Se fixer des objectifs... Dans l'absolu, c'est plutôt bien... Sauf quand l'objectif pose question... Et ce matin, c'est le cas... On parle "expulsions" dans vos journaux... "Sans-papiers : des préfets rappelés à l'ordre"... Ouest-France explique, en Une, que 19 préfets, dont 4 de l'Ouest, ont été convoqués par Brice Hortefeux, le ministre de l'Immigration... parce qu'ils n'ont pas atteint leur objectif en matière d'expulsions de sans-papiers... Confirmation dans Libération... "Le ministre de l'Immigration a demandé à 19 préfets de faire du chiffre... Hortefeux fait pression pour atteindre les 25.000 expulsions"... 25.000... Pourquoi 25.000 ?... C'est ce chiffre qui interpelle les éditorialistes ce matin... Parce que, "s'il n'y a rien de choquant, écrit Jacques Guyon dans La Charente Libre, à ce que les préfets aient à rendre des comptes... s'il est tout aussi légitime que le gouvernement se préoccupe de l'immigration clandestine... ce chiffre de 25.000 expulsions claque comme un slogan de campagne"... Oui, "c'est un chiffre tout rond... un chiffre de référence, qui, à lui seul, tient lieu de politique, au centime près", critique Jean-Claude Souléry dans La Dépêche du Midi... "Mais les chiffres ronds et le diktat des quotas s'accommodent mal des êtres de chair"... Alors "les vrais chiffres des expulsions de clandestins"... Le titre s'affiche en Une du Parisien-Aujourd'hui en France... le journal qui note : "La pression monte"... Et pourquoi ?... Eh bien parce que, selon Geoffroy Tomasovitch, "le mois dernier, le Président de la République, impatient, aurait remonté les bretelles de Brice Hortefeux... Et du coup, logique, la réprimande a dégringolé sur le nez des préfets"... Dans ce dossier du Parisien... l'interrogation du porte-parole de l'UNSA-Police... "Les fonctionnaires de police ne peuvent pas arrêter sur le délit de sale gueule... Pour effectuer un contrôle, il faut qu'il y ait une infraction caractérisée... On ne peut pas faire tout et n'importe quoi... Et puis "interpellation" ne veut pas dire "expulsion"... Ce n'est pas la police qui décide... C'est la justice"... Et justement, côté justice... les explications d'un magistrat bordelais... Il est juge des libertés et de la détention... Et il explique... "En 2001, on traitait une centaine de cas... Aujourd'hui, c'est 800... Mais comme les procédures se font dans l'urgence, elles sont souvent moins carrées... Et du coup, elles n'aboutissent pas... Et puis il y a aussi, explique le magistrat, des Etats qui ne reconnaissent pas leurs citoyens... Or c'est obligatoire pour pouvoir les renvoyer dans leur pays"... Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Olivier Picard fustige lui aussi cet objectif chiffré... Pour l'éditorialiste, "c'est une approche moralement contestable... Dans l'avenir, tout dispositif devra être à la fois européen... personnalisé, parce qu'on n'expulse pas des clandestins installés depuis 4 ans comme des sans-papiers entrés il y a 3 mois... Et puis surtout, il faudra du temps... du temps pour le grand dessein de notre siècle : harmoniser le développement de l'Europe et de l'Afrique"... La conclusion à Jean-Marcel Bouguereau... dans La République des Pyrénées... "Monsieur Hortefeux, nommé ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, a perdu en 4 mois son identité... pour devenir ministre des Expulsions"... Dans la presse ce matin... le retour de Philippe Séguin... Premier président de la Cour des Comptes, il a hier rendu public le rapport de l'institution sur la Sécurité Sociale... un rapport qui fait du bruit... "Les stock-options, indemnités de licenciement et retraites dans le collimateur de la Cour", titre Le Figaro... qui note qu'en plein débat sur le financement de la protection sociale, l'analyse de la Cour des Comptes sur tous les dispositifs minorant les recettes ne passera pas inaperçue"... En plus clair, ça donne, dans Libération : "Pour réduire le déficit de la Sécu, Philippe Séguin dénonce les cadeaux faits aux plus riches"... "Séguin s'attaque aux stock-options", titre La Tribune... Parce que... et c'est L'Humanité qui l'affiche... "Les stock-options coûtent 3 milliards à la Sécu"... Alors le raisonnement est simple... La Cour a inventorié tous les revenus exonérés... cotisations sociales, CGS, épargne d'entreprise, indemnités de licenciement... mais aussi donc les stock-options... Ce qui, au total, représente un manque à gagner, pour la Sécu, de plus de 30 milliards d'euros... "En démontrant que l'essentiel du trou de la Sécu est dû au manque de recettes plus qu'à l'excès de dépenses, la Cour des Comptes lance un pavé dans la mare", explique Patrick Fluckiger dans L'Alsace... "La seule fleur faite au rachat des stock-options par les dirigeants des multinationales