Bruno Duvic : Et d'abord, on reparle de la laïcité... Clotilde Dumetz : Avec cette information de Mediapart : L'Elysée aurait suggéré aux responsables des grandes écoles Mines-Ponts et Centrale Supelec d'aménager les épreuves de leurs concours, dont les dates tombent pendant la Pâque juive, au motif que les étudiants juifs pratiquants ne pourraient donc pas s'y présenter. Mediapart explique qu'un projet a même été préparé pour organiser deux séances secrètes de nuit réservées à ces quelques étudiants. Les responsables de ces grandes écoles démentent. Sauf que Mediapart s'est procurée une note confidentielle, en date du 8 février dernier. Note signée du directeur de l'Ecole Centrale de Paris et adressée au conseiller de l'Elysée chargé de l'Enseignement supérieur. Et que dit-elle cette note ? Eh bien, elle confirme que la chose a bien été envisagée. Réponse de Centrale dans ce long courrier : c'est infaisable, et en plus "le principe de laïcité de l'enseignement nous interdit de pratiquer des aménagements sur la base de l'appartenance à une religion". Fin de citation. Ca va mieux en le disant. "Rue89" s'interroge de son côté sur cette laïcité à géométrie variable de l'Elysée. "Rue89" qui interroge du coup le CRIF, le Comité Représentatif des Institutions Juives de France. Pas de réaction officielle, mais celle tout de même d'un permanent qui n'engage que lui : "C'est du délire ! Dans cette période de débat sur la laïcité, on ne peut pas imaginer une bêtise pareille !". On ne peut pas, en effet. Bruno Duvic : "Cela fait du bien de se sentir Français"... Clotilde Dumetz : C'est le titre d'un reportage dans La Croix ce matin. Un reportage qui nous emmène avec des lycéens de Clichy-sous-Bois, à Berlin. Plus exactement dans un arrondissement sensible de Berlin. Ils vont y jouer demain, en allemand, une adaptation de la pièce de théâtre de Yasmina Réza : "Trois versions de la vie". Et pour ces élèves, presque tous d'origines étrangères, ce voyage est vécu comme une récompense. Akram a 17 ans, et il le dit : "Nous sommes ici considérés à notre juste valeur". Le jeune homme parle français bien sûr, allemand aussi, il maîtrise également l'anglais et l'arabe littéraire. Mais il a régulièrement le sentiment de vivre en marge de la communauté nationale. Là, dans ce quartier de Berlin, il se sent en quelque sorte ambassadeur de la France. C'est aussi ce que dit Rezwana dont la famille vient du Pakistan : "Lorsque je sors de Clichy pour aller dans des villes voisines où il y a moins de mixité, je n'ose même pas dire que je suis Française, personne ne me croit ! Ici, je suis presque étonnée qu'on me considère comme une Française". Bruno Duvic : Et on en vient à la politique... Clotilde Dumetz : "La chasse est ouverte"... c'est la couverture du Point, cette semaine. La chasse au Sarkozy, ou la chasse à l'Elysée, comme on veut... Et les chasseurs dans Le Point s'affichent sur une photo-montage. Dans les jardins de l'Elysée, Jean-Louis Borloo et Dominique de Villepin au téléphone, Jean-Luc Mélenchon en pleine interview, et bien sûr, vous, Nicolas Hulot, assis sur la pelouse. C'est peu dire que votre candidature à l'Elysée, officialisée hier, déchaîne les commentaires ce matin. "La politique : une affaire trop sérieuse pour être confiée à un animateur de télévision"... L'écologie : une affaire trop grave pour être laissée aux politiques", écrit Didier Louis dans Le Courrier-Picard. Mais attention, en vue il y a la Primaire écologiste. Et là, pour Gilles de Bernardi dans Le Dauphiné-Libéré : "L'explorateur d'Ushuaia s'aventure dans une jungle incertaine, la terra incognita des Primaires". Et