Notamment en une du journal Libération ce matin.

Alors que beaucoup de quotidiens paraissent ce matin en décalage avec l'actualité, eux qui spéculaient hier au moment du bouclage sur l'intensité et le moment choisi pour les frappes américaines, françaises et britanniques en Syrie.

Le Figaro et Le Monde notamment. Libération consacre son titre principal à la guerre sans fin qui se livre au Mali. Le quotidien étire son récit sur 4 pages, qui s'ouvrent par ce pronostic du chef d'état major des armées françaises François Lecointre.

"Je ne pense pas qu'il soit possible de régler le problème au Mali en moins de 10 à 15 ans, dit-il, si tant est que nous le puissions".

Le nord du pays reste un no man's land périlleux, relate la journaliste Maria Malagardis, où soldats français de la mission Barkhane et casques bleus de la Minusma combattent ce qu'elle qualifie d'hydre jihadiste, qui sans cesse refait surface dans une zone où l'ennemi est parfois invisible. 

Les mines, armes du pauvre, juge un envoyé spécial de Libération, disséminées sur les routes des blindés de l'armée et qui ont fait 7 morts dans l'armée française depuis le début de l'opération. Mais ce sont surtout les populations civiles qui en sont victimes, rappelle Pierre Alonso. Des dizaines de civils en sont morts rien que ces dernières semaines. Pas de mort ni de combats dans cet article du Parisien, mais la rhétorique militaire s'affiche en gras page 5.

"Le nouveau patron de Force Ouvrière s'en va t'en guerre" : titre qui relate la pique de Pascal Pavageau, futur n°1 du syndicat, contre son prédécesseur Jean-Claude Mailly, accusé d'avoir des positions trop molles vis à vis du gouvernement.

Bisbille syndicale aussi dans libération, à la CFDT cette fois : "comment sortir de la crise à la SNCF ?" Les positions entre le leader du mouvement et sa base sont divergentes. Libération parle d'un problème d'aiguillage, quand, presque simultanément, Laurent Berger salue un geste du gouvernement.

Alors que le chef de la section cheminot, Didier Aubert, estime que ce même gouvernement a poussé au rapport de force une divergence qui vient assombrir la prévision optimiste affichée dans La Montagne ce matin.

La baisse de la mobilisation et le retour probable de la CFDT à la table des négociations montrent qu'on entre dans une nouvelle phase du conflit.

Le Monde pour sa part fait un pas en arrière ce matin et s'interroge sur la réalité de la dette de la SNCF. La compagnie affiche officiellement un trou de 54 milliards d'euros, mais des dizaines de milliards d'euros seraient cachés, selon le quotidien, entre capitaux propres négatifs, engagements hors bilan, et autres subtilités comptables, qui pourraient coûter très cher d'ici une vingtaine d'années. 

Il est aussi question de gros sous en une du supplément week-end des Echos, autour d'une autre bataille : celle que se livrent les héritiers de Johnny Hallyday. Plusieurs quotidiens comptent les points ce matin, après la décision du tribunal de Nanterre de geler une partie des biens du chanteur. 

"Laeticia Hallyday remporte une manche", analyse Le Figaro avec une tonalité sportive. "Avantage David et Laura", rétorque le parisien avec le même champ lexical. Ces deux journaux ne sont pas d'accord et c'est normal, explique t'on dans le supplément du quotidien économique. La succession de Johnny Hallyday n'est pas qu'un feuilleton people, c'est aussi un dossier juridique exemplaire, un cas d'école, certes, lit-on dans le Courrier Picard ce matin.

Ce premier pas induit l'idée que le droit français n'est pas balayé par le droit américain. Mais le chemin sera long d'ici à la décision finale de la justice, rappelle Les Echos sur 6 pages, pour qui ce cas de droit international extrêmement pointu, est regardé avec attention par les juristes car les cas d'héritages transnationaux se multiplient.

Mais si cette histoire intéresse tant, analyse L'Alsace ce matin, c'est parce que de plus en plus de familles recomposées, sans être fortunées, s'y retrouvent par bien des côtés. 

Les révélations, publiées au fil des semaines, interpellent aussi sur la personnalité d'un artiste dont la carrière s'est construite en France, mais qui a profité de sa résidence en Californie, pour y organiser sa succession au profit de sa femme, ce qui est courant là-bas. 

Tout cela manque cruellement de générosité.

Le Figaro revient aussi ce matin sur le mouvement social en cours dans les universités

Mais dans ce conflit là, le quotidien bleu ne fait pas qu'observer. Son éditorialiste prend part à la bataille contre les bloqueurs de la faculté parisienne de Tolbiac. Pour eux, tout est bon à prendre, écrit Laurence de Charette. Ces bloqueurs qui ne parviennent à mettre en lumière qu'un seul fait : le naufrage de l'université face à la massification de l'enseignement.

Prise de position également dans le journal L'Union, à propos de notre Dame des Landes. Le quotidien de Reims nous dit ce matin, il en faut des zadistes : "ils sont là pour illustrer les paradoxes de notre société, lit-on sous la plume de Sébastien Lacroix, leurs petites utopies sont vieilles comme le monde mais ils les croient d'avant-garde". 

Elles n'ont jamais fonctionné, sauf dans les discours. 

Ça, ils s'en apercevront plus tard. 

Les ZAD sont comme des petites bulles qui éclatent à la surface des écrans plats du JT de 20 heures, et ça risque d'éclater dès ce soir. L'envoyé spécial de Libération à notre dame des landes, Guillaume Frouin, compte les forces en présence, alors que le week end sera crucial dit-il. Entre manifestation a Nantes cet après midi, et rassemblement sur le terrain qui devait être dévolu à l'aéroport. 

Le camp des anti aéroports a été ressoudé par la destruction de la ferme de 100 noms, une zone qui avait vocation à être régularisée selon les zadistes, qui y voient une provocation de la part des autorités qui n'en démordent pas, par la voix de la préfète de loire atlantique. 

Aucun dossier de régularisation n'avait été déposé pour cette ferme, affirme t-elle, et l'éditorialiste de L'Union de conclure : "les zadistes confortent ceux qui les regardent dans l'idée qu'il vaut mieux être sans illusion devant sa télé que poursuivre un idéal dans la boue". Il ne précise pas si sa sentence s'applique à toutes les batailles

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.