Le pays qui a déjà donné aux Tunisiennes un statut inégalé dans le monde arabo-musulman s'attaque aujourd'hui aux questions d'héritages.

C'est notamment Le Figaro qui nous éclaire ce matin sur cette spécificité assez mal connue qui prévaut dans tous les pays du Maghreb : en matière successorale, en vertu du Coran,  la fille ne touche seulement que la moitié d'une part réservée à un fils.

S'appuyant sur la constitution de 2014, l'actuel chef d'État Tunisien Beji Caîd Essebsi a confirmé hier le dépôt d'un projet de loi pour mettre fin à cette inégalité. Il sera discuté en octobre.

En 1956, quelques mois après l'indépendance, le père de la nation Tunisienne Habib Bourguiba qui a mis en place le Code du Statut Personnel pour la femme avait en revanche dû renoncer à cette réforme à cause de la pression populaire.

A lire ce matin la presse, on s'aperçoit que 62 ans plus tard, les résistances sur le sujet dans la société tunisienne sont encore très fortes.

Sabira 48 ans nous explique qu'elle a perdu son père il y a quelques années. "Mes frères aujourd'hui ne veulent pas partager les terres dit-elle, eux ils cultivent et moi je n'ai droit à rien".

Une autre plus âgée confie qu'elle a touché une part correspondant à la moitié de celle de ses frères mais que c'est normal puisque c'est la charia. "Si je veux cultiver plus de terres dit-elle, eh bien, Je les loue".

"Cette disposition est vécue en Tunisie comme une transgression religieuse" nous précise le journal La Croix. Pourtant les variantes et les accommodements avec le Coran sont tout à fait possibles mais une partie de la  population chauffée à blanc par les milieux  conservateurs reste persuadée que l'objectif est de "sortir la Tunisie de l'islam".

"Tout ça crée la zizanie dans les familles" s'indigne un père de famille. Mais la Tunisie a déjà fait un long chemin, estime Sophie Bessis dans le Figaro. L'historienne franco-tunisienne est optimiste et rappelle que la polygamie n'est plus autorisée dans le pays et que, depuis 2017, les Tunisiennes peuvent enfin épouser un non musulman.

Le plus important, dit-elle, c'est ensuite de faire appliquer la législation. La France par exemple, dit-elle, a promulgué 5 ou 6 lois sur l'égalité salariale qui n'existe toujours pas.

Pas de discrimination salariale à priori du côté des jobs d'été

Même si aujourd'hui, l'argent n'est plus le seul moteur quand on tente de décrocher un petit boulot comme on dit. Les jobs d'été sont en effet aussi devenu une course au CV, nous dit Libération.

Comme une porte d'entrée dans un monde du travail de plus en plus concurrentiel ....sans compter - parcours sup oblige -  qu'il  faut maintenant un Curriculum Vitae pour rentrer dans l'enseignement supérieur. Parcours sup dont les ratés continuent d'alimenter les pages de vos quotidiens régionaux

"Le gouvernement est toujours en vacances mais la nouvelle plateforme qui doit orienter les bacheliers vers les études supérieures laisse  toujours plus de 66 000 candidats dans le flou" nous dit le Dauphiné

Plusieurs éditorialistes commencent même sérieusement à s'impatienter. Dans la Nouvelle République du Centre Ouest,Denis Daumin fulmine, "c'était sûr Parcoursup allait faire oublier les méandres de feu APB et tout irait bien car nous étions entrés dans le nouvel ordonnancement macronien. A deux semaines de la rentrée, c'est le contraire qu'il nous faut constater. Il faut orienter les élèves bien plus en amont comme le soulignent les professionnels de l'enseignement."

