Le Monde, Libération, l'Obs, le Guardian racontent de belles histoires sur un espion devenu romancier, et dont la traductrice Mimi Perrin, Vanity Fair s'en souvient, avant été grande chanteuse de jazz. L'Equipe raconte les couples de navigateurs solitaires qu'un sauvetage en mer unit pour le meilleur. .

On parle de couples! 

Qui se sont formés au hasard d'un naufrage et quel meilleur départ que sauver l'autre pour s'aimer, il faut lire dans l'Equipe ce papier frémissant signé Stefan L'Hermitte, des histoires de navigateurs solitaires qui chavirent sur le chemin et un autre navigateur se déroute et recueille le malheureux et ensuite on vit ensemble sur un bateau des "moments d'exception humaine"...  Le mot est d'Isabelle Autissier qui en février 1999 fut récupérée, sa coque retournée , par un italien taiseux Giovani Soldini qui déboucha aussitôt une des onze bouteilles de rouge qu'il avait emportées   et puis d'autres... Trois ans plus tôt, en 1996, l'anglais Pete Goss avait renoncé à la course et avancé au moteur à travers une tempête pour récupérer Raphael Dinelli qui se tenait à un reste de mat en position foetale… Goss chavira deux fois lui-même avant d'atteindre Dinelli, "voir sa petite tête a été le plus cadeau de ma vie" et puis ayant hissé à bord un homme qui ne l'était déjà presque plus, Goss réchauffa un corps nécrosé, brulé, frigorifié et après quatre jours, Dinelli réussit à parler, et quelques jours encore, Goss porta Dinelli devant l'ordinateur du bateau et l'aida à tapoter une demande en mariage à sa chérie Virginie, le sauveur fut le témoin des mariés... En 2009, Jean Le Cam qui s'était lové sous sa coque retournée se glissa hors de sa cachette, les pieds en avant, avant de monter sur le bateau de Vincent Riou qui l'avait secouru, et ce fut comme un accouchement, onze ans plus tard, on vient de le vivre,  Le Cam sauvait Kevin Escoffier, qu'il a remis l'autre jours aux bons soins de la Marine nationale et depuis Kevin lui manque..   Dans l'Equipe encore, on vous raconte d'autres couples de belle parole, c'est le début d'une série sur les consultants, ces ci-devant champions mobilisés près de nous journalistes pour mieux vous faire vivre les exploits sportifs, entendrez comment en 1969 le grand patron d'Europe numéro 1 comme on disait alors, Maurice Siegel alla chercher dans sa jeune retraite l'ancien demi d'ouverture du XV de France Pierre Albaladejo pour l'accoupler à Emile Toulouse puis à Roger Couderc. Les journalistes sportifs furent d'abord réticents puis nous nous sommes habitués, comment se passer désormais  chez nous de Lizarazu....   

Mais on en pense aussi à un autre couple...  

