saint valentin, fillon le désamour, le feu en banlieue?

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Revue de presse de baisers, de flamme et de retour de flammes

Allez, c’est une fois par an, mais on commence par les baisers. 2000 messages d’amour à retrouver dans la Voix du Nord. De Victor à Charlène, de Luc à Rita et bien sûr de Valentine à Valentin pour célébrer la fête du même nom. Message lapidaire, « j’aime ta tête », à la déclaration d’Amour qui rime avec toujours « ma zézette, 53 ans que je t’ai trouvée, ton homme qui t’aime pour la vie ». Beaucoup de vos journaux régionaux déclinent ce marronnier de presse à leur Une, « l’amour en quelques clics » pour L’Ardennais, « Coup de foudre à la maison de retraite » raconte la Nouvelle République, quand Paris-Normandie s’interroge sur le dilemme du soir « Saint Valentin ou PSG-Barça ? ». Les Echos, qui ont du se creuser les méninges pour se demander que faire sur le sujet, ben oui c’est sérieux les Echos, ont trouvé : « Comment entreprendre, en couple ? » Risqué, expliquent-ils de monter sa petite entreprise à 2, le conseil essentiel étant de prévoir à l’avance sa séparation ! Pas glamour mais économiquement salvateur. Enfin, Aujourd’hui en France/le Parisien vous propose le top-flop des musiques de l’amour. Marvin Gay, « Let’s get it on » indétrônable depuis 1982 pour faire monter parait-il la température…Température qui semble rester polaire au Japon en toute circonstance. Le britannique Guardian profite de la Saint Valentin pour revenir sur une étude qui montre que les couples nippons sont de plus en plus nombreux à ne plus pratiquer aucune activité sexuelle. La moitié des couples interrogés n’a pas fait l’amour depuis un mois, et ne s’attend guère à ce que ça change dans un « futur proche ». Une perte générale de libido qui s’explique par un harassement au travail, et qui inquiète beaucoup les autorités japonaises. Le taux de fécondité japonais est très faible, très loin du taux de renouvellement des générations. D’ailleurs le Japon, 127 millions d’habitants aujourd’hui pourrait voir sa population tomber à 86 millions dans 40 ans. Saint Valentin ou pas…il serait temps de s’y mettre

Retour de flammes également dans la presse ce matin

La Courrier Picard joue en effet la contre programmation pour la Saint Valentin, en affichant à sa Une « Le désamour Fillon ». Le Monde raconte par le menu la campagne impossible, « engluée » de François Fillon. Les opposants qui s’invitent, parfois avec des casseroles, à chacun de ses déplacements, les élus réticents à l’inviter dans leur circonscription comme à Limoges ou à Clermont Ferrand chez le très sarkozyste Brice Hortefeux. « L’organisation des déplacements du candidat comme des meetings devient un véritable casse-tête » raconte Mathieu Goar, le but est d’éviter tout contact direct avec la population. Résultat le candidat ne fait plus campagne qu’en milieu fermé, dans les entreprises par exemple. Ce matin, le lieu aura beau être fermé, à la presse en tout cas, l’ambiance ne devrait guère y être plus détendue. Jean-baptiste Garat dans le Figaro raconte comment le candidat, à peine débarqué de la Réunion, va devoir faire face aux députés Les Républicains, à 11h à l’assemblée nationale. Hier soir, une petite vingtaine d’élus a participé à un dîner, baptisé diner des conjurés, élus qui s’inquiètent tout simplement de voir leur candidat absent du second tour, et qui réclament désormais une « solution politique à l’avenir de François Fillon » disent-ils. Ils ont concocté hier une déclaration, co signée par une quarantaine d’élus, déclaration qui devrait se conclure par une question posée au candidat. Dans Libération, Alain Auffray la résume en citant un député Lr qui a passé le week-end dans sa circonscription à entendre des horreurs sur le compte du candidat à la sortie de la messe, « maintenant, on fait quoi ? on se bouge ou on va dans le mur en klaxonnant ? ». Question posée donc, peu ou prou dans ces termes-là, ce matin au candidat

On passe enfin aux « flammes » que vous évoquiez en début de revue de presse Hélène

« Banlieues, comment éteindre le feu », s’interroge ce matin le Parisien à sa Une. En Seine Saint-Denis, pour les seules nuits du 7 au 11 février, les services de police ont comptabilisé 200 voitures brûlées, 160 conteneurs brûlés, une soixantaine de jets de projectiles et une quarantaine de tirs de mortiers pour un total de 108 interpellations. Faut-il voir dans cette liste les prémisses d’un embrasement des banlieues comme lors des grandes émeutes de 2005 ? » s’interroge Jean Michel Décugis.