Enfin pour Jean-Michel Servant dans Midi Libre, "malgré les promesses de la ministre de l'enseignement supérieur 66 000 élèves ne connaissent pas leur affectation,  ils passent leur vacances la peur au ventre dans une insupportable attente. Une réalité qui démontre une nouvelle fois plus l’inefficacité de l’Éducation  nationale en matière d’orientation. "

S'adapter, se réinventer constamment, c'est que nous conseille l'historien Yuval Noah Harari

"Ce que nos enfants apprennent aujourd'hui sera inutile en 2050". C'est ce que nous dit l'auteur du best-seller Sapiens, une brève histoire de l'Humanité sur le site Uzbek Et Rika. Dans un monde en mutation, l'intellectuel Israélien s'attache à répondre à la question de savoir comment éduquer nos enfants à une époque où le futur est de plus en plus incertain.

Selon l’historien, continuer à remplir le cerveau des écoliers avec tout un tas d’informations est une erreur, il vaut mieux se focaliser  sur la faculté à "donner du sens à l’information". 

Pour Yuval Harari, tous les aspects de la vie sont concernés : nous vivons dit-il à l’âge de l’incertitude, "nous n’avons aucune idée de ce à quoi ressemblera le monde dans 30 ans".

Comment connaître les compétences dont auront besoin les individus sur le marché du travail ?

Comment réagir pour faire face à des choses que personne n’a jamais vu auparavant, les machines intelligentes, les corps augmentés, les cataclysmes climatiques suscités par l’activité humaine ou les algorithmes façon facebook qui manipulent nos émotions.

Les générations futures, dit-il, vont devoir cultiver notre aptitude à changer, "même à 50 ans" et il  nous faudra "beaucoup de souplesse psychique pour y arriver". Les années à venir pourraient donc bien marquer selon l’historien le grand retour du "Connais-toi toi-même".

Un point de vue à retrouver sur le site qui explore le futur, Uzbek et Rika.

Enfin retour vers le passé avec l'histoire méconnue d'un boxeur Français oublié de la République

C'est Karim Ben Ismaïl dans l'Equipe qui nous retrace la vie de celui qu'on surnommait  Battling Siki né au Sénégal à l'époque un département Français.

Son vrai nom, MBarick Fall, 88 combats pour 60 victoires dont la plus célèbre en 1922 quand il est devenu champion du Monde en battant l'icône de la France Georges Carpentier.

C'est une époque où l'on décerne encore des "titres de champions du monde de race blanche".

Carpentier l'avouera dans ses mémoires, le combat devait être arrangé mais Saki a refusé de se coucher et a remporté le titre mondial des mi-lourds. C'est le début en France d'une mise à l'écart pour le boxeur qui continuera sa carrière aux Etats-Unis.

"Cet oubli sportif a été volontairement construit car il dérangeait, il a brisé les codes en mettant en évidence un combat truqué" estime Jean-François Loudcher, universitaire à Bordeaux et auteur de livres sur le sport.

Dans les pages de l'Equipe, Jean-Marie Bretagne qui a écrit un ouvrage sur Siki, lui rend hommage. "Je me suis toujours demandé pourquoi le vaincu, Carpentier, était plus connu que le vainqueur, Siki. Effacer sa trace, c'est une injustice terrible."

Même des années plus tard, en pleine période de décolonisation et de peur qu'elle ne devienne un mythe, la figure du champion reste dans l'ombre. 

Pourtant l'histoire de MBarric Fall ancien poilu qui a combattu pour la France n'est pas restée inconnue pour tout le monde

Son destin singulier a inspiré Muhammad Ali, Mike Tyson et tant d'autres boxeurs.

Il a fait l'objet de plusieurs biographies, d'une bande dessiné, de documentaires et un film est même en préparation nous raconte l'Equipe. MBarric Fall dont la vie est un roman a également transgressé les codes raciaux de son temps en épousant une Hollandaise à la peau blanche puis en se mariant de nouveau avec une autre femme blanche également en pleine période de ségrégation.

L'homme est mort à New York à 28 ans assassiné dans la rue de plusieurs balles dans le dos. Il est aujourd'hui enterré au Sénégal où on peut lire sur sa  plaque commémorative : "Ci Git Batlling Siki, premier champion du Monde africain de Boxe." 

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.