contre la Préfecture de police de Paris!" Parole de marseillais, direz vous mais Villas-Boas a honte aussi de son pays le Portugal, où les gens sont allés à la plage, il voudrait que l'on suspende tout le plus vite possible, il admire la Chine notre technicien et regrette qu'en Europe on rigole des interdits.

Mais le rire a disparu des journaux...

Qui affichent, venu d'en haut, du Président, des mots de guerre. «L'union sacrée» ( le Parisien), «Quoi qu'il en coute» (Libération, l'Alsace), «Mobilisation générale» (la Voix du Nord, l'Opinion, «Faire face», le Figaro... Et les Echos  fait flamber sa une papier comme jadis sur les grands boulevards à la criée, "le monde craque", ça parle d'économie... Nous y sommes,  mimons-nous la catastrophe, la vivons nous?

Dans Sud-Ouest, un député atteint a le nez qui le brûle, il dit, "je sais qu'on ne doit pas comparer le virus à la grippe", mais quand même... Il reste notre homme en-deçà du blasphème.

Je me demande, lisant son portrait dans Libération si la sublime Tonie Marshall, fauchée par le cancer, cinéaste des femmes dont les bleu vert gris changeaient de couleur selon les quartiers de Paris (quel miracle que cette phrase) aurait sourit de nos défilés de petits soldats, ou bien elle serait inquiète pour sa maman Micheline Presle qui lui survit à 97 ans. Tonie Marshall avait eu un César de meilleure réalisatrice pour «Vénus beauté institut».  Elle savait choisir des sujets qualifiés de mineurs, «la lutte contre le poil, un salon de beauté, la mélancolie au moment de Noel...  

Et cet amour des petites choses de la vie m'étreint dans nos journaux.

Irais-je cette fin de semaine à Dreux à l'élection de Miss Eure-et-Loir que me fait miroiter l'Echo républicain, oserai-je aller entendre de l'orgue et du clavecin que l'on doit célébrer à Reims me dit l'Union, vais-je aller insouciant à la pêche à la truite avec le Bien Public; ou découvrir avec la République du Centre une bible du 14e siècle, trésor de l'abbaye de Fleury, que l'on montre à Orléans?

Chaque promesse de bonheur me prend à l'âme, puisqu'y entends l'impossible. Je lis dans Sud-Ouest une évocation d'un spectacle, qui se joue au Théâtre national Bordeaux Aquitaine, qui semble être une performance enchantée... Un homme venu d'Iran, Gurshad Shaleman, raconte son parcours depuis cette Perse où il s'enivrait enfant du chant d'une diva, jusqu'à notre pays où il a bourlingué et compris ce qu'il voulait offrir, sa vie sur scène d'artiste homosexuel, une autofiction qui interroge les sentiments et la politique, l'intime, dans un bonheur de mots de sens et de paillettes... «Pourama Pourama»... Mais dans sa performance, Gurshad nous dit et nous invite, «Touch me», touchez moi... Nous n'avons plus le droit.

Je lis dans la Dépêche et dans Midi Libre ce titre incroyable . "Le monde nouveau est reporté." Citation d'une Madame Marie France Marchand Baylet dirigeante du groupe de presse la Dépêche... Elle parle d'un colloque sur l'avenir de la planète face au réchauffement climatique et aux méfaits de l'homme, qui devait se tenir à Perpignan du 26 au 29 mars et qui sera déplacé en septembre. Promis en septembre, il y aura un nouveau monde.

Et on célèbre la dissertation dans le Monde...

Et cette célébration vient bien car la dissertation qui tombe en désuétude et que l'on veut chasser du concours de l’ENA force à la dispute, à la contradiction, à la dialectique, à la liberté et la démocratie. Lisez.

Je lis aussi dans le Monde magazine l'éternité d'une grande femme blonde, qui a gardé septuagénaire les mensurations, la taille les proportions de ses vingt ans, quand elle était Betty Catroux l'amie, la muse androgyne d'Yves Saint-Laurent, quand son corps démodait les autres femmes, elle est aujourd'hui, célébrée au musée qui porte le nom du couturier et elle disserte d'une vie légère si loin de maintenant; elle ne sait pas citer le tire d'un livre qui l’aurait marquée. Elle témoigne-d'un temps de fêtes, et de l'enfer tout proche.  quand les soirées se perdaient dans la drogue, et François, le mari de Betty, et Pierre Bergé, qui aimait Saint-Laurent, les conduisaient à l'hôpital américain de Neuilly avant l'overdose: «On était des sales gosses, on avait qu'une envie, sortir recommencer»...

Dans le magazine de la Croix, un homme magnifique et massif me dit qu'un mal le prend quand il va chez des gens qui ne possèdent pas de livre, comme si on lui raclait la peau à l'émeri.  il s'appelle Claude Ponti, écrivain dessinateur et maitre des livres pour enfants. Il accompagne dans son dernier livre une exposition magnifique au musée d'Orsay à Paris, sur Léopold Chauveau, un médecin et artiste qui avant guerre dessinait et sculptait des monstres... Claude Ponti raconte lui les monstres d'une enfance brutalisée et violentée, et ce qu'il en a construit, des contes miraculeux que les parents apprennent à aimer quand ils dissipent la peur d'avoir peur.

Comme l'école s'arrête, aux gosses que vous gardez lisez Claude Ponti, ou tiens écoutez le raconter une histoire «Ozalee et blu», elle est sur notre podcast Oli, le confinement ne sera pas perdu.  

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