8H30 l’heure de la revue de presse, bonjour hélène jouan

Les frappes françaises la semaine dernière en Syrie ont-elles visé spécifiquement des Français engagés aux côtés de l’organisation Etat islamique ? La presse ce matin s’interroge

La France peut-elle tuer des Français en Syrie ? Questions sur la légalité et la légitimité d’une telle opération à la Une de l’Opinion, opération également qualifiée par le Figaro de « tournant stratégique pour la France ». Dans l’Opinion, https://www.lopinion.fr/Jean Dominique Merchet souligne d’abord que le sujet a plongé hier le gouvernement dans l’embarras. Le matin c’est un conseiller du premier ministre qui avance le chiffre de 6 français tués lors d’un raid aérien le 8 octobre dernier. Avant que le ministère de la Défense et le premier ministre ne rétropédalent pour rester plus flous, mais en confirmant néanmoins que des français ont « peut-être » été tués.

Pour ce spécialiste des questions de défense qu’est jean Dominique Merchet, c’est en tout cas « la première fois depuis la guerre d’Algérie que la France et son armée sont amenées à tuer des français dans une opération de guerre. Enjoignant le pas en quelque sorte à ce que les Américains ont mis en place après le 11 septembre, en développant la notion de « combattant ennemi », qu’il soit étranger ou national ». Alors, la France n’en n’est pas encore, aux assassinats ciblés de ses ressortissants, écrit le journaliste, mais l’affaire mérite néanmoins d’être débattue dit il sur la place publique. Certes, un brin agacé, Manuel Valls a rétorqué hier : « les terroristes n’ont pas de passeport ». Mais Merchet pose la question : « Tuer un terroriste, fût il français peut être légitime, mais est-ce légal ? En droit français, le crime d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, rappelle un juriste, est passible de 10 ans de prison, pas de mort. Cet avocat s’interroge « Si on arrête un terroriste à son retour en France, on le juge ? Et s’il est en Syrie, on le tue ? ».

Dans son édito de la Voix du nord, Hervé Favre balaie lui ces questionnements : «Il y a aujourd’hui quelques 1800 terroristes en puissance dans cette filière infernale. La France est tout en haut sur la liste noire de Daech. Et plus que jamais dit il, en état de légitime défense »

Après le double attentat à Ankara le week-end dernier, le gouvernement turc considère désormais le groupe djihadiste Etat islamique comme le principal suspect

L’un des deux kamikazes auteur du carnage nous dit Libération, pourrait bien être le frère de l’auteur d’un autre attentat suicide, attentat fin juillet qui avait déjà fait 33 mots parmi des militants de gauche et des kurdes réunis en meeting. Zoom sur une ville ce matin, la ville dont les 2 frères sont originaires. ADYAMAN, dans le sud est de la Turquie, à quelques 150 km de la frontière syrienne.

Dans un reportage écrit avant le massacre d’Ankara, le magazine Society http://www.society-magazine.fr/ nous décrit cette ville, nid turc de Daech, « première ville pourvoyeuse de combattants pour l’Etat islamique, avec déjà le départ de près de 200 jeunes pour la Syrie. Mais ce que Society raconte c’est surtout la collusion qui a longtemps régné entre « ces petites mains de Daech » et l’Etat turc. Une mère témoigne : quand elle a vu son fils se radicaliser à la madrasa d’à côté, 3 fois, elle est allée le signaler à la police « j’y suis même allée une fois avec lui, ils l’ont interrogé, mais n’ont rien fait » déplore t-elle. Depuis 3 ans, Ankara est accusée au mieux de fermer les yeux sur les activités des djihadistes à la frontière, au pire de collaborer avec certaines brigades pour contrecarrer la montée en puissance des kurdes ». Double jeu d’ErdoHan mis en lumière dans cette ville, où resurgissent aussi tous les acteurs d’une nébuleuse militaro-nationaliste à tendance mafieuse, ce que les turcs appelaient « l’Etat profond », que l’on croyait disparu…et qui parait aujourd’hui un des points d’appui du président turc

Et puis, même si cela a moins à voir avec la Turquie, qu’avec toutes les politiques sécuritaires ici et là, je vous conseille un œil sur les manchots de Gorce dans le Monde daté d’aujourdh’ui, ses indégivrables. Dialogue « nous liquidons le terroriste avant qu’il ne commette l’attentat » Question de l’autre : « mais quelle preuve qu’il s’agit bien d’un terroriste ? » réponse : « l’attentat n’a pas eu lieu ». Implacable et absurde.

