Pavé dans la mare... C'est l'expression qui revient le plus souvent dans vos journaux... Et celui qui le lance, ce pavé, eh bien, c'est François Fillon... En fait, l'ancien ministre, aujourd'hui conseiller de Nicolas Sarkozy, l'a lancé hier, ce pavé... dans une interview au Parisien-Aujourd'hui en France... Quand il a expliqué qu'aussitôt Nicolas Sarkozy Président de la République, il y aurait une réforme des régimes spéciaux de retraites du secteur public... "Pas possible !... Il doit y avoir un truc !", s'exclame Pierre Taribo dans L'Est Républicain... "On se demande ce qu'il cherche... Lance-t-il un ballon d'essai ?... Fait-il de la provocation pour aiguillonner un peu plus la gauche, déjà très énervée par le projet de fusion Suez-GDF ?... Dessine-t-il ce que sera la rupture, version Sarkozy ?... Cherche-t-il à s'imposer comme le meilleur Premier-ministrable si son chef de file s'installe à l'Elysée ?"... Une chose est sûre en tout cas pour l'éditorialiste : "François Fillon met Nicolas Sarkozy en position inconfortable, car si l'idée d'établir l'égalité des Français devant la retraite n'est pas stupide, on ne peut pas dire que le moment choisi pour avancer cette hypothèse soit particulièrement astucieux"... "Le moment choisi ne doit évidemment rien au hasard", analyse de son côté Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain... "On voudrait mettre le gouvernement en vilaine posture qu'on ne s'y prendrait pas autrement... A ceux qui penseraient que l'affaiblissement du Premier ministre après le CPE a stabilité la situation au sein de la majorité, on conseillera donc d'y regarder à deux fois"... Dans Libération, Jean-Michel Thénard est assez d'accord... "C'est bien la preuve que tout va mieux entre Villepin et Sarkozy depuis leurs embrassades télévisées de la rentrée", ironise-t-il... "A peine Fillon a-t-il parlé hier que les amis du Premier ministre y ont vu un mauvais coup à l'endroit de leur champion... Ils n'avaient pas tort... Cela ne devrait pas aider à calmer l'obstruction parlementaire sur la privatisation de GDF"... Et d'ailleurs, Libé résume en Une : "Retraites : la droite jette un pavé dans le gaz"... Et du côté du gaz justement... Eh bien, ce matin, on parle "gros sous"... "Gaz de France tourne à plein régime", constate Le Figaro... "GDF publie des profits semestriels record", titre Les Echos, qui précise : "En plein débat sur sa privatisation, il s'agit du meilleur résultat semestriel de son histoire... Le groupe revoit tous ses objectifs financiers à la hausse"... Bref, pour résumer, comme dit son PDG, Jean-François Cirelli, toujours dans Les Echos : "Le gazier français n'est pas le dernier des nains"... Mais du coup, cela ne simplifie rien, note Libération... "Les profits de GDF ne font pas son affaire... Il devient plus compliqué de convaincre que GDF aura du mal à survivre seul dans cette guerre énergétique... Et puis, ajoute Libé, en se félicitant de ses bénéfices historiques devant ses actionnaires, GDF aura du mal à justifier ses dernières hausses de prix, face à ses clients et aux députés"... Dans Le Figaro, le patron de GDF réaffirme pourtant sa bonne foi... "Nos tarifs restent parmi les plus bas d'Europe... Toutes nos demandes d'augmentation de prix ont été justifiées et acceptées par le régulateur français"... Le régulateur français, bien sûr, c'est l'Etat... Et justement... "C'est peu dire qu'entre le gouvernement et les Français, il y a de l'eau dans le gaz", constate Jean-Paul Piérot dans L'Humanité... "Un mouvement monte dans le pays, selon l'éditorialiste... Quelques mois après avoir capitulé en rase campagne, face à la jeunesse, sur le CPE, tout se passe comme si le Premier ministre sous-estimait une fois de plus l'état de l'opinion et l'attachement des Français aux valeurs cardinales de leur système social"... Jean-Paul Piérot qui appelle les dirigeants à méditer une phrase prononcée sur France Inter hier matin par votre invité, Nicolas Demorand... Il s'agissait du Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz... Et cette petite phrase à méditer, eh bien c'est : "La France a la chance d'avoir un secteur de l'énergie extraordinairement efficace... Ne laissez pas l'idéologie conduire la politique économique"... GDF... Les retraites... on en parlait... La carte scolaire... il y a quelques jours... "Et si, pour une fois, l'élection présidentielle était l'occasion d'un véritable débat de fond ?"... "Visiblement, constate Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne, les deux favoris des sondages, à savoir Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal, sont décidés à parler directement à leur électorat, sans s'encombrer des lourdeurs idéologiques de leur parti d'appartenance... Le pari est osé, mais il permet d'espérer, un tant soit peu, une campagne plus ouverte"... Un espoir partagé par Hervé Chabaud, dans L'Union... "Tout cela procède d'une volonté d'ouvrir des débats, de sortir des sentiers battus et des propos convenus... Et si cela est animé, c'est tant mieux pour la démocratie... La campagne qui s'engage ne sera pas la répétition des précédentes... Les vieilles ficelles sont usées, et plus personne n'y croit... Il y a un besoin d'aller au fond des choses... Et les mensonges par omission, comme les promesses qui n'engagent que ceux qui les croient, appartiennent au passé"... Tout le monde n'est pas d'accord... Dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, "Nicolas et Ségolène sont les candidats du