Un choix... Comme une arme... "Une arme de paix"... C'est le titre de La Croix, qui attend impatiemment de connaître qui sera le Nobel de la Paix 2006... Parce que, "par sa médiatisation et le respect qui l'entoure, le Prix Nobel de la Paix, décerné aujourd'hui à Oslo, met en lumière des causes et des personnes souvent délaissées"... Et tous les récipiendaires le constatent : avec un Prix Nobel de la Paix, les portes s'ouvrent... Le porte-parole de l'UNICEF, par exemple, témoigne... "Un Prix Nobel de la Paix, c'est comme si on vous donnait un bon passeport avec tous les bons visas"... Mais le Nobel, c'est un moyen d'accès immédiat aux plus hautes instances du pouvoir... Et la journaliste de La Croix rappelle que le Dalaï Lama, lauréat en 1989, raconte souvent cette anecdote... "J'ai eu une discussion avec Desmond Tutu, le Prix Nobel de la Paix en 1984, à propos de l'impact du Nobel... Il m'a dit : "Avant le Prix, quand j'essayais d'appeler la Maison Blanche, on ne me passait jamais personne... Depuis, on me met directement en ligne avec le Président"... Le Prix Nobel de la Paix, c'est aussi une protection, comme par exemple pour Aung San Suu Kyi, la leader de l'opposition birmane, Nobel en 1991... Lech Walesa confirme... L'ancien Président polonais avait reçu le Prix en 1983, quand il était à la tête du mouvement Solidarnosc... "Le Prix m'a sauvé la vie"... Et c'est un fait, constate La Croix... "Les membres du Comité Nobel veulent peser sur le cours du monde... Ils ont une vision politique de leur choix"... Un choix qui est entouré de mystère... Tout ce que l'on sait, pour cette année, c'est qu'il y a eu 191 nominations... A l'avenir, il pourrait y en avoir encore plus, puisque le Comité Nobel voudrait étendre son champ d'action... Des médias pourraient recevoir le Prix Nobel de la Paix... Le Comité a commandé un rapport sur les liens entre la paix et la couverture médiatique... Un bon reportage, pense-t-il, peut être essentiel à la paix... Un bon reportage, essentiel à la paix... Mais le Nobel ne sera pas décerné à titre posthume... Dommage pour Anna Politkovskaïa... The Independent publie ce matin "le dernier article d'un reporter assassiné pour avoir dit la vérité"... le dernier article, inachevé, d'Anna Politkovskaïa, paru dans sa revue Novaïa Gazeta... un article écrit, explique le quotidien britannique, peu de temps avant qu'elle ne soit tuée samedi dernier... Un dernier article, à lire également dans Le Monde... Le Monde dont la correspondante à Moscou a repéré sur Internet "des sites ultra-nationalistes russes qui dressent des listes d'ennemis de la Russie à éliminer"... Et Anna Politkovskaïa figurait sur une liste de 89 personnes à abattre... cette liste, publiée par l'organisation "La Volonté Russe", est accompagnée d'un appel aux patriotes à prendre les armes... Ce site a été rendu inaccessible en milieu de semaine... quand une autre célèbre figure de la défense des droits de l'homme en Russie, Svetlana Gannuchkina, a révélé qu'elle figurait sur cette liste, et qu'Anna Politkovskaïa faisait partie également des cibles... Et dans son dernier article, la journaliste témoigne des tortures d'un jeune Tchétchène... Son article, intitulé "On te sacre terroriste", s'en prend violemment aux méthodes d'interrogatoire des forces russes, et au fait que les enquêtes sont dirigées sur ordre politique plutôt que par la loi... La loi... "Ce n'est pas une loi qui fait l'Histoire, mais les femmes et les hommes qui luttent sur le terrain pour défendre leurs idées au prix de leur vie"... Bernard Revel, dans L'Indépendant du Midi, poursuit... "Anna Politkovskaïa n'a cessé de montrer, dans ses reportages, le calvaire de la Tchétchénie sous la botte de Poutine... La guerre a tué 10% de la population de ce pays... A partir de quel chiffre parle-t-on de génocide ?... La France, préoccupée par un génocide vieux de 90 ans, se contente pour l'heure de se taire, tandis que Chirac remet à Poutine les insignes de Grand'Croix de la Légion d'Honneur"... Le génocide vieux de 90 ans, c'est le génocide arménien... Hier, la proposition de loi socialiste punissant la négation de ce génocide a été adoptée par les députés français... "Arménie : une loi inutile"... C'est le titre de Libération... Et Gérard Dupuy, dans son éditorial, explique... "La loi approuvée hier est mal fondée, car elle participe d'une dogmatisation de la recherche historique, dont le meilleur exemple est à chercher en Turquie, où la simple affirmation de la réalité de ce génocide est passible des tribunaux... Il est évidemment absurde, poursuit l'éditorialiste, de prendre la Turquie pour modèle en matière de gestion de la mémoire historique, même si c'est pour dire l'inverse d'elle... La loi est aussi inopportune, dans la mesure où elle gêne ceux-là mêmes qui, en Turquie, cherchent à faire avancer les choses, et qui parfois y parviennent"... Ce n'est pas à l'Europe, ni même à la France, d'obliger la Turquie à faire son devoir de mémoire à l'égard de l'Arménie et de sa diaspora... "Ce travail, écrit Hervé Favre dans La Voix du Nord, c'est aux Turcs eux-mêmes de le mener, avec leurs voisins Arméniens, et à l'abri de la loi française"... Et puis