Des enfants… pourquoi faire ? Non.. non… pas d'enfants... je n'en veux pas… J’ai envie de profiter de la vie…moi ! Voilà, c’est dit, revendiqué, assumé… Ca se passe en Allemagne : au pays des sans-enfants. C’est "Libération" qui nous livre aujourd’hui cette enquête… Dans le cadre de sa série de portraits de l’Allemagne, tout au long de cette semaine qui précède les élections… Enquête étonnante, qui nous emmène au cœur d’un système de pensée qui se revendique libre… Oui, un enfant, quand je veux, où je veux… Sachant qu’il s'agit essentiellement de parole d’homme. Surtout les jeunes. D’abord, ils sont lucides : ils ont compris qu’avec l’égalité des sexes, devenir père suppose des responsabilités qu’ils ne sont pas prêts à assumer… Et puis c’est comme ça en Allemagne, comme l’explique ce témoin : une famille de quatre enfants est considérée comme… associale. Pas étonnant, dans ces conditions, que la dénatalité frappe ce pays… qui détient le record en Europe… Encore moins étonnant quand on sait que 3% des hommes allemands en âge de faire des enfants se sont fait stériliser… Parce que le fait de pouvoir décider librement de se reproduire ou pas nous distingue des animaux, explique Reiner. Et les jeunes femmes… Que disent-elles ? A peu près la même chose : Sandra par exemple… qui déclare dans les colonnes de "Libé" : "Les enfants, ca coûte cher, ca empêche de faire carrière"… Toujours pragmatique... Mais près de 30 % des Allemandes de 30 à 44 ans partagent ce sentiment, figurez-vous… Toutes d’accord sur un point : sortir du tryptique « Kirsche, Kinder, Küche »… Eglise, enfants, cuisine. On les appelle les objecteurs de pro-création… En toute conscience. En France, vous savez que l’œuf de Laurent Fabius continue à faire des vagues… Si tant est qu’un œuf puisse faire des vagues… Non, je veux dire que les journaux commentent l’épisode ce matin encore, et tentent d’en tirer les leçons… Ce qui est résumé par "L’Humanité" dans son titre à la Une : "Quelle politique de gauche ?" La réponse tient essentiellement dans la question : selon le journal communiste, il faut la poser… La Fête de l'Humanité a rempli cette mission : la fête a relancé le débat. A ce propos, sous le titre "œufs brouillés", "Libération" épingle "L'Huma"… Rappelant que le journal en question n’a évoqué qu’à mots couverts l’attaque contre Fabius. Sur un ton beaucoup plus badin, Bertrand de Saint-Vincent note qu’on ne s’ennuie pas dans les meetings de ce qu’il appelle "le camp du progrès", où les projectiles fusent beaucoup plus que les idées… Il y a donc eu l'oeuf sur le crane de Laurent Fabius… Et Bertrand de Saint-Vincent en profite pour nous rappeler que l’hiver dernier, à Guéret, c’est François Hollande qui avait été pris à partie, à Guéret, dans la Creuse, où il a été bombardé de boules de neige… Il faut dire que le bonhomme a le physique de l’emploi, écrit notre confrère : il est rond, il sourit, et tout le monde attend qu’il fonde. A droite, on imagine que Nicolas Sarkozy attend qu'il retombe... Comme un soufflet, s'il s'agit de cela... Pas sûr... Pour l'instant, c'est même le contraire : Dominique de Villepin monte en puissance et semble s'installer dans un rapport de force qui lui est favorable face à son rival Nicolas Sarkozy... Comme le montre par exemple ce sondage Louis-Harris, qui s'appelle maintenant LH2... Enquête que publie "Libération"... Où l'on voit un Premier ministre de droite boosté par la gauche... Il y recueille 45 % de cote de confiance... Une dynamique qui repose principalement sur les sympathisants communistes, socialistes et Verts, chez lesquels il gagne 10 points. De quoi agacer le ministre de l'Intérieur, mais aussi les socialistes. Selon Vanessa Schneider, de "Libération", c'est la nouvelle dimension sociale revendiquée par le Premier ministre qui porte ses fruits... Son fameux concept de "croissance sociale", qui renvoie Sarkozy à une image droitière et libérale. Moralité, sous la plume de Gérard Dupuy : l'épouvantail Sarkozy a longtemps unifié la gauche avant qu'elle n'explose... Cet effet repoussoir sert aujourd'hui de marchepied... à Villepin. Quant à "France Soir", qui s'intéresse aux choses essentielles ce matin, il nous propose une fiche comparative... Avec les mensurations de l'un et de l'autre... Leur CV scolaire... Et leurs habitudes dans la vie... la vraie vie... Ainsi : les amis de Nicolas Sarkozy ont pour nom Johnny et Sardou... Ceux de Dominique de Villepin s'appellent