Réalité virtuelle, c'est bluffant mais...on vomit encore! Réalité politique, c'est ce soir 7 kamikazes sur un plateau, et l'accablement après les confidences de Hollande

La revue de presse bonjour hélène Jouan

On commence par plonger …dans une autre réalité

La réalité virtuelle, vous êtes prêt Patrick ? Ce sont Eric Renou dans Aujorud’hui en France/le Parisien et Erwan Caro dans Libération qui nous servent de guides. Ils ont testé le nouveau casque Sony, en vente dès aujorud’hui, le premier casque qui se branche directement sur la Play Station 4 et qui ne nécessite donc plus d’avoir chez soi un ordinateur ultra puissant. Bluffant disent ils tous les 2. « une fois sur la tête, on écarquille les yeux en entrant dans un monde fictif. Nous voilà dans la peau d’un gangster londonien. Les personnages que nous croisons semblent s’adresser à nous comme dans un film d’animation. » « Debout sur la corniche d’un gratte ciel, je suis batman, je contemple Gotham city et c’est vertigineux » relate Caro, ou encore dans un autre jeu,« je suis un plongeur ….nous ne sommes plus debout dans notre salon avec un truc bizarre sur la tête, nous sommes sous l’eau entouré de poissons et de tortues. Les plus courageux prendront évidemment l’option, rencontre avec un requin ». Bluffant donc…et de nature à faire décoller ce nouveau marché prometteur des casques de réalité virtuelle ? Dans le Monde économie, William Audureau tempère notre enthousiasme, et surtout celui de Sony qui espère bien toucher enfin le grand public avec ce premier casque moyen de gamme, car il reste d’importants obstacles à surmonter explique t il. Notamment « la difficulté de communiquer sur des casques socialement excluant, ou encore sur les problèmes récurrents de nausée ». Ah, oui, parce que ce que je ne vous ai pas dit, c’est que nos 2 cobayes journalistes finissent tout de même par nous raconter la même chose : « un quart d’heure de course effrénée au volant d’une voiture virtuelle vient nous donner une sorte de tournis et un début de nausée » avoue l’un, « quand la dissonance entre ce que l’on voit et ce que le corps ressent est trop importante, on peut très vite se sentir mal » reconnait l’autre. Bref, la réalité virtuelle est un monde prometteur, mais pour l’instant…on y vomit encore !

On revient donc à la réalité réelle ! Jour J aujourd’hui pour le premier débat des primaires des républicains…

Pas besoin de casque pour regarder ce soir, le « match des programmes » nous dit les Echos, ou encore « les 7 candidats sous le regard des Français » comme le titre le Figaro, dans la Dépêche du Midi, Jean Claude Souléry parle lui des « 7 kamikazes », le Figaro qui nous raconte leurs ultimes préparatifs. Bruno le Maire par exemple a quasiment reconstitué avec ses proches le débat de ce soir, chacun jouant ses concurrents, « je me suis transformé en nicolas sarkozy » témoigne un jeune élu « c’est une expérience étonnante ». Préparation plus classique pour Jean François Copé, qui est néanmoins celui qui fait un peu peur à tout le monde. Parlera t il de Bygmalion ? Toutes les options sont sur la table souligne son entourage…ça promet, et c’est vrai qu’à voir la photo dans vos journaux du plateau du débat de ce soir monté à la Plaine saint Denis on s’y croirait presque : presque sur celui qui a vu s’affronter dimanche soir, Donald Trump et Hillary Clinton dans le débat le plus trash de l’histoire américaine! mais non promis, ce sera du sérieux chez nous... « il s’agit d’un test de crédibilité pour le futur champion de la droite » affirme le Figaro. Marrant…Quelques pages plus loin, on trouve une pub pour la soirée spéciale que LCI va consacrer à ce débat. « Immédiatement après le débat, le debrief parodie de Nicolas Canteloup » promet la chaine…Crédibilité.