coûte 3 milliards... Les bénéficiaires ne sont que quelques milliers... Ils creusent en toute légalité le quart du trou d'une institution indispensable à des millions de personnes... Mais ne rêvons pas, poursuit Fluckiger... S'attaquer au dossier "recettes" est plus compliqué que de culpabiliser les salariés qui tombent malades"... Surtout, explique Les Echos, que "cette recommandation de supprimer les exonérations... ou tout au moins de les plafonner... survient alors que le gouvernement a renoncé, justement, à taxer les niches sociales pour réduire le déficit 2008 de la Sécurité Sociale"... Et pourtant, conclut le journaliste de Libération... "maintenant que Sarkozy les a quasiment exonérés de l'impôt sur la fortune, les bénéficiaires de stock-options pourraient bien faire un effort pour la Sécu"... Alors sinon, dans vos journaux... des nouvelles du couple Sarkozy-Fillon... "La confiance entamée", titre Libération ce matin... Libé qui raconte que, "malgré une séance de réconciliation hier, le Premier ministre cherche toujours sa place"... "Trop de brimades et de petites humiliations ont fini par écorner le contrat qui les liait depuis 2 ans"... Le Figaro en a parlé avec Henri Guaino, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy... "Il n'y a pas d'effacement du Premier ministre, pas du tout... Il travaille... Il s'exprime... Il a un pouvoir de décision... Mais depuis que la Vème République existe, chaque Premier ministre doit construire sa place, inventer son style"... Sauf qu'a priori, François Fillon n'y arrive pas tout seul... Et Challenges explique, cette semaine, que l'équipe élyséenne a reçu l'ordre d'aider le Premier ministre à s'imposer... En fait, rapporte l'hebdomadaire économique, ces derniers temps, Nicolas Sarkozy a pris conscience que la relative faiblesse du chef de l'exécutif pouvait entraîner une guéguerre entre les conseillers de Matignon et ceux de l'Elysée... Et puis aussi, compte tenu de son agenda d'enfer, le Président n'a pas pu encore recevoir en tête à tête tous les membres du gouvernement... Du coup, ceux qui n'ont pas vu le grand chef, de peur de mal faire, ne prennent pas d'initiatives... Dans Le Nouvel Observateur, un encadré d'Hervé Algalarrondo, intitulé : "Le collaborateur se rebiffe"... et qui conclut : "A force d'humilier son Premier ministre, le Président de la République l'oblige à devenir autonome"... Sarkozy... Sarkozy... Sarkozy... A ceux qui s'énervent que j'en parle trop souvent... force est de constater les couvertures des hebdomadaires cette semaine... "Les 'amis' de Sarkozy"... Ca, c'est pour Le Point... qui a enquêté sur les vraies relations du Président de la République... avec Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Vincent Bolloré et les autres... Et quand ce n'est pas un Sarkozy, c'est l'autre... En Une de L'Express : "Le problème Cécilia"... Et l'article de l'hebdomadaire débute ainsi : "Elle grandit dans un milieu où la dignité brille plus que le patrimoine... Elle épouse un artiste et un amuseur public avant de conquérir l'homme le plus puissant de France... Ce dernier, flamboyant, n'est dépendant de personne... sauf d'elle, dont la présence et les avis lui sont indispensables... Sans jamais se mêler publiquement des affaires du pays, elle pèse avec force sur les orientations de l'Etat... Elle s'appelle... Madame de Maintenon"... Et sinon... parmi les titres de la presse ce matin... "Vive la politique !", s'enthousiasme Libération... qui organise un forum de trois jours sur le sujet à Grenoble, et offre sur ce thème un cahier spécial de 12 pages à ses lecteurs ce matin... Bonne nouvelle, en Une du Monde... "La couche d'ozone va mieux"... C'est la conséquence de l'élimination, ces 20 dernières années, de certains des gaz les plus destructeurs... Sur le thème de l'environnement... vous pourrez lire, dans L'Humanité, que "le Grenelle de l'environnement se prépare dans le brouillard"... dans Les Echos, que "les grandes villes européennes se mobilisent 'à l'américaine' sur le développement durable"... Dans L'Express, confirmation française... rencontre avec 7 municipalités, où "les maires sont passés au vert"... Pour finir... A lire dans Le Nouvel Observateur... "Un tribunal en flagrant délire"... C'est un reportage au Palais de Justice de Nanterre... Magistrats désabusés... Justiciables égarés... Délinquance ordinaire de plus en plus réprimée, mais peines de moins en moins appliquées... Florence Aubenas a plongé dans ce triangle des Bermudes judiciaire, où se perdent aussi bien les affaires Chirac, les dossiers de petits dealers que les réformes pénales de Sarkozy... Un tribunal où il faut plus d'une semaine pour retrouver une pièce à conviction...

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