François Nourrissier, BHL. Nicolas aime le cinéma de Christian Clavier... Dominique préfère les poèmes de René Char... Ou encore : Nicolas collectionne les timbres-poste... Dominique, les recueils de poésie. Stéphane... Quand on entend la façon dont vous pratiquez votre métier, avec cet enthousiasme jamais démenti, on se dit que quand vous étiez gamin, vous deviez rêver d'être journaliste... Rêve de gosse... Je me trompe ? Alors imaginez qu'à l'époque, un grand journal vous ait proposé d'écrire dans ses colonnes... En tant que correspondant... Le rêve... de gosse. Notre génération... Les 30-35 ans n'ont pas eu cette chance... Nos enfants, eux, l'ont, grâce à "L'Humanité", qui va donc leur ouvrir ses colonnes... Et c'est le directeur du journal, Patrick Le Hyaric, qui va nous en parler. Bonjour... Rapidement, le mode d'emploi de cette opération... Comment l'idée vous est-elle venue ? * Pourquoi l'épisode Fabius à la Fête de l'Huma a été très peu traité dans votre journal ? Si on parlait rock... Avec Noir Désir... Bien sûr, l'histoire a viré au noir, plus qu'au désir... Bien que... Il se trouve qu'un CD de la tournée 2002 de Noir Désir vient de sortir... Avec Bertrand Cantat, puisque l'événement est antérieur à la mort de Marie Trintignant et à l'emprisonnement du chanteur... Et c'est donc par le rock que Noir Désir sort du silence et accorde une interview à "Libération"... Serge Teyssot-Gay, Denis Barthe et Jean-Paul Roy, respectivement guitariste, batteur et bassiste du groupe, se confient... Et résument avec cette phrase toute la difficulté de leur position : "Il nous paraît concevable de repartir ensemble... de même qu'il est inconcevable de faire comme si rien ne s'était passé". Quant à Bertrand Cantat, de quoi est fait son quotidien ? Il écoute la radio, se tient au courant comme il peut... La dernière fois qu'on l'a vu, expliquent les membres du groupe, il nous a dit qu'il pouvait à nouveau se concentrer sur un livre, un petit moment d'écriture... Mais il est encore totalement incapable d'avoir la moindre activité créatrice. Ce n'est pas le cas de Mick Jagger... Créateur tranquille... Châtelain volubile... Vous connaissez Pocé-sur-Cisse... C'est un village, dans l'Indre-et-Loire, à quelques kilomètres d'Amboise... Qui, dans une telle région, se doit de posséder un château... Signe particulier, le château, il appartient à Mick Jagger, l'inoxydable compositeur et chanteur des Rolling Stones. C'est là qu'a été conçu le dernier album du groupe, "Bigger Bang"... Et c'est là que Frédéric Potet, du journal "Le Monde", s'est rendu, pour aller voir comment se passse la cohabitation entre les habitants de Pocé et le célébrissime châtelain. La réponse, c'est que ça se passe tellement bien que les habitants font tout pour protéger la tranquillité de Mick Jagger. Il est si simple... Il est gentil, vous ne pouvez pas savoir... "Alors, quand des personnes extérieures au village me demandent où est le château, explique un voisin, je les envoie dans la direction opposée". C'est que Mick Jagger en Touraine, c'est, si vous voulez, l'inverse de Bolkestein dans le Nord... Car, depuis 25 ans, le chanteur fait travailler les gens du coin. Non, son plombier n'est pas polonais... Il est de Pocé, il habite juste à côté du château. Et foi de Pocéen, il le dit à Frédéric Potet : "Monsieur Jagger, c'est pas quelqu'un de fier... Il y en a qui vous regardent de haut quand on va chez eux... Pas lui... Oh non !" Comme quoi, l'auteur de " Sympathy for the devil"... "Accord avec le Diable"... Est un ange... Le clou, ce sont ces images, scènes vécues du côté de Pocé : Mick à la pizzeria, Mick en balade à scooter, Mick achetant des vis chez Bricomarché, Mick à la fête du village... Sauf que... trop de proximité tue la proximité... Et c'est ainsi qu'un soir à Tours, Mick a voulu aller prendre un verre dans une boîte de nuit du centre-ville... Le physionomiste (qui ferait bien de changer de métier) ne l'a pas reconnu... Il ne l'a pas laissé entrer. Mais bon... à part ça... Mick Jagger dans son château de Fourchette... Oui, il s'appelle comme ça... C'est l'histoire d'une intégration réussie, nous dit "Le Monde"... C'est vrai qu'en matière d'intégration, c'est plus facile quand on est riche et célèbre que quand on est pauvre et Noir, par exemple... Mais on l'aime bien, Mick Jagger... Parce que, côté rock, tout de même... A-t-on fait mieux ? Hein, franchement ?

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