Nicolas Beytout dans l’Opinion, relaie les critiques de l’opposition, et se réjouit d’avoir enfin retrouvé hier, la trace du ministre de l’Intérieur, Bruno le Roux qui a fini par lancer un appel au calme jugé « tardif ». Le Figaro recense la façon dont les candidats de tous bords montent, ou pas au créneau de l’insécurité. Hamon/Mélenchon/ Macron plutôt hors-jeu sur la question explique un politologue, soit qu’ils n’ont jamais fait leurs preuves sur le sujet, soit qu’ils n’incarnent pas l’autorité comme Macron, le candidat les républicains François Fillon, inaudible lui, pour les raisons sus citées, reste… devenez qui ? vous le savez depuis que vous avez entendu Thomas Legrand à 7H45 : Marine le Pen évidemment. Ce qui rappelle à Stéphane Dupont dans les Echos, une autre campagne présidentielle. « 2017 dit il, ressemble de plus en plus fortement à 2002. Les affaires qui plombent la campagne de Fillon, comme elles avaient éclaboussé celle de Jacques Chirac à l’époque, les violences dans les banlieues avec son lot de récupérations politiques en tous genres, quand 2002 s’était focalisée sur l’agression de Papy Voise… » Autres protagonistes, même résultat attendu ? Pas question de jouer les pythies. Mais plusieurs éditorialistes comme Hubert Coudurier dans le Télégramme, s’inquiètent de « voir Marine le Pen cocher toutes les cases d’une progression fulgurante sur fond d’impuissance gouvernementale », quand d’autres, Philippe Marcacci dans L’Est républicain déplore « que cette brutale arrestation renvoie la république à ses lacunes, celles d’une société figée depuis 2005 », Laurent Bodin dans l’Alsace s’alarme lui de la « fracture française » « 2 franges de la France s’opposent écrit il, l’une défie une police en laquelle elle n’a pas confiance quand l’autre par réaction la défend aveuglément. Cette fracture est un non-sens dans une société, elle est même dangereuse dans un pays démocratique » conclut il.

Société fracturée, 2 articles à lire sur le sujet ce matin…

L’un dans Ouest France, sur « le quartier de Louisa qui n’attend plus rien de la politique », l’autre dans Libération sur une expérimentation pour tenter d’imposer la mixité scolaire

Louisa Battoy, ça n’a même pas l’air d’être un pseudo, est la cheville ouvrière de l’association « casse ta routine » qui œuvre dans les quartiers nord de Nantes, une mère qui se mobilise au jour le jour pour éviter l’embrasement dans cette banlieue, bcp d’autres mères le font ailleurs… Ouest-France l’a suivie dans le cadre de sa couverture présidentielle, donner la parole aux électeurs. Ce que le journal a recueilli, c’est l’éloignement des habitants de ces quartiers vis-à-vis des politiques. « Ici, certains croient encore que Chirac est candidat » plaisante un jeune, un autre s’emporte de « tout ce bla bla » dit il de ceux qui ne savent rien résoudre quand lui doit juste nourrir sa famille. Paroles connues de tous, mais sont-elles vraiment entendues ? Louisa demande au prochain président de la république de se recentrer sur les priorités, « emploi, santé, sécurité ». Avec le reste, dit elle, on nous balade

Et puis cet article de Marie Piquemal dans Libé donc sur cette expérimentation à la Reynerie à Toulouse, détruire d’ici la rentrée prochaine le collège de ce quartier pauvre de Toulouse, pour envoyer les enfants ailleurs, on ne sait pas très bien où encore. Afin d’échapper à leur ghetto, au manque d’ambition que ce quartier leur imposerait par manque de diversité culturelle. Article passionnant, non binaire, il y a ceux qui veulent croire à cette exfiltration des enfants pour leur redonner une chance, et ceux qui s’insurgent de l’abandon de la République, « ce n’est pas un banc que vous déplacez dit une mère, c’est mon enfant, ma vie ». Comment réduire les fractures de la société française, c’est l’intérêt de toute campagne présidentielle, d’au moins, entendre et se poser les questions.

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