" Si les prix de l'alimentation continuent a augmenter, des centaines de milliers de personnes vont mourir de faim, ce qui entrainera des cassures dans l'environnement économique et parfois la guerre". Cette phrase, terrible de réalisme, c'est Dominique Strauss-Kahn qui l'a prononcée ce week-end à Washington, à l'issue de l'assemblée générale de printemps du Fonds Monétaire International... La faim est toujours aujourd'hui à la Une de vos quotidiens.. " La Faim du monde" titre l'HUMANITE. Menace de famine mondiale" renchérit l'EST REPUBLICAIN, LA MONTAGNE évoque " la révolte montante des peuples affamés", LE DAUPHINE LIBERE se demande "pourquoi le monde manque de grain?", "Emeutes de la faim, la raisons de la colère" Titre LIBERATION... LIBERATION qui explique en page intérieure pourquoi la crise ne fait que commencer... Il y a bien sûr, explique Christian Losson, la mode des bio carburants, le baril de pétrole à 112 dollars qui précipite la ruée vers l'or vert, l'évolution des modes de vie avec l'arrivée des nouveaux consommateurs des grands pays émergeants. Nourrir 60 milliards d'animaux à viande chaque année, revient à produire autant de céréales que pour 4 milliards d'habitants. Il y a les bouleversements du climat, et surtout ce que le journaliste de LIBERATION appelle "l'orgie de spéculation". Car on assiste peut-être, en ce moment, à un effet pervers de la crise des subprimes qui touchent le monde financier depuis plusieurs mois. "Essorés par les marchés de crédits, écrit Christian Losson, les fonds d'investissements placent désormais leurs billes sur les matières alimentaires : le soja, le blé, voilà les nouvelles valeurs boursières refuges"... "les fonds s'engouffrent, achètent et stockent" explique un intermédiaire. " C'est de la folie, le blé vaut de l'or" reconnaissait ce week-end à Washington, un économiste... Alors question : alors que le monde affronte le choc alimentaire comme le titre LA CROIX, quelles solutions apporter ? "Il faut se remettre à produire beaucoup, vite et moins cher, analyse Didier Porquerie dans Libé. Nous voici face à un dilemne douloureux : revenir à une agriculture productiviste, en utilisant toute la palette des nouvelles technologies, ou continuer de défendre un modèle raisonnable et raisonné, mais qu'on peut considérer comme frileux au vu des enjeux de la planète." Dans LE MONDE, Eric Le Boucher parle du retour des ventres creux... "Le pire, dit-il, ce serait la tentation du chacun pour soi. Elle est évidemment très forte pour les dirigeants." "L'histoire nous a appris que les soulèvements des ventres creux sont également les plus difficiles à apaiser, explique Dominique Gerbaud dans LA CROIX. On en revient, poursuit-il, à l'essence de l'action politique : comment assurer la survie de l'espèce humaine ? Rien n'interdit de taxer davantage la spéculation sur les denrées alimentaires. Les dernières réformes de la PAC, poursuit-il, ont incité les agriculteurs à rendre leur tablier. Peut-être est-on allé trop loin. Il faut remettre l'agriculture au coeur du développement, aider les pays en voie de développement à devenir autosuffisants, et relancer les projets agricoles dans les villages. C'est urgent. N'oublions pas, conclut Dominique Gerbaud, que l'alternative à la faim, c'est souvent l'émigration et le terrorisme." Fortune de mer heureuse et malheureuse ce matin dans vos quotidiens... Heureuse, avec l'affaire du Ponant ou "L'histoire secrète d'une libération" titre LE FIGARO. Le quotidien raconte en page 2, comment la France a géré minute par minute, les sept jours de la prise d'otage par des pirates. Un récit haletant d'Arnaud Delagrange, que n'aurait pas renié l'écrivain américain Tom Clancy. Nom de code de cette opération : "Thalatine", ou "trente" en langue arabe... trente, le nombre d'otages détenus sur le Ponant. Tout commence le vendredi 4 avril, raconte Arnaud Delagrange... en fin de matinée, le téléphone satellite de l'amiral Gérard Valin, commandant les forces françaises en océan Indien, sonne dans son PC embarqué à bord du Var, navire de commandement qui sillonne la zone. A l'autre bout du fil, Patrick Marchessaud, le capitaine du Ponant, qui voit les pirates se hisser à bord du voilier. Il l'informe de la situation. Très vite à Paris, la nouvelle tombe sur le téléphone du général Jean-Louis Georgelin. Une cellule de crise est mise en place, L'Aviso Commandant Bouan, reçoit l'ordre de cingler vers le Ponant. Samedi, il entre dans les eaux territoriales somaliennes. Les diplomates français ont obtenu du gouvernement somalien, l'autorisation d'un coup de force éventuel. Problème, le Bouan n'a pas de capacité d'intervention. Il faut donc, explique