Froome, quatre fois vainqueur du Tour de France, a été contrôlé positif sur le tour d'Espagne en septembre dernier, c'était un scoop du Guardian et du Monde hier...

Et c'est la Une de La Provence,  c'est la une du Télégramme, c'est évidemment la Une de l'Equipe... Froome a été contrôlé au Salbutanol, c'est  la ventoline des asthmatiques, et son usage est donc accepté dans le peloton, "Froome tousse à l'arrivée des courses" dit la Provence, mais ses analyses sont au-delà des limites , il va falloir s'expliquer...  

La colère est à l'aune du désarroi du vélo, une nouvelle foi sali...  Froume peut-il tomber comme Lance Armstrong, demande le Figaro... On cherche des explications on apprend en lisant l'équipe que l'asthme est le mal du siècle pour les champions en plein air... Cyclistes et skieurs de fond... mais cela ne suffit pas à Marc Madiot... 

Dans le parisien, il rage:  « Il ne faut plus de malades comme froume dans le peloton... »  Froome aurait quitté le tour d’Espagne, « ça n'aurait pas été la fin du monde »... A la place on a cette affaire qui ranime le « tous dopés »...

On parle de politique aussi et de rapport de force... la Une de l'équipe est un jeu de mot... « Le ciel tombe sur Froome », un jeu de mot sur son équipe, Sky... La formation britannique toute puissante, financée par la télé des Murdoch; où les cyclistes seraient suivis par des psychiatres, bordés dans des couettes hypoallergéniques, pour être les meilleurs sans avoir besoin du dopage.. Le mythe s'est écorné...

Mais il reste la puissance. 

On comprend en lisant l'équipe que l'enquête des autorités sportives sur Froome risque d'être bienveillante... par peur d'un procès que Sky pourrait faire  au monde cycliste...

On parle de Laurent Wauquiez ce matin

Et on en parle avec un très joli mot qui vaut mieux qu'une formule, c'est dans le Point, signé Said Mahrane,

Désormais il va lui falloir être à la hauteur de la haine qu'il inspire

Mahrane regrette le nouveau patron de la droite... Wauquiez, agrégé d'histoire énarque, normalien, « devrait manier la nuance, user d'un vocabulaire digne de son rang », mais il a choisi de toucher les tripes.. 

Et Le Point oppose à Wauquiez un inconnu, qui ne l’est donc plus… Jean Spiri, normalien et élu LR de courbevoie, pour qui la droite doit sortir de son obsession de la France périphérique pour retrouver le libéralisme, le ciel bleu, le libéralisme et Raymond Aron ! 

Wauquiez, lui, est à la Une d'un grand journal populaire, le Parisien, pour ce must du journal, la rencontre avec des lecteurs... Et ce sont les questions qui nous frappent d'abord...  

"Vous pensez que c'est avec votre image droitière et clivante que vous allez vous faire aimer", « qui êtes vous, un arriviste", "vous représentez une élite sociale, en quoi êtes-vous légitime pour parler à cette France des oubliés" ?  

A la Une, le Parisien affiche une belle phrase de Wauquiez, "je ne suis pas là pour plaire"...  Mais hélas, Wauquiez, en vrai, a dit ceci : "Je ne suis pas là pour plaire. Je ne suis pas là pour faire plaisir au petit milieu médiatique."  Aie, c'est à nous qu'il ne veut pas plaire Léa, pas aux électeurs...

On reste avec un flottement... et Laurent Wauquiez inspire le doute... Dans le Monde vous lirez un reportage très fin, très dur en filigrane, sur la Haute-Loire, le département de Wauiez, et les enjeux politiques autour de l’histoire… Du sauvetage des juifs dans des villages protestants jusqu'aux guerres de religions bientôt célébrées dans un puy du fou local au parfum ultra catholique…

Il ne s’agit plus d'entendre les classe populaires abandonnées ou les oubliées de la mondialisation...

Ce sentiment d'abandon est dans les journaux

On le lit aussi bien à droite qu'à gauche... 

Libération qui consacre trois pages aux centre-villes abandonnés des petits villes de province, et se demande s'il ne faut pas interdire les grandes zones commerciales... Le vote front national augmente quand le boucher ferme...

L'Humanité accompagne les manifestants venus s'opposer çà Edouard Philippe, en séjour de travail dans le Lot... "On peut faire 25 kilomètres sans croiser une présence de l'Etat" disent-ils.

Le figaro va interviewer Christophe Guilluy, l'essayiste de la France périphérique...

C'est un champ culturel commun... 

Mais il est des colères toutes simples...

A la Une de l'est républicain... On voit Brigitte Bardot. Elle veut sauver un troupeau de bovin découvert dans un état d'abandon, à Saint Vit, dans le Doubs...  350 vaches squelettiques, soupçonnées de maladie... Le troupeau va être euthanasié, la préfecture consent à confier à Bardot une cinquantaine de vaches, elle voudrait les sauver toutes... 

Il y a des colères qu'on ne résume pas politiquement...

Et un intellectuel méconnu est dans Libération 

Qui était un homme en colère et un homme qui riait, et un homme qui aimait la musique et la pensée complexe, et un homme que la France n'a pas encore vraiment découvert... Libération consacre quatre pages à Edward Said, qui était palestinien et américain, il a réinventé et déconstruit l'orientalisme, cette science de l'orient vu par l'occident...  Il a inversé le regard et la perspective... un livre le raconte, « Edward Said, le roman de la pensée », de l'écrivaine Dominique Eddé, elle parle d'histoire, et de doute et de deuil. S'il ne faut lire qu'un article et qu'un livre, pour comprendre nos folies... 

  

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