En politique, retour également ce matin sur le livre de confidences de François Hollande

Dessin de Kak à la une de l’Opinion, on y voit François hollande en majesté, perruqué comme nos anciens rois de France, sceptre à la main…mais en caleçon ! un petit garçon s’écrie « mais, le roi est nu ! chut » lui intime son père

Accablement assez général dans la presse, après ce qu’Hervé Chabaud de l’Union/L’ardennais appelle « une communication de gribouille »

Paul Henri du limbert dans le Figaro exécute « ces nouveaux bavardages inutiles », son confrère Guillaume Tabard assène : « en voulant jouer le jeu d’une présidence transparente écrit il, François Hollande n’est pas loin d’exposer une présidence indécente». Maud Vergnol dans l’Humanité voit dans ces confidences « un nouveau jackpot pour Marine le Pen et son Tous pourris ». Jean Levallois dans la presse de la Manche conclut la charge :« ce qui est malheureux, c’est que François Hollande s'intéresse finalement beaucoup plus à écrire sa propre histoire que celle de la France »

Quelques nuances cependant… Grégoire Biseau dans Libération défend l’intérêt de ce livre. « Il avait l’ambition de dévoiler un homme, 700 pages plus tard François Hollande est encore plus énigmatique, dit il. Cet homme résolument honnête ressemble à sa présidence : un long cortège indémêlable d’oxymores. Courageux et fuyant, indécis et résolu, tacticien et pauvre stratège ». Et bien finalement on en sait plus !

Loin des anecdotes et même des débats télévisés de concurrents, l’Eglise de France s’engage… « Les évêques appellent à refonder la politique », dossier de la Croix sur leur livre à paraître demain, qui s’inquiète du discrédit dans lequel est jeté la classe politique aujourd’hui, mais qui dit l’urgence à repenser le contrat social. Un texte qui fait l’éloge de la diversité pluri culturelle et de la cohésion. Pas lettre aux Français, mais « Lettre aux habitants de notre pays ». « nous souhaitons associer tout le monde à notre réflexion dit le cardinal 23, l’identité française est assez forte pour se confronter à d’autres identités sans faire de cette confrontation un drame métaphysique »…on vous le disait, on est loin des débats d’estrade

On termine par de la littérature

En attendant le prix Nobel de Littérature décerné aujourd’hui, en attendant la sortie aussi demain du nouvel Harry Potter, blosckbuster de la littérature mondiale, 28 millions d’exemplaires vendus en France nous rappelle Libération, je vous conseille le numéro anniversaire de la revue Feuilleton qui célèbre ses 5 ans, avec un très bel opuscule où l’on retrouve entre autre l’américaine Joan Didion, mais aussi les français Emmanuel Carrère ou Ivan Jablonka…cette revue qui affiche et fait partager son goût pour la « creative non fiction » en anglais, en français la littérature du réel

Alors à la lisière de ce genre-là, je vous conseille aussi la lecture d’un compte-rendu d’audience à la Cour d’assises du Nord, de Pascale Robert Diard à lire sur son blog du Monde. Joliment titré « Le chagrin des simples », elle écrit : « Ca ne prévient pas un grand moment d’assises. Ca vous tombe dessus après 2 longs jours d’ennui ». Procès d’un homme accusé du meurtre d’une jeune fille 21 ans plus tôt. Il a d’abord avoué, puis s’est rétracté. Mais ce jour-là, c’est le père de la victime qui s’est levé pour déposer : « Il tient entre ses mains un petit papier plein de mots, qui tremble lorsqu’il parle, il voudrait être sûr de ne rien oublier, mais tout se bouscule. Il raconte en vrac, la journée d’avant, le soleil et les vacances. Puis il dit la visite à la morgue, « ce corps ce n’était pas ma Fanny », il dit encore ,la vie d’après, sa femme qui plonge dans la mélancolie, ses petits- enfants nés depuis le drame, qui n’ont pas connu stéphanie mais qui en parlent tout le temps. « Ce qui me déchire, c’est que notre malheur on le reporte sur tout le monde. » Il se perd un peu, il pleure. Il finit « Moi les 20, 30 ans, pff c’est pas ça qui compte, je veux seulement qu’il dise ce qu’il a fait. J’ai même encore plus de peine pour ses enfants à lui » Le petit homme aux cheveux blancs a les yeux trop brouillés pour voir les visages émus de la cour, des jurés, des avocats de l’accusé.la défense a une question ? demande la présidente. Sans lever la tête, maitre Dupont-Moretti fait signe que non » « Les mots du chagrin des simples ». Littérature du signée Pascale Robert Diard

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