Lorsqu'on passe la frontière du Liban vers la Syrie, on arrive dans ce pays par une quatre-voies sur laquelle, de kilomètres en kilomètres, s'affichent deux portrtait géants, côte à côte : ceux de Hafez el-Assad et de son fils Bachar. Un mort et un vivant... Deux potentats pour le prix d'un... Le père, le fils et un esprit... pas très saint. Les Libanais en sont persuadés : de l'assassinat de l'ex- Premier ministre Rafic Hariri en février dernier à celui du député-journaliste Gebrane Tuéni... En passant par les attentats contre les figures de proue des leaders du printemps de Beyrouth...Derrière ces événements, vers lesquels pointe le spectre d'une guerre civile qui pourrait se rallumer... Il y a la main de Damas... peut-être le chemin le plus court vers la reprise du conflit intercommunautaire. Oh, bien sûr, le rapport d'enquête sur l'assassinat d'Hariri, soumis hier à l'ONU, n'apporte pas de preuve flagrante de l'implication de la Syrie, explique Pierre Rousselin dans "Le Figaro"... Mais il désigne quand même cinq suspects syriens, et en mentionne un sixième, qui ne serait autre que le général Assef Chaquouatte, chef du renseignement militaire et beau-frère de Bachar el-Assad. Les Libanais, eux, ne se posent pas cette question... En témoigne leur journal en francais "L'Orient - Le Jour", qui accuse Damas de l'assassinat de Tuéni... Et dans les colonnes de ce quotidien, aujourd'hui, le leader druze Walid Joumblatt n'y va pas par quatre chemins... En particulier celui de Damas... "Le régime syrien a tué mon père, dit-il... Bachar el-Assad est un malade... Le régime syrien doit tomber". Alors un malade, le Président de la Syrie ? Plutôt une sorte de Saddam Hussein, répond "Libération"... Qui choisit une stratégie de la tension chez son voisin, et une certaine "bunkerisation" contre les pressions internationales... Jusqu'au jour, peut-être, où son peuple finira par le démettre... Pour lui réserver, peut-être, le sort de Saddam Hussein. "France Soir" s'intéresse ce matin à un autre Président arabe... Et la comparaison s'arrête là... Ce chef d'Etat, c'est Abdelaziz Bouteflika, toujours hospitalisé au Val-de-Grâce, à Paris... Depuis 19 jours maintenant... Officiellement opéré d'un ulcère... Mais son état pourrait être plus sérieux, estime "France Soir", qui se pose la question... Serait-il atteint d'un cancer qui ne dit pas son nom ?... On se souvient de Yasser Arafat, écrit Eric Coder... Un cas d'école... Toujours en pleine forme, selon l'hôpital militaire de Percy, à Clamart... Une bonne blague qui aura duré pendant deux longues semaines, pour qu'enfin, son décès soit officialisé. Bref, cet ulcère à l'estomac est peut-être un cancer de l'estomac... D'ailleurs, si ce n'était qu'un ulcère, confirme un urgentiste à "France Soir", Bouteflika serait déjà sorti de l'hôpital. Rumeurs alarmistes, répond le journal algérien "El Watan" qui, toutefois, reste lucide... Expliquant que si les autorités algériennes sont sorties de leur mutisme, c'est bel et bien pour éviter l'ouverture d'un éventuel débat sur la succession de Bouteflika. On connaît l'or noir : le pétrole... L'or blanc : la neige... Et puisqu'on n'est pas à un cliché près, allons-y pour l'or bleu : la mer. Autrement dit, "les atouts maritimes de la France en la matière"... C'est un dossier des "Echos" sur le transport maritime, la construction navale militaire, les produits de la mer, le littoral et les projets divers... Dossier conçu en partenariat avec France Inter... D'ailleurs, ce soir, "Le Téléphone sonne" sera consacré à ce sujet. Et puis toujours, dans l'actualité économique et sociale, cette grève dans le RER... Ligne B, ligne D et système D... Eh oui... Cette grève dure... Et elle est de plus en plus dure... 10 jours de bras-de-fer, comme le titre "Libération"... C'est un peu comme l'automne, cette grève... On l'attendait en novembre, elle arrive en décembre... Et comme le souligne "Libé"... "Ce mouvement est devenu un enjeu national, et les esprits s'échauffent". Les syndicats, la direction de la SNCF, le Président de la République qui a jugé le conflit "disproportionné et incompréhensible"... Tout le monde est en colère... Surtout les usagers, à propos desquels Eric Fottorino, dans "Le Monde", estime qu'il est temps d'employer le mot juste. "Evitons de parler d'otages, écrit notre confrère... Les otages, ils sont en Irak, pas sur les quais de gare. Les 700.000 personnes qui voyagent chaque jour sur les lignes B et D du RER sont simplement des usagers des transports en commun... Ils ne sont pas pris en otage, non... Mais il est vrai que la guerre d'usure menée par les syndicats