Jacques Camus, dans La République du Centre, qui estime que vous êtes le DSK des écologistes. "C'est au sein de sa famille que Nicolas Hulot compte ses plus farouches détracteurs". Bref, "lui qui aime être aimé va vite déchanter !" prévient Xavier Panon dans La Montagne. D'autant que les grands partis l'attendent au tournant. C'est Patrice Chabanet dans le Journal de la Haute-Marne qui explique "que les experts en prévisions électorales ont sorti les calculettes pour mesurer l'impact de ces candidatures qui risquent à leurs yeux, de parasiter la compétition". Et dans ce domaine, Nicolas Hulot sera "probablement en mesure de grappiller des voix, aussi bien à gauche, qu'au centre et à droite. Pour le candidat socialiste, comme pour Nicolas Sarkozy, cette candidature pourrait bien être une très mauvaise nouvelle", analyse Philippe Reinhart dans L'Eclair des Pyrénées. Bruno Duvic : On revient à la Revue de Presse... A lire également ce matin, Clotilde... Clotilde Dumetz : Puisqu'on est jeudi, il y a les hebdos... 2012 : la présidentielle donc, en Une du Point. Dans le même ordre d'idée : "Anne Sinclair : une femme d'influence", c'est le titre de L'Express. "Guéant persiste et signe", ça c'est pour "Valeurs actuelles" qui a interviewé le ministre de l'Intérieur. Dans Libération ce matin, l'interview de Frédéric Mitterrand : "Avec Olivier Py, nous n'avons pas pu partager une vision commune", explique le ministre de la Culture, qui défend son choix de remplacer le directeur du Théâtre de l'Odéon. "Il est important, ajoute-t-il, que les directeurs des théâtres nationaux puissent définir avec le ministre, une stratégie d'ensemble, ce qui ne veut pas dire qu'il y a une volonté de contrôle de ma part". Et puis, si jamais vous aviez oublié qu'il y avait un mariage princier à Londres ce mois-ci, le Prince William et Kate Middleton sont en Une de Courrier-International, Paris-Match et Le Nouvel-Observateur. Le Nouvel-Obs qui, au-delà du mariage, propose un dossier plus large sur la crise sociale qui agite le pays. Un pays où mariage princier mis à part, on compte tous ses pennies et ou du coup, les Jeux Olympiques l'été prochain sont devenus un boulet. Bruno Duvic : Pour terminer, l'interview peut-être la plus surréaliste du mois... Clotilde Dumetz : Celle de Bernard Madoff... Il s'exprime dans le numéro du mois de mai de "GQ". Bernard Madoff, 72 ans, purge une peine de 150 ans de prison pour l'arnaque du siècle. Une arnaque de 65 milliards de dollars, rappelle le magazine. Une fraude qui lui a coûté sa fortune, sa réputation, mais surtout la vie d'un de ses fils. Et c'est depuis sa prison de Caroline du Nord que l'ex-ponte de Wall-Street a appelé chaque semaine, pendant quelques minutes, et au final pour plusieurs heures d'entretien, le journaliste Steve Fishman. Ce dernier raconte la première phrase de Madoff, qui l'appelait en PCV : "Désolé, mais je n'ai plus grand chose sur mon compte en banque !" Madoff qui redit : "J'avais toutes les grosses banques avec moi. Elles me donnaient des milliards de dollars, ça nourrit forcément l'égo". Son mensonge ? : "C'était un cauchemar... ne rien pouvoir dire à sa femme, à son frère, à ses fils... Avoir cette épée de Damoclès constamment suspendue au-dessus de votre tête". Vous lirez aussi son repentir vis-à-vis de sa famille. Et le moteur de cette ascension sociale : "Au départ, j'étais juste un petit juif de Brooklyn, ça me rendait malade !" Et puis aussi, cet aveu : "J'ai voulu rendre leurs fonds à mes amis ou aux petits clients, mais personne ne voulait reprendre ce qu'il m'avait donné".

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