Amiens contre Lodz, voyage à l'envers des candidats dans M, le pape François, gaucho ou prestidigitateur? Trump, hors catégorie

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Une revue de presse « à l’envers » ce matin…

Que je vais quand même essayer de lire à l’endroit. En fait, j’ai relevé plusieurs articles ce matin dans la presse, qui prennent le contrepied, ou plus exactement présentent un contre-point à ce qu’on lit habituellement.

Par exemple, Whirlpool. Les syndicats de l’usine d’Amiens ont été reçus à Matignon hier pour en savoir plus sur le plan social qui les attend depuis qu’ils ont appris la délocalisation de leur activité en Pologne, et sur les repreneurs éventuels. Ils sont rentrés quasiment « bredouilles » nous dit le Figaro Eco ce matin, avec la simple promesse d’une « commission de suivi »

Contrepoint : Maja ZOLTOWSKA s’est rendue pour Libération à Lodz en Pologne, là où Whirlpool a décidé de délocaliser sa production de sèche-linge. Parole d’ouvriers polonais. « Les salariés d’Amiens ? on est désolés pour eux, disent ils, mais on n’y est pour rien dans cette histoire, c’est le marché libre, la mondialisation qui fait tout ». Un des ouvriers polonais de Whirpool ajoute « on aimerait bien gagner ne serait-ce que la moitié de ce qu’ils gagnent à Amiens », à Lodz, le salaire de base est de 377 euros. Chacun se souvient ici que dans les années 90 après la thérapie de choc suite à la chute du communisme, les usines tombaient une par une. « Ce n’était pas 290 salariés comme à Amiens aujourd’hui qui se retrouvaient au chômage, mais 2000, 3000 du jour au lendemain. Et personne en Europe pour s’apitoyer sur notre sort » disent-ils. Une revanche donc ? Pas si simple, car dans ce jeu de la concurrence libre, Lodz découvre à son tour ses propres concurrents, les travailleurs ukrainiens qui débarquent en masse et pèsent sur l’augmentation de leurs salaires. Histoire de points de vue donc:, Amiens qui pleure sa désindustrialisation, Lodz en Pologne qui se remet de la crise grâce à ces ré-implantations Jusqu’à ce que « Whirlpool et autres mastodontes découvrent que le Bulgarie ou la Roumanie sont encore meilleur marché que nous» craint déjà un syndicaliste polonais.

Autre contrepoint ce matin, celui que peuvent offrir des candidats en campagne

Depuis quelques semaines, tous les candidats se pressent à la rencontre des « vraies gens », passage obligé d’une campagne présidentielle. Le magazine du Monde M, en fait son dossier ce matin. Zyneb Dryef a eu l’idée de faire le voyage inverse, partir à la rencontre de ces électeurs qui ont vu les candidats défiler. Elle s’est posée dans la région des Hauts de France, « région commode dit-elle pour les candidats, à portée de train : la France qui souffre, la France en colère, la France d’en bas, la France qui vote FN, la version tricolore de l’Amérique de Trump». Alors qu’ont retenu ces « vrais français » d’avoir croisé ces « vrais candidats » ? L’impression souvent d’avoir vu une « comète », dit une dame d’hazebrouk, « des voitures noires, vitres teintées, une trainée de caméras ». La comète cette fois, c’est Emmanuel Macron qui à Nœud les Mines, s’intéresse à la réhabilitation des cités minières. Jannick a accepté de le recevoir chez elle, « lui ou un autre, ça la gênait pas, dit elle, s’il veut voir comment on vit». La toiture jamais refaite, le chauffage qui coûte cher, les murs qui s’effritent. Quand le candidat est arrivé, elle a répondu un peu impressionnée à ses questions « vous attendez quoi des travaux ? tout, il faut tout refaire ». Et puis il est parti vers d’autres maisons. « Elle dit : on a parlé, sans plus quoi » mais ça a suffi pour qu’elle le trouve sympathique. Même si ses propos rapportés par la presse locale, « sur l’alcoolisme et le tabagisme qui se sont peu à peu installés dans le bassin minier » aurait dit Macron, l’ont mise en boule après coup, Jannick. N’empêche, ça lui a quand même envie de voter tout ce charivari, jusque là elle n’en voyait pas bien l’utilité, « la vie ne change pas, si ? » répète-t-elle, détournant le vieux slogan socialiste « changer la vie ». Alors chez ces électeurs « visités », on croise des « fondus » de MAcron, de Mélenchon, de Hamon ou de Le Pen, on croise ceux que la caravane médiatique et tout le barnum indiffèrent, « une France groggy par la pauvreté et la tristesse » dit Zineb Dryef, mais beaucoup parmi eux gardent de ces quelques minutes avec les uns ou les autres, « y en a quand même qui sera président parmi eux », le sentiment qu’à un moment, on leur a apporté de la reconnaissance, on leur a dit qu’ils comptaient. Julien dit « qu’ils devraient venir les voir plus souvent les politiques, et pourquoi soyons fous, même hors période électorale »