use d'abord les usagers, leurs nerfs, et leurs souliers. Quant aux propos tenus par Jacques Chirac sur cette grève, ils se sont inscrits dans le cadre de sa rencontre avec 50 lecteurs du "Parisien"... Un événement à la Une de ce même journal, hier... Hier, très fier, "Le Parisien"... C'était effectivement un joli coup, réalisé par ce journal toujours dynamique... Un quotidien qui, sous la plume de Christian de Villeneuve, nous expliquait hier qu'il avait l'ambition d'être "le quotidien de la France exacte". Or, à y regarder de plus près, sur la photo en Une... Sur 50 personnes, il n'y a qu'une dizaine de femmes. La France, manifestement, n'est pas une science exacte. Mais il y a plus gênant encore... Et là, c'est "Le Canard" qui, on le sait, va fourrer son bec un peu partout, et qui nous dit : "Oh, comme elle est belle, cette photo à la Une du 'Parisien' d'hier... A ceci près que le député UMP de Dammarie-les-Lys, en Seine-et-Marne, Claude Mignon, a failli s'étrangler en voyant la photo, car il y a reconnu un citoyen qui possède un casier judiciaire long comme la Seine et la Marne réunies. Le lecteur en question a d'abord été condamné, en 93, pour avoir piqué une bagnole, explique "Le Canard", puis en 97 pour un outrage à agent et cambriolage dans un bâtiment public... Et ce n'est pas tout... En 99, il s'est à nouveau retrouvé devant le tribunal pour trafic de stup... En en 2000, enfin, il a clôturé son palmarès par une condamnation pour des violences volontaires. Alors, il paraît que le député Mignon a prévenu illico l'Elysée... Panique au château où, après vérification, on s'est aperçu qu'il ne s'agissait pas d'un cas isolé. "Défense de rire !", nous dit "Le Canard"... Parmi les lecteurs invités, on trouve aussi une femme condamnée en 2002 pour recel, et une autre poursuivie pour le même motif en 91... Sans compter 4 autres qui ont eu des soucis avec la justice dans les années 90 pour vol, port d'arme, incendie volontaire et autres menaces. Comme le dit "Le Canard", sous le titre "La photo matons de Chirac"... Le Président, entouré de plusieurs repris de justice, entre guillemets, ça fait désordre. Mais "Le Parisien" est resté fidèle à son credo de la "France exacte"... En envoyant à l'Elysée une vraie représentation de la diversité et de la richesse de la population française. "Repris de justice"... Justice reprise... Dans la série "Acquitté, levez-vous !"... Outreau, bien sûr, avec aujourd'hui la première réunion de la commission d'enquête consacrée à cette affaire, qui est devenue l'affaire d'une justice à la dérive... Mais souvenons-nous d'une autre victime de la justice... Victime individuelle, dans l'indifférence générale... Un certain Patrick Dils qui, lui aussi, a pris le chemin inique qui mène de la prison à la liberté... Oui, 15 ans de prison, pour être finalement blanchi en avril 2002... Alors il s'exprime aujourd'hui, dans "VSD", sur le cas Outreau... Et il rappelle, non sans raison, que lui, il n'a jamais reçu d'excuses. Il confie aussi ses difficultés à redevenir Monsieur Tout-le-Monde, son objectif, son obsession depuis sa sortie de prison... Mais le jeune homme est raisonnable... Lucide, en tout cas... Il dit : "Mon nom fait partie de l'histoire judiciaire, et l'histoire fait partie de mon nom... C'est ainsi... Je ne peux rien changer". Aujourd'hui, Patrick Dils est magasinier-carriste... Il vit quelque part dans le Doubs... Dans une maison, qu'il vient de s'acheter avec les indemnités que la justice lui a versées. Oui, avec les Cahiers du même nom, et un numéro passionnant avec Michel Piccoli, rédacteur en chef... Red'chef de circonstance... Disons que la moitié du magazine lui est consacrée. Jean-Michel Frodon, bonjour... Vous, vous dirigez, en vrai, la rédaction des "Cahiers du Cinéma"... Vous avez donc donné carte blanche à Michel Piccoli... Qu'est-ce qui fait que votre choix s'est porté sur lui ?... Qu'avez-vous découvert de lui ?... Et puis dans l'autre mensuel cinéma, "Première", un dossier rafraîchissant... Enfin, c'est la tendance qui est rafraîchissante : que ce soit aux Etats-Unis, en France ou en Italie, on assiste à un retour en force du cinéma politique... Les exemples foisonnent... A l'image du film que prépare Lionel Delplanque, intitulé "Président", où le cinéaste s'inspire de tous les Présidents de la 5ème... Côté coulisses... "Mon propos, dit le cinéaste, c'est de montrer l'envers du décor, et l'importance de la com, qui constitue l'essentiel de la politique d'aujourd'hui... A lire "Le Parisien", effectivement, on avait cru comprendre...

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