(Patrick Cohen)

Dans la presse ce matin : autour de minuit...

(Bruno Duvic) 3 anecdotes pour décrire la situation en Grèce, à la recherche du moindre Euro pour éviter la faillite.

La première c'est une question sur le blog de Jean Quatremer, le spécialiste des affaires européennes à Libération . Comment imposer une quatrième taxe immobilière depuis le début de la crise quand le cadastre est toujours aux abonnés absents ? Réponse : en s'appuyant sur les factures d'électricité.

Oui mais non. Le syndicat de l'électricité a déjà fait savoir qu'il ne participerait pas à ce "racket gouvernemental", je cite. « Vous avez bien lu, écrit Quatremer : un service public refuse par anticipation d'appliquer une loi. »

Taxons les armateurs alors, c'est la deuxième anecdote. Cette piste là est évoquée dans La Tribune . Oui mais non, en tout cas pas tout de suite. Au pays d'Aristote Onassis, pour taxer les armateurs, il faut changer la constitution.

La 3ème anecdote, c'est le propos d'une enseignante grecque recueilli par La Croix : « Toutes les mesures qui nous ont été imposées, c'était soi disant pour éviter une faillite. Si la faillite est finalement inévitable, pourquoi toutes ces douleurs et tous ces sacrifices. »

La boucle est bouclée. Comme l'écrit Didier Pobel sur son blog, décidément, "Drôle de drachme" en Grèce

La Grèce dévale l'escalier et c'est sur les banques françaises qu'elle retombe.

Oui, c'est le dessin de Delestre dans « L'Est Républicain ». Un personnage à l'effigie du Cac 40 prend un Grec sur le coin de la figure. Ouille ouille ouille. « Désolé, dit le Grec, j'ai encore glissé. »

Pas de quoi rire, pourtant à la lecture des Unes des Echos : les banques françaises dans une spirale infernale.

« La Grèce fait brûler les banques », qui sont exposées à la dette d'Athènes, titre Libération , qui résume la situation. Sur l'année qui vient de s'écouler, les capitalisations de BNP Paribas et du Crédit Agricole ont été divisées par deux, celle de la société générale s'est effondré des deux tiers

La faillite d'une grande banque française est-elle possible ? demande Les Echos . Au stade actuel, la majorité des gérants et des analystes ne croit pas à un tel scénario. Elles ne sont pas du tout au bord de la faillite, dit un spécialiste.

Mais si après, éventuellement la Grèce, d'autres pays et des gros devaient tomber, ce serait une autre histoire. On n'en est pas encore là.

Mais comme l'écrit Paul Burel dans Ouest France , « les banques elles-mêmes font l'aveu le moins rassurant quand elles reconnaissent ne se prêter entre elles qu'au compte goutte et à très court terme ». Et l'éditorialiste de reconnaitre au moins un mérite aux marchés financiers : « ils mettent le doigt là où ça fait mal, ils pulvérisent a langue de bois et une certaine arrogance des banquiers et des assureurs. »

Les banques françaises pas au bord de la faillite mais pas en grande forme tout de même. Nos économies sont-elles en danger comme le titre le quotidien gratuit Métro ? En tout cas les usagers ont des raisons d'être inquiets, répond le secrétaire général de l'association française des usagers des banques, dans La Dépêche duMidi : la situation actuelle va se traduire par une réduction du crédit.

Mais les plus critiqués dans la presse ce matin, ce sont les dirigeants européens

Confidence anonyme d'un banquier d'affaires dans France Soir :

« En 2008, au plus fort de la crise financière, les politiques nous tenaient dans leurs mains. Ils auraient pu alors nous dicter leurs conditions, encadrer nos activités, nous obliger à nous désengager de nos positions les plus risquées, mais ils n'ont rien fait, ils ont laissé passer le coche. »

Mieux vaut tard que jamais, Le Monde détaille une réforme annoncée du secteur bancaire en Grande Bretagne. Principale mesure : sanctuariser les activités de dépôts des banques, (la banque de Monsieur tout le monde), pour éviter qu'elles soient contaminées par les excès des filiales d'investissement.

Et déjà cette réforme, pas encore appliquée, inquiète les milieux d'affaires et le Financial Times : les banques britanniques affrontent un nouveau train de réformes sévères.

Alors pas assez clairs nets et précis, les dirigeants européens ?

Si Le Figaro salue ce qu'il appelle le « plaidoyer vibrant » de Fillon pour la sauvegarde de la zone Euro "Il ne doit y avoir aucun doute sur la volonté de la France de défendre la zone Euro",

pour Vincent Giret dans Libération , « il est minuit en Europe et les pyromanes s'en donnent à cœur joie. A Berlin, Francfort, Paris ou Amsterdam, des responsables politiques de premier plan se déchirent sur les mesures à prendre pour sauver la zone Euro. »

Ca se déchire en Allemagne en particulier : « le risque d'un défaut grec empoisonne la coalition à Berlin » écrit La Tribune .

Au train où vont les choses conclue Philippe Waucampt dans Le Républicain Lorrain , les marchés ne vont plus relâcher la pression tant l'Europe a démontré la faillite de son mode de fonctionnement.

Des banques fragilisées, des dirigeants impuissants, si l'on en croit la presse, que reste-t-il aux peuples ? L'Humanité les invite à suivre l'exemple islandais, qui a refusé dans deux referendums d'honorer les dettes des banques.

A chacun sa solution, en tout cas le titre de La Tribune est assez clair ce matin : « Arrêtez le massacre »

Quoi d'autre dans la presse, Bruno ?

D'abord, des enregistrements audio inédits de Jacqueline Kennedy sur le site du New York Times . Ils avaient été réalisés pour l'histoire après la mort de son mari. 8 heures et demi d'entretien avec l'historien proche de la famille Arthur Schlessinger. Pas de révélations fracassantes dans les extraits auxquels on a pu avoir accès. Mais c'est assez étonnant d'entendre la voix de cette femme que l'on a si souvent vu en photo.

Dans cet extrait par exemple, où elle explique que quand elle est devenue première dame, elle n'est "pas devenue différente, mais la presse l'a regardée différemment". (« Tout d'un coup, tout ce qui avant était une évidence, normale, ma coupe de cheveux, le fait que je parle français, que je n'aime pas faire campagne, que je ne suis pas le genre de femme à cuire son pain elle-même avez de la farine jusqu'aux yeux, tout d'un coup tout le monde pensait que j'étais snob et que je détestais la politique...Jack ne m'a jamais fait sentir que j'étais une femme normale pour lui, mais je l'étais... »)

Après cette plongée dans le passé, d'autres informations en bref.

Sale période pour Jeannie Longo. Dans L'Equipe , un ancien trafiquant de produits dopants affirme qu'il a livré son mari en EPO en 2007. Des mails en attestent. A qui était destiné cet EPO ? Pas de réponse.

Drôle d'ambiance dans les cantines scolaires décidément en cette rentrée 2011. Dans Ouest France l'histoire d'un collégien privé de ses manuels pendant une semaine parce que son père n'avait pas payé la cantine. C'est à St-Herblain, en Loire-Atlantique. L'inspecteur d'académie parle de « maladresse ».

Et puis un petit signe d'époque pour terminer. A quoi vont servir les bibliothèques quand tout le monde sera passé aux livres électroniques ? Le site slate.fr reprend une information de l'hebdomadaire The Economist : Ikea est en train de revoir sa fameuse bibliothèque Billy. La firme suédoise revoit sa configuration, en estimant qu'elle pourrait davantage servir à entreposer des bibelots que des livres dans les années à venir.

A demain !

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