Que formaient un immense romancier et sa non moins immense traductrice... Mimi Perrin était devenue en 1989 la traductrice en français de John le Carré, son premier opus avait été "la maison Russie", Mimi travaillait -en couple décidément- avec sa fille Isabelle, elle prenait des libertés avec le texte original pour mieux en rendre la musique, elle avait ce don... Comment s'en étonner....  MUSIQUE  Car Mimi Perrin avant de faire swinguer les mots avait été une grande chanteuse dans un ensemble de jazz vocal nommé Double six! Une véritable star dont la vie magnifique a été racontée par Vanity Fair  il y a quatre ans... Le Carré avait rencontré deux fois sa traductrice qui ne lui avait rien dit de son passé .. Quand elle disparut,  novembre 2010,  le Carré se sentit tout petit et écrivit un joli texte. "On éprouve à la fois du plaisir et de la gêne lorsqu'on découvre trop tard les talents cachés d'un être que l'on a profondément respecté mais jamais vraiment bien connu."  Dix ans après, maintenant que John le Carré nous a quitté, les voilà donc réunis s'il est un au-delà au delà de nos musiques intime.  Il faut aller ce matin sur les sites du Monde -un beau portrait signé Franck Nouchi- de Libération, du Figaro, portrait signé François Rivière... Et aussi de l'Obs qui remet en ligne une interview flamboyante avec Le Carré vieille de 7 ans, où le romancier racontait son réveillon drolatique avec le palestinien Yasser Arafat, dont la barbe sentait le talc pour bébé! Et enfin le site du Guardian -si l'anglais ne vous rebute pas... Vous y lirez des histoires sur un romancier, de son vrai nom David Cornwell, qui dès son enfance s'était senti tel un espion... "J'ai toujours eu l'impression d'être né en territoire ennemi". Sa mère avait fui le foyer quand il avait cinq ans, son père marchait "sur la glace la plus fine", un escroc flamboyant qui invitait les policiers venus l'arrêter le jour de son mariage, à participer avant aux agapes...  David Cornwell était devenu espion quand d'autres espions, un couple, forcément, entreprirent ce jeune homme triste qui étudiait l'allemand à Berne et était allé s'oublier dans une église, et il fut convaincu que le patriotisme et le secret seraient des remèdes à la mélancolie..   Il fut espion, il devint écrivain, un jour de modestie anglaise, il  avait dit de lui-même "j'aimerais qu'on se souvienne de moi comme d'un bon conteur qui aura vécu les passions de son temps". Le Carré aurait aimé cette pique affectueuse de son lecteur Philippe Lançon, dans un article publié au printemps dernier et que Libération a mis en ligne, c'était une critique de son dernier livre: "Retour de service"...   "Les portraits de Le Carré sont comme des meubles de style achetés chez l’antiquaire, précis, lourds et confortables. On s’installe dedans comme dans du cuir qui grince, un verre de vieux whisky à la main, on regarde les clichés fondre dans l’alcool de soixante ans d’âge, fondre sans le diluer."  Sirotons alors, un peu loin de l'actualité, pas trop loin quand même? En nous souvenant que le Carré portait un regard triste sur l'évolution du monde et de son pays, qui était sa nourriture profonde mais dont il s'était éloigné avait-il reconnu après le Brexit... On pense à le Carré lisant  dans le Figaro les palinodies de Boris Johnson...   

On parle enfin d'un procès...  

Qui commence aujourd'hui à Toulouse, d'un homme qui en 2017 à Toulouse qui a tué une jeune fille qu'il ne connaissait pas, il était encore soumis à un contrôle judiciaire pour le meurtre d'une autre femme commis à Marseille en 2004. L'affaire fait les Unes de la Provence et de la Dépêche mais ces unes ne nous parlent pas du meurtre que l'on va juger mais d'une vieille histoire, celle d'un autre meurtre atroce et peut-être d'une erreur judicaire, l'affaire du pullover rouge, ce vêtement qui avait fait condamner à mort un jeune homme nommé Christian Reanucci pour l'assassinat d'une fillette, Marie-Dolores Rambla, tuée en 1974 à Marseille. Le petit frère de Maire-Dolores, Jean-Baptiste Rambla, assista à son enlèvement, il est devenu ce meurtrier que l'on juge aujourd'hui, et dont l'histoire tragique semble occulter  l'horreur même de ses crimes... Et curieusement, dans son éditorial et ses pages intérieures, la Dépêche dément sa Une et se tourne vers Cintia qui avait 21 ans et la vie devant elle, et se tourne vers Maria et Alberto Lunimbu qui ont perdu leur fille unique,  qu'un monstre disent-ils un démon, Satan, a tuée...  "Il ne faut surtout pas venir me raconter l’histoire de sa sœur", dit la maman de Cintia, les amies de Cintia ne disent rien d'autre,   Nous la racontons pourtant cette histoire, une bonne histoire qui fait trembler, parfois notre métier est d'une étrangeté,
 

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