Les arrestations à Air France hier au petit matin ont fait réagir politiques et syndicalistes…on en retrouve des traces dans la presse ce matin

Cri de colère de 5 personnalités dans l’Humanité, http://www.humanite.fr/ révoltées par ces arrestations. L’ex candidat à la présidentielle du NPA Philippe POutou dénonce un « délire sur une soi disant violence inacceptable, quand il ne s’agit que de bousculade et de chemise déchirée, » Gérard Filoche parle de la « curée des nantis, mais la violence des exploiteurs dit il et des exploités ne peut pas être mise sur le même plan » quand Julien Bayou pour les écologistes en appelle lui à Brecht « on parle toujours de la violence d’un fleuve et jamais de la violence des rives qui l’enserrent »

Autant de réactions qui ont suscité l’ire de Laurent Bouvet, politologue tendance gauche populaire, qui s’insurge dans Slate contre l’ambiguïté des usages de la violence par cette gauche là.

Certes dit il, se ranger unilatéralement derrière la direction d’air France, confère Valls, témoigne d’une coupure tragique avec les réalités sociales d’un pays, mais se ranger tout aussi unilatéralement derrière une foule prête à la violence déshumanisante témoigne de la même coupure. Si la lutte sociale est indispensable, la violence ne peut l’être a priori et par principe explique t il ; la légitimation de la violence pose aussi la question de ses limites..enfin une telle atteinte aux personnes et un tel ricanement sont ils plus légitimes lorsqu’ils viennent d’une foule sociale que d’une foule « nationale » s’interroge t il…Conclusion en forme de réquisitoire à l’adresse de cette gauche accusée de complaisance avec cette violence-là, une telle légitimation n’est qu’une surenchère désespérée face à son inefficacité électorale »

(Musique bonne nuit les petits)

C’est quoi ça ???

Un peu de douceur dans ce monde de brutes patrick ! vous aurez reconnu le générique de Bonne nuit les petits, et vous vous souvenez sans doute de Pimprenelle, Pimprenelle et Nicolas à qui Nounours racontait chaque soir des histoires dans les années 60/70 pour lesendormir.

Et bien, l’Opinion nous raconte que François Hollande a affublé Najat Vallaud Belkacem, de ce joli surnom de « Primprenelle ». Pourquoi Pimprenelle ? c’est une collègue, charitable, de la ministre de l’éducation qui explique : » l’opération anesthésie de Najat a fonctionné à plein en cette rentrée scolaire notamment sur la dictée », une allusion écrit Nathalie Segaunes à l’habileté avec laquelle elle a su détourner les regards des nouveaux programmes, en annonçant une dictée quotidienne…Méthode de l’édredon, « Primprenelle est assurément un compliment dans la bouche du président » conclut la journaliste

Méthode de l’édredon, c’est tout le contraire que réclament ce matin 2 hommes bien destinés à sortir les Bleus de leur torpeur avant leur match contre la nouvelle Zélande. Dans Aujourd’hui en France/le Parisien, le président de Toulon Mourad Boudjellal leur dit, « pour gagner, il faut avoir la Haine, il faut que les néos zélandais aient peur, qu’ils voient que les Bleus sont prêts à mourir sur le terrain ». Rien que ça. Plus mesuré, dans l’Equipe Fabien Galthié, vainqueur des all blacks en demi finale de la coupe du monde en 99, les appelle à se révolter. « c’est le propre du sport de refuser un statut, celui des condamnés». Appel à la colère, à la méchanceté pour relever le défi. On est loin des rêves et du marchand de sable de Nounours !

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