Arnaud Delagrange, parachuter des commandos. Lundi 7 avril, le Ponant jette l'ancre près des côtes somaliennes. Les flibustiers organisent un ravitaillement. Ils font monter deux chèvres à bord pour le lait. Des écoutes sont mises en place par l'armée, et les militaires se rendent compte que les pirates ne dédaignent pas boire de l'alcool. Question : une intervention est-elle possible dans ces conditions ? Arnaud Delagrange nous explique que des nageurs de combat du colonel Hubert sont envoyés de nuit sous le voilier. A Paris, une réunion quotidienne se tient autour de Nicolas Sarkozy. Ses proches disent retrouver l'ancien ministre de l'Intérieur, dopé par la crise, au jugement et à la décision rapide. "Laissez-moi faire, j'ai l'habitude" lance le président aux familles des otages qu'il reçoit. Le président de la République, chef des Armées, ce n'était pas qu'une vision des choses, confiera David Lewitte. Nicolas Sarkozy a fixé des lignes rouges à toute l'action française : pas de mise en danger de la vie de l'équipage, mais intervention si les pirates entendent séparer les otages ou les transférer à terre. Arnaud Delagrange nous apprend également que l'amiral Marin Gillier, le patron des commandos de marine, quittera Lorient pour Djibouti le dimanche, afin que le commandement soit au plus près de ses hommes. Il sera parachuté en mer. Mardi, c'est le chef du GIGN, le colonel Denis Favier qui sera lui aussi largué au-dessus des flots. De nouveaux commandos, spécialisés dans l'assaut mer, arriveront à bord d'un autre navire, la frégate Jean Bart. Le Jeanne d'Arc est lui aussi détourné pour apporter ses hélicoptères. En parallèle, dès le dimanche 6 avril, des négociations s'engagent entre l'armateur et les pirates. Une cellule de négociation est mise en place à Marseille, siège de la compagnie. L'armateur gère les termes de l'échange, les militaires et le GIGN l'épaulent pour en étudier les conditions et la faisabilité pour la sécurité. La suite, on la connait. La rançon est versée aux pirates. Les otages quittent Le Ponant. Les pirates aussi. Ils seront interceptés plus tard à terre par un raid héliporté. "Une affaire menée avec sang-froid, efficacité et mesures", souligne une source militaire. "A l'heure où la défense entre dans les turbulences d'une réforme, conclut Arnaud Delagrange, l'affaire du Ponant ressemble à une formidable démonstration où les militaires ne sont pas fâchés d'avoir montré qu'ils savent utiliser au mieux les moyens que le contribuable leur fournit." Fortune de mer heureuse, mais fortune de mer malheureuse... Plusieurs de vos quotidiens reviennent également sur l'affaire du Bugaled Breizh. LE PARISIEN AUJOURD'HUI EN FRANCE parle de la thèse du sous-marin qui refait surface. "La piste du sous-marin confirmée par les juges", titre FRANCE SOIR. LE PARISIEN nous détaille "la minutieuse instruction des deux magistrats". L'un Richard Foltzer, qui privilégie l'enquête et la recherche d'information. L'autre Muriel Corre, tournée vers la procédure. "L'hypothèse du sous-marin est la plus sérieuse", ont-ils écrit dans une note rédigée en février dernier, en prévision d'une réunion européenne de coopération judiciaire. Des juges qui visiblement, bénéficient d'une totale confiance de la part des familles des victimes. Ainsi, explique Rémy Gloaguen, frère d'un des marins disparus dans le naufrage, on a la chance d'avoir des juges intègres. Au début, ils ont cru à la fortune de mer, mais ils se sont aperçus qu'ils étaient bernés. Alors ils ont commencé à se poser les bonnes questions. Dans le reste de la presse ce matin... Essentiellement cette information révélée par LES ECHOS qui nous dévoilent le nouveau système de contrôle des chômeurs. Il sera présenté cette semaine aux syndicats. Les allocations seront suspendues ou réduites en cas de refus d'au moins deux offres valables d'emplois. Par offre valable d'emploi, il faudra comprendre tout poste requérant moins de deux heures de transport par jour, et induisant une éventuelle baisse de salaire. Enfin on termine avec cette question : "Et si vous osiez la colo ?" La question est posée par LE PARISIEN, car le secrétariat d'Etat à la Jeunesse et aux Sports lance ce matin une campagne d'information baptisée "Les colos, c'est bon pour grandir". L'objectif, c'est de rassurer les parents, leur expliquer comment fonctionnent les colonies de vacances. Bref, de leur donner envie d'envoyer leurs bambins en colonie dont la fréquentation a baissé de 20% ces 10 dernières années. Fréquentation en baisse, alors qu'il y a toujours trois millions d'enfants qui ne partent pas en vacances plus de cinq jours.

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