souvenez-vous... "Voici tout juste un an, le même groupe socialiste demandait l'abrogation de la loi du 23 février 2005 mettant l'accent sur le rôle positif de la colonisation française en Algérie... Il notait que les députés ne sont pas là pour écrire l'Histoire... Le Conseil constitutionnel lui avait donné raison... La loi a été abrogée... Mais sur l'Arménie aussi, les élus écrivent l'Histoire... Et depuis hier, ils vont plus loin... Ils imposent une Histoire officielle, sous peine de sanctions"... Oui, "c'est grotesque", pour Philippe Waucampt, dans Le Républicain Lorrain... "Cette loi a la prétention de lire le passé et de dire aux Français comment ils doivent penser... A un peuple qui a produit Voltaire, Zola ou Victor Hugo, on veut maintenant restreindre la liberté de débattre"... Turquie... "La colère et la fierté", titre Ouest-France... La colère, on vient d'en parler... La fierté, c'est Orhan Pamuk... Prix Nobel de Littérature hier... "Un prix très politique", note France-Soir... Le Corriere della Sera rappelle que le romancier a été poursuivi, l'an dernier dans son pays, pour ses propos sur le génocide arménien... Orhan Pamuk, Prix Nobel de Littérature... Pour L'Humanité, "le jury suédois a salué la contribution de l'écrivain turc à l'entrelacement des cultures"... Joseph Limagne, dans Ouest-France, explique qu'à travers son oeuvre, "l'écrivain ne cesse de décrire les difficultés très actuelles d'une société déchirée entre l'Occident et l'Orient... Il est de ces intellectuels qui ont engagé, par dessus les frontières, un travail de retour sur le passé, sur la mémoire, sur la recherche concertée d'une vérité historique... une vérité qui reste à approfondir, et que les peuples ont encore à s'approprier"... Et, note Jacques Guyon dans La Charente Libre, "Après avoir été poursuivi par les autorités pour avoir dénoncé le massacre des Arméniens et des Kurdes, Orhan Pamuk a reçu hier les félicitations du ministère turc de la Culture... Voilà qui a un autre sens que le texte français voté a minima"... Accepter les débats... Donner ses idées... C'est le moins que l'on attend d'un candidat à la Présidentielle... Et sur ce terrain, Ségolène Royal est fustigée ce matin dans vos journaux... D'abord dans l'éditorial de La Croix... "Interrogée au cours d'une conférence consacrée à l'Europe, sur l'adhésion de la Turquie, elle s'est dérobée", constate Dominique Quinio... "Mon opinion est celle du peuple français, puisque c'est le peuple français qui doit se prononcer"... Un propos un peu court, selon l'éditorialiste... Parce que, justement, le peuple français aimerait savoir ce que pensent ceux qui aspirent à le gouverner... Ségolène Royal taclée également dans Le Parisien-Aujourd'hui en France... "Royal menace de boycotter les débats"... En visite à La Réunion, elle a affirmé redouter que les débats, organisés par son parti entre les trois présidentiables socialistes, ne soient détournés de leur véritable destination... En résumé, titre le journal, "les débats inquiètent Royal"... Le Parisien qui rapporte les explications de la candidate... "Je m'adresse à la France et aux Français... Je ne veux pas tomber dans les polémiques subalternes... Un chef d'Etat moderne, c'est un chef d'Etat qui fait confiance au peuple"... Un chef d'Etat moderne... Ils en ont tous leur conception... Dans la revue Le Meilleur des Mondes... deux entretiens politiques... l'un avec Nicolas Sarkozy... l'autre avec Dominique Strauss-Kahn... Deux entretiens à lire... Ils sont très complets... Je ne les résumerai pas... Mais sur ce thème, le chef d'Etat moderne, selon le président de l'UMP, c'est quelqu'un qui lève les tabous en matière de politique étrangère... Lui demande, par exemple, que le Parlement puisse en débattre... Et Nicolas Sarkozy conteste l'idée que le Président de la République soit propriétaire de cette question... "Faire de la politique étrangère un domaine réservé, à l'heure de la mondialisation, ça n'a pas de sens... Aujourd'hui, on sait tout en temps réel, note-t-il... La notion de secret d'Etat n'existe plus"... Et de manière assez étonnante... le socialiste Dominique Strauss-Kahn est sur la même longueur d'onde... S'il pense que le Président de la République doit donner les orientations de la politique étrangère, il estime qu'il devrait y avoir beaucoup plus de contrôle parlementaire, de débats au sein de l'Assemblée sur les questions européennes ou les questions de défense... Pour Strauss-Kahn, la théorisation du domaine réservé, élaborée par le Général de Gaulle il y a près de 50 ans, a vécu... A quoi doit ressembler un Président de la République ?... A lui, bien sûr... François Bayrou en est convaincu : son moment est venu... C'est l'analyse de Challenges cette semaine... Challenges qui a rencontré "le troisième homme de 2007"... Le magazine note que François Bayrou est habité d'une certitude, qu'il répète à l'envi : cette élection cherche sa surprise... Il est persuadé d'être le plus apte à reconstruire la France... à prendre ce pays et à le rendre heureux... Ce n'est pas ce qu'on appelle "tenter de séduire l'électeur" ?... Bon week-end. Bonne lecture.

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