On continue la revue de presse des contre pieds avec « le dernier gaucho » qui n’est pas forcément celui qu’on attend hélène

« Le dernier gaucho », c’est le titre qui claque ce matin à la Une de Courrier International. Qui ne parle pas de Mélenchon, de Poutou ou d’Arthaud, mais du pape! Dessin du pape qui se dévoile sous sa soutane blanche en superman, poing levé. « 4 ans après son élection, dit l’hebdomadaire, le pape François apparait comme le seul vrai leader proche du peuple. Fin mars, le site d’information italien Linkiesta a célébré « un homme qui serait le dernier à nous proposer un futur engageant, une vision du monde humaine et solidaire dont feraient bien de s’inspirer les hommes politiques ». Mais contrepied à ce panégyrique, tout aussi intéressant, Courrier International publie également un article d’El pais, dans lequel le journaliste défend la thèse que le principal mérite de François est d’avoir tout changé sans avoir rien fait. Exercice de prestidigitation dénonce-t-il qui repose sur la dévotion d’une société crédule portée à la sensiblerie. « François est perçu comme révolutionnaire sans avoir changé d’un iota la doctrine de l’Eglise, droits des homosexuels, place des femmes dans l’église, doit à l’avortement. Ce qu’il a accompli poursuit le journaliste, c’est une révolution des formes, une catharsis des apparences qui a donné lieu à un néologisme, le papulisme. François est le pape de Podemos, de Maduro et de Kirchner, un libertador du capitalisme, un porte drapeau du mouvement écologiste. François encourage nos simples aspirations élémentaires, la paix et l’amour. » François est tout, François ne serait donc rien…L’ère du papulisme, le populisme papal. Contrepied au dernier gaucho, à lire dans Courrier International

Et on termine Hélène par une personnalité qui incarne à elle-seule la figure du contre-pied

On parle de Donald Trump, dont toute la presse relève ce matin « les virages stratégiques » en matière de politique étrangère comme l’écrit le Parisien, Willem dans Libération le dessine avec sa tête qui virevolte à 360° entre Poutine et Xi Jinping. Petit cadeau ce matin pour ceux qui n’ont pas encore entendu ou vu la vidéo du président américain racontant à Fox news, la façon dont il a informé le président chinois de l’attaque américaine sur la Syrie la semaine dernière. A retrouver sur le site Brut. Diner présidentiel, on en est au dessert, devant un énorme gâteau au chocolat

SON TRUMP

Missiles sur l’Irak, euh, non pardon, sur la Syrie. Trump se souvient mieux du meilleur gâteau au chocolat jamais mangé que du pays visé. J’avoue c’est pas forcément un contrepied, juste de la gourmandise. A moins que ça ressemble vaguement à de la désinvolture voire…à de l’incompétence…

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