Le coronavirus peut renvoyer des millions de personnes dans l'extreme pauvreté; DSK dans "Politique internationale". Le Monde raconte la chauve-souris, dont le système immunitaire est à envier et comprendre. Trois médecins généralistes ont concocté un protocole contre le virus, le Parisien, l'Est républicain.

On parle d’une infirmière…

Qui n’a pas dormi depuis 24 heures quand elle rentre chez elle en voiture et tombe sur des gendarmes. Ca se passe dans le Jura, c’est raconté ce matin notamment sur le site du Progrès. Notre infirmière est française, elle travaille dans un hôpital suisse avec des malades du covid 19 et le dernier qu’elle a désintubé a du, pense-t-elle lui envoyer une bonne dose de virus au visage, elle ne voit plus ses enfants qui habitent chez ses parents à deux heures de chez elle, bref, elle a des soucis… Elle est partie travailler avec l’attestation qui l’autorise à se déplacer, mais elle n’a pas pensé à en rédiger une autre pour son retour,  et quand les gendarmes la bloquent après sa nuit blanche, elle a beau montrer ses papiers de l’hôpital, elle prend son amende, 115 euros: elle écrit au Préfet…

A Graulhet dans le Tarn, me dit la Dépêche, Hedwig 79 ans s’est pris une amende elle aussi, parce qu’elle marchait sous la fenêtre de Jean Pierre ,son mari nonagénaire coincé dans son Ehpad. Elle n’ose plus désormais sortir de chez elle.

Ce sont de petites griffures dans ce matin de possibles et de doute, quand le Président Macron s’affiche aux unes, qui hier nous a annoncé une lumière le 11 mai mais qui surtout, la Croix s’en réjouit dans son éditorial, a fait enfin voeu d’égalité: lui qui opposait ceux qui ont réussi à ceux qui ne sont rien, a cité la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789: «Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » Tiendra-t-il cette promesse, se demande le journal? 

Douter, c’est encore espérer.  

Nous avons, Français, du mérite à espérer, quand la planète est un chaos. Il faut lire dans l’opinion la chronique d’Eric le Boucher, et lire avec lui sur le site de la revue Politique internationale un long texte d’un revenant, Dominique Strauss-Kahn: DSK analyse les effets destructeurs de la crise du Covid 19. Le virus, explique-t-il, va remettre en cause les progrès de la mondialisation antérieure, des millions de personnes de la  «classe moyenne émergente»  vont rebasculer vers l'extrême pauvreté, et les confinements scellent des destins.  "L’expérience d'Ebola a montré que la fermeture des écoles se traduit souvent par un abandon définitif de la scolarité, des grossesses non voulues et une éducation sacrifiée pour une génération."

A propos d’Ebola...  L’excellente revue "6 mois", conçue avant la guerre du Covid, mais que vous pouvez devez  acheter en kiosque aujourd’hui, est riche d’un beau reportage sur la république démocratique du Congo où la fièvre Ebola n’est pas retombée, où les cercueils s’accumulent, on se méfie des soignants et des survivants… Le mal ne date pas d’hier.

Dans l’Opinion, Le Boucher croit que le monde peut s’organiser pour éviter le pire, il cite en exemple l’accord sur la baisse de la production du pétrole conclu entre l’OPEP, les Etats-Unis et la Russie,  et il invite l’Amérique à organiser "le nouveau multilatéralisme contre la famine en Afrique". Espérons donc.

Mais en Inde, on fait appel à la magie…

… et le magicien en chef est le Premier ministre, Narendra Modi, qui rassemble son peuple autour de lui dans des cérémonies d’exorcisme… Il y a deux dimanches, raconte le Monde, il a demandé à son pays d’éteindre les lumières électriques et d’allumer à la place des bougies pendant neuf minutes, à neuf heures du matin, quand lui-même parlait pendant ces neuf minutes, ceci afin de chasser les ténèbres du coronavirus, le neuvième jour du confinement… Un villageois qui n’avait pas éteint ses lumières a vu a maison détruite…

Loin de la magie, la science travaille. Le Monde me raconte les chauve-souris d’où nous viennent tant de virus mais il ne faut pas les exterminer par vengeance, au contraire, il faut respecter et étudier ces mammifères volants, des chercheurs s’y emploient, car leur système immunitaire ne part pas en surchauffe contrairement au nôtre, et de leur sagesse génétique peut venir notre salut.

La pharmacie travaille. Le journal suisse Le Temps me promet un vaccin en 2021 mais un remède avant la fin de cette année, prévision de Francesco De Rubertis, patron d’une entreprise de capital risque qui investit dans les bio-technlogies, et qui justement en ce moment n’investit pas, il se méfie des charlatans qui le contactent, il pense que les grands groupes pharmaceutiques ont en eux la puissance pour trouver. 

Basta Mag, site engagé décrit comment "Big Pharma" travaillerait aussi à ce que le Covid 19 finisse en bonne affaire. Est ce rassurant?

Mais en France, trois médecins pensent avoir trouvé un remède.

Denis Gastaldi, Jean-Jacques Erbstein et Olivia Vansteenberghe, trois généralistes de Morhange et Créhange en Moselle et Wormhout, dans le Nord, qui ont conçu un protocole en discutant sur un forum Facebook et en observant leurs malades. 

L’Est républicain en parlait le week-end dernier, le Parisien ce matin, ils se sont inspirés du fameux professeur Raoult mais comme ils n’ont pas droit, simples généralistes, de prescrire de l’hydroxychlorodrine, ils l’ont remplacée par un antibiotique, l’azithromycine, efficace contre l’inflammation du tissus fonctionnel du poumon. Ils y ont ajouté du zinc pour augmenter l'efficacité, du Singulair, utilisé chez asthmatiques, et de l'Héparine à faible dose, pour prévenir les thromboses, les phlébites et les embolies pulmonaires, chez les malades les plus atteints. 

Et leur cocktail, vu de leur cabinet, serait efficace, alors ils le font savoir, pas pour la gloire mais pour leurs confrères généralistes, « on essaie de faire notre boulot le mieux possible.»

L’immense modestie de cette ambition donne une idée de la France. Le Télégramme ,ravi, m’apprends qu’une chef cuisinière américaine, Gabrielle Hamilton a salué dans le New York Times la saveur de nos crêpes bretonnes, qu’elle a découvert un hiver des années 80 en travaillant à la Crêperie des sports à Montauban-de-Bretagne, Ile et Vilaine, où Michel le cuisinier battait la pâte dans des pots en plastique, et son oeuf gruyère râpé jambon avait un gout de noisette. Mme Hamilton  interpelle son pays où la crêpe est un met de luxe que l’on cuit en smoking, pourquoi, se demande-t-elle ,sommes-nous si compliqués?

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