En Iran, Sahar s'était déguisée en homme pour aller voir du football, elle s'est immolée pour échapper à la prison, Le Figaro, Paris-Match, Mediapart. Après les médailles, des championnes affrontent leur corps pour avoir un enfant, le Parisien. Tampon! raconte nos spendides rugbymen de la Coupe du monde 1987.

Un portrait de Sylvester Stallone à lire dans le magazine du Monde
Un portrait de Sylvester Stallone à lire dans le magazine du Monde © Getty / Michael Bezjian

On parle de corps ce matin...

Le corps et les muscles qui auront été la fuite de Sylvester Stallone que le Monde rencontre aujourd'hui, sur son site et dans son magazine, dans un portrait bouleversant, Stallone dont va ressortir un nouveau Rambo et qui, à 73 ans, compte le temps qui lui reste et devient sensible, dit-il au moindre mouvement d'aiguille de sa montre au poignet. 

Il n'a rien oublié... Stallone petit s'entrainait à sourire pour amadouer les enfants qui moquaient son menton de travers et le battaient à coup de bâton. Son père lui dit, un jour, « Tu n’es pas né avec un cerveau très développé, alors tu ferais mieux de commencer à t’appuyer sur ton physique »... Il est devenu Rocky qui devait réussir ou revenir au néant, il est Rambo le soldat perdu que l'Amérique a transformé en machine à tuer et qui s'effondrait en larmes dans les bras de son colonel. Stallone pleure souvent quand il se souvient. "Deux personnes ont cohabité en lui, la première exhibe un corps de statue grecque. La seconde, d’une sensibilité exacerbée, ne sort qu’à reculons de son monde intérieur.

Il sait chaque seconde du premier jour de tournage de Rocky, il faisait  - 9 degrés à 4h30 d'un matin de janvier 76, "Je suis né ce jour-là. Qui peut prétendre avoir été le témoin de sa naissance ?". Il souvient aussi des nuits qu'il passait dehors avant, SDF juvénile, qui réalisa un jour que la New York Public Library, était ouverte tard le soir et elle était chauffée, et dans ce refuge inespéré, il lut Edgar Poe et il aura rêvé toute son existence de jouer au cinéma le poète incompris... 

Les surhommes ont une âme, en doutiez-vous ? Nous parlons alors des corps et des souffrances qui nous grandissent. L'Equipe espère que nos basketteurs en demi-finale mondiale nous feront rêver encore et raconte l'apprentissage d'Ervan Fournier, notre meilleur marqueur, qui se forma à ne jamais abandonner auprès de ses parents, champions de judo... La Provence dit un cycliste amateur qui a fait Paris - Brest en moins de 50 heures de pédalage sur un vélo à pignon fixe. Tampon, c'est le frère rugbystique de So foot, nous prépare à la coupe du monde et raconte l'équipe de France d'il y a 32 ans, finaliste de la première édition en 1987... Des gaillards encore amateurs qu'on faisait voyager en classe éco, pendant la compétition. Le pilier Garuet discutait avec ses frères restés à Lourdes le prix de la patate, il y avait un coup à faire en achetant 25 tonnes... Et avant la demi-finale contre l'Australie, l'entraineur Jacques Fouroux lâcha ses hommes dans un entrainement de fou, un entrainement de cons, sans limite, où les remplaçants voulaient faire la peau aux tutélaires et des os furent brisés, c'étaient des corps de France... 

Et on parle aussi du corps des sportives... 

Qui après leur carrière doivent affronter leur corps pour devenir mères. Elles ont parfois trop attendu et on n'est plus aussi fertile passée la grande trentaine. Valérie Nicolas qui fut championne du monde de handball a renoncé. C'est dans le magazine du Parisien qui rencontre en Belgique une championne médaillée olympique qui congèle ses ovocytes pour plus tard, elle reste anonyme, c'est illégal encore en France mais on en débat pour la loi bioéthique - La croix s'inquiète d'un marché de la procréation... Notre championne espère un enfant après les Jeux de Tokyo, son corps n'est plus un obstacle... Il est ce matin, le corps, la tristesse de Pauline Lecarpentier que raconte la voix du Nord. Elle est lutteuse, elle était prête à partir aux Championnats du monde au Kazakhstan, mais dans son dernier stage, elle est tombée malade, et n'a plus été capable de suivre le régime qu'elle s'imposait pour être dans sa catégorie, "ç'aurait été du suicide" dit son papa.

Il est d'autres souffrances qui éclipsent tout. En Iran, une jeune femme de 29 ans, Sahar a sacrifié son corps et sa vie. On l'avait arrêtée au printemps dernier, grimée en homme pour pénétrer dans un stade de football ; elle a appris le 1er septembre qu'elle risquait 6 mois de prison, elle s'est immolée par le feu devant le commissariat qui l'avait convoquée. Son histoire est sur le site de Paris Match, sur Mediapart, et le site du Figaro où vous verrez son visage souriant, elle est maquillée et porte un châle bleu, la couleur de Esteghlal, le club de football qu'elle aimait et qui porte son deuil sur les réseaux sociaux : "Elle nous aimait en dépit de cette loi qui interdit aux femmes d'aller dans les stades et qu'avons-nous fait pour l'aider, rien, nous sommes des lâches...".

Un martyre peut-il renverser une dictature ?

Je pensais à Sahar en lisant dans Slate un reportage à Sidi Bouzid  où en décembre 2010 un homme s'était immolé par le feu ; ce fut le début de la révolution. On vote cette fin de semaine en Tunisie mais à Sidi Bouzid où l'économie est en berne et l'inflation ronge, on ne votera pas, on ne croit plus en la politique, Mohamed Bouazizi, a-t-il brûlé pour rien ?..

Et on parle de voile islamique dans Marianne...

Journal d'une laïcité ferme et qu'on lit ce matin forcément ébranlé par ce qu'on sait de l'Iran, mais est-ce la même histoire? Marianne revient sur  les collégiennes de Creil qui il y a trente ans défrayaient la chronique en venant voilées au collège Gustave Havez, ce fut le début de nos affrontements sur la laïcité, nous aurions dit Marianne, perdu. Perdu je ne sais, perdu en tous cas la raison. Le Parisien me raconte un diplomate français, en poste à l'étranger, qui avait rejoint contre les musulmans un groupe terroriste qui voulait empoisonner la viande halal.

Nos passions nous égarent, elles nous rendent aussi idiots. Libération évoque une querelle dérisoire, mais pourtant réelle. Des candidates à l'agrégation de français se sont émues d'un poème de Ronsard qui célébrerait le viol. "Je voudroi bien richement jaunissant / En pluie d’or goute à goute descendre / Dans le beau sein de ma belle Cassandre / Je voudroi bien en toreau blandissant  / Me transformer pour finement la prendre" dit ce poème d'amour. Sabine Prokhoris, philosophe et psychanalyste, renvoie les trissotines à leurs études dans une explication de texte, et oppose aux fantasmes militants pour qui tout s'enchaine un récit de viol, réel, d'une femme libérienne par des soldats, il a été publié par Le Monde en août dans le portrait d'une militante féministe de ce pays... Il faut le lire pour comprendre à quel point il est vain de mélanger les combats. L'atrocité de la vie rend immondes certaines fantaisies. 

D’un lapsus affreux, Evan Fournier est devenu dans ma bouche Evan Gobert, une rude, Rudy collision entre deux champions. Je présente mes excuses absolues aux auditeurs de France Inter, aux basketteurs, et à l'Equipe. 

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