vide"... C'est Emmanuel Todd qui le dit... Emmanuel Todd, démographe et historien... Souvenez-vous : c'est lui, le théoricien de la fracture sociale... Eh bien, pour lui, "Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal sont des fantômes politiques... Ils n'incarnent plus rien... Les hommes politiques d'autrefois incarnaient des idéologies plus grandes qu'eux-mêmes... Maintenant, il n'y a plus rien à incarner... Et s'il n'y a plus rien à incarner, que va-t-on regarder chez les hommes politiques ?... Eh bien, leur visage, leur vie personnelle, leur style"... On ne peut pas dire qu'il ait complètement tort, Emmanuel Todd... Car si on constate la presse ce matin, il faut bien dire que leur style, les deux personnages politiques le façonnent... Et tout particulièrement à l'étranger, ces jours-ci... "Nicolas Sarkozy rencontre George Bush à Washington"... Et "Ségolène Royal en visite à Rome", confirme Le Figaro... Et il fallait s'y attendre : du côté des journaux italiens, on est sous le charme... Giovanni Visone, dans L'Unità, est conquis par "le pétillant sourire de la belle et élégante signora"... Mais il est conquis également par son identité politique claire... "Elle est à la fois réformatrice et pragmatique... En rencontrant le Premier ministre italien Romano Prodi, elle a promis une collaboration entre les deux pays sur trois thèmes fondamentaux : l'Europe, l'immigration et la politique énergétique"... "Ségolène Royal cherche en Italie un deal énergétique"... C'est également le constat du Financial Times ce matin... "La candidate socialiste a expliqué en Italie que la fusion entre Gaz de France et Suez n'était pas bonne pour l'Europe, et qu'un projet de coopération entre les compagnies française et italienne aurait plus de sens"... Ségolène Royal qui fait les titres de la presse internationale, et même les couvertures des magazines... Time Europe Magazine, cette semaine... "Celle qui secoue la France", titre la déclinaison européenne du magazine américain... L'hebdomadaire reprend une des phrases de l'aspirante candidate à la Présidentielle : "Pourquoi faudrait-il être triste, laid et ennuyeux pour faire de la politique ?"... Une Une de Time qui fait réagir Le Canard Enchaîné... "Sarko en fait des tonnes aux Etats-Unis... Il décore flics et pompiers... Il rencontre Kofi Annan... Il déclare son amour à ses amis américains... Et qui trouve-t-on la même semaine en couverture de l'hebdo américain Time Magazine ?"... Suit la reproduction de cette Une, avec donc Ségolène Royal... Et ce post-scriptum du Canard Enchaîné à François Bayrou : "Sarko ne tient pas encore les médias américains"... La campagne présidentielle française... la pré-campagne, pour être exact... suscite aussi des réactions en Suisse... Dans L'Hebdo, cette chronique signée Jacques Pilet... "La campagne pour l'élection présidentielle française n'est pas qu'un spectacle... Vu de loin, il semble que la gauche et la droite s'étripent autour de vieilles postures idéologiques... C'est bien plus compliqué... Nicolas Sarkozy caresse bien sûr dans le sens du poil les rares milieux qui aspirent à plus de libéralisme... Mais en bon élève de son premier maître en politique, Jacques Chirac, il dessine en fait un projet nationaliste, protectionniste, dans lequel l'Etat-nounou continuera de dorloter les citoyens"... "Quant aux éléphants socialistes, continue le chroniqueur helvéte, ils cultivent les mêmes ambiguïtés, ils en rajoutent sur leurs convictions de gauche, en sachant très bien qu'une fois élus, ils n'échapperont pas à la nécessité de réformes désagréables"... Pour Jacques Pilet, seule Ségolène Royal sort du lot... "Parce que pour le reste, conclut-il, le tableau d'ensemble est déprimant... La France politicienne, comme dans bien d'autres pays, apparaître comme un théâtre fantasmatique vieillot... Il fait si bon s'accrocher au passé quand l'avenir déboule sur nous à toute allure"... Pour finir... A tous ceux qui rêvent de changer les comportements... pour mieux préserver la planète... Tout n'est peut-être pas perdu... Puisque, Le Figaro le dit, "la Bourse se laisse séduire par l'écologie"... "Après Internet, le développement durable est le nouveau thème à la mode sur les places financières... Les sociétés du secteur affichent des niveaux de croissance impressionnants... Depuis deux ans, on voit le succès des entreprises vertes"... Et il n'y a pas que la Bourse... En Afrique, un spécialiste des animaux sauvages a réussi à convaincre un groupe rebelle armé de l'Ouganda d'aider à la sauvegarde des rhinocéros blancs... C'est un article à lire dans le Guardian... "Les rebelles de l'Armée de résistance du Seigneur... dont les chefs sont recherchés par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre... se sont même proposés pour convaincre les braconniers de ne pas s'attaquer à l'animal, dont chaque défense peut être vendue 30.000 euros au marché noir... Ils ont également promis au scientifique que les combats dans cette zone du pays, à la frontière avec la République démocratique du Congo, seraient moins violents"... "Ce n'est pas la première fois, note le quotidien anglais, que Lawrence Anthony, fait intervenir les animaux dans la guerre... En avril 2003, rappelle le Guardian, il avait été l'un des premiers étrangers à entrer dans Bagdad, après les troupes américaines, pour sauver les animaux du zoo de la capitale irakienne, l'un des plus importants du Moyen-Orient"...

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.