Les Echos racontent Patrick Pouyanné, patron de Total, surhomme que prouvent des anecdotes; mais grand pollueur que Bize-Minervois défie dans l'Indépendant. Le général de Villiers tente Marianne,. L'Equipe salue les jeunes morts du rugby et son ami d'Israel Noah Klieger, qui aimait le basket et était sorti d'Auschwitz

Jonathan Jeanne quand il jouait pour l'équipe de Nancy en 2016
Jonathan Jeanne quand il jouait pour l'équipe de Nancy en 2016 © Getty / Anthony Dibon

On nous parle d'un patron ce matin...  

Et un patron de taille XXL disent les Echos, dans leur magazine, à propos de Patrick Pouyanné, qui est le patron de Total et qui mesure 1m91 et qui en juin dernier avait le dos bloqué à force de travail d'une mauvaise chute au tennis, et il fallait qu'il emprunte un monte-charge à Vienne, pour rejoindre serrant les dents le diner de gala de l'Opep. Patrick Pouyanné, un patron raconté comme souvent on raconte les puissants, un surhomme que prouvent des anecdotes, on nous parle de son souci du détail, jusqu'à la qualité de la mayonnaise du sandwich au thon de la réunion investisseurs, ses copains de Polytechnique surnommaient "Pougnax", la pougne désignant chez les X, "un travailleur obsessionnel", on nous dit aussi ses colères qu'il cherche à tempérer et qui inquiétaient son mentor, Christophe de Margerie, qui en avait fait son dauphin avant de mourir dans un accident d'avion.   

Un patron donc qui nous capte ce matin parce que cette mise en avant d'un homme puissant raconte aussi la crise en France, quand ceux qui se sont mis à exister en bloquant des routes, "la France des oubliés", titre du Un cette semaine, se demandent s'il faut continuer. Dans cette crise, Total est de ces entreprises qui soutiennent le pouvoir d'achat: 1500 euros de prime par salarié en France, mais il s'agit moins d'aider Emmanuel Macron, je lis cela dans l'Usine nouvelle, que "de remercier sur la place publique les salariés du groupe" qui ont accepté un plan d'austérité en 2013, quand le cours du pétrole plongeait. Voilà une leçon. Je lis aussi, sur le site des Echos, que Total s'engage à ne plus fermer de stations services en France, pour soutenir les zones rurales, donc  au rendez-vous de la France périphérique...  

Mais dans l'Indépendant, je lis le maire de Bize-Minervois, 1200 habitants, village de l'Aude "accablé par les crues, les inondations", qui menace le géant Total, d'aller en justice s'il ne prend pas en compte le risque climatique... Car Total est le 19e rang plus grand pollueur du monde, ses émissions de gaz a effet de serre représentent, à elles seules, plus des deux tiers de l'ensemble des émissions de la France.  Et tout change alors et notre perspective. "Cop 24, démission planétaire sur le climat" titrent les Echos en Une, et le journal s'indigne, tout en célébrant, ailleurs le sublime et pollueur Pouyanné? L'envie de grands hommes nourrit nos contradictions.   

Le général de Villiers est dans Marianne... 

Et encore l'envie de grands hommes! Ici donc ce général qu'un leader gilet jaune voudrait voir au pouvoir, Marianne lui tend la perche, il ne la saisit pas, Pierre de Villiers, mais en même temps, il développe, c'est l'objet du livre qu'il sort, une conception du chef qui s'inspire de ses hommes: à Saint-Cyr, les plus forts ne doivent pas courir devant mais rester derrière à aider les plus faibles, qui seront utiles autrement, et il y a dans cet homme, qui célèbre aussi le drapeau pour lequel on peut mourir, une forme de tentation... Ou est ce un vertige? 

Sommes nous perdus, politiquement, socialement? Le pays a soif de démocratie dit l'Humanité, "le dialogue acte 1" doit s'engager dit la Croix, qui ouvre sur la grande concertation voulue par le pouvoir... L'Humanité et la Croix n'affichent pas à leur une la mort de l'assassin de Strasbourg, qui éclipse même en une de Sud-Ouest la fermeture annoncée de l'usine Ford de Blanquefort. Par ce ratage ils semblent plus pertinents sur une France fracturée? Dans Slate, un haut-fonctionnaire du ministère des Finances analyse l'incompréhension de la sphère du pouvoir devant les gilets jaunes. "Je peux mesurer quotidiennement à quel point notre propre pays inspire un sentiment d’étrangeté à nombre de ceux qui le dirigent". Dans le Parisien, on s'émeut de l'émotion, ces jours-ci, des Macron.   

Le mal n'est pas que français. Society est allé voir le grand journaliste Ben Bradlee, qui raconte un coin d'Amérique qui s'est donné a Trump, et le journal se souvient de cette critique d'art qui dans les années 70, ne connaissait qu'une personne ayant voté Nixon.  Dans Harpers magazine, notre Michel Houellebecq dit du bien de Donald Trump d'un ton paresseux et grinçant. C'est une distraction esthétique, on y a droit aussi.   

Un jeune rugbyman mort à 18 ans est dans l'Equipe... 

Il s'appelait Nicolas Chauvin, espoir du Stade français, "un brillant étudiant et un mec en or", il est mort mercredi, trois jours après avoir été plaqué brutalement dans un match à Bègles et il rejoint Adrien Descrulhes, 17 ans, et Louis Fajfrowski, 21 ans,  rugbymen morts comme lui cette année des chocs que l'on subit dans un sport où les joueurs prennent en masse et en danger, c'est aussi le dossier du Parisien, qui dit "plus jamais ça", oui mais comment. 

Dans le Monde,  superbe papier, un garçon qui a l'age de ces jeunes rugbymen disparus. Jonathan Jeanne, guadeloupéen de 2 mètres 17, joue au basket au risque de mourir. Il avait été recruté pour devenir professionnel en NBA, quand les médecins lui ont découvert le syndrome de Marfan... Une mutation génétique qui rend les tissus du corps plus élastiques, y compris la paroi de l'aorte, qui peut se dilater et rompre en cas d'effort violent, et le basket est alors un trop gros risque. Mais Jonathan "au corps de libellule", a repris son sport en deuxième division espagnole, aux Baléares, il prend des bêta-bloquants et dit qu'il ne faut pas penser au drame. "La vie est un combat : soit tu perds, soit tu gagnes. »  Il a 21 ans.  

Noah Klieger aimait le basket, il y avait joué, et l'avait souvent raconté. Il est mort à plus de 90 ans, il était correspondant en Israel de l'Equipe qui lui rend hommage ce matin; Noah Klieger sans doute aurait aimé Jonathan Janne car il avait comme lui traversé un enfer, déporté à Auschwitz où il avait survécu en faisant de la boxe, il écrivait sur le sport et racontait sa jeunesse, témoin de l'horreur et amant de la vie, "lehaim" lui dit l'Equipe. Noah Kiieger, tiens, venait de strasbourg qui va aussi revivre.

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