Bonjour... Locales ou nationales ?... Et voilà les élections municipales !... Comme si on était déjà en mars... "C'est reparti pour deux tours", soupire Libération... A moins que le journal ne s'en réjouisse... Libération constate que l'UMP et le PS veulent faire du scrutin un test national... alors qu'il publie un sondage LH2 montrant que près de 8 Français sur 10 (79% exactement) privilégient les enjeux locaux... Ce que Francis Brochet, dans Le Progrès, traduit : "Les municipales seront à la fois locales et globales... autrement dit glocales, comme toute élection... Il faudrait cesser de prendre les enfants du Bon Dieu pour des canards sauvages (bonjour Audiard), et les enfants du suffrage pour des borgnes à courte vue : nous voterons avec un oeil sur notre commune et l'autre oeil sur la France et au-delà... Nous savons bien que notre qualité de vie, par exemple, dépend certes des espaces verts aménagés par le maire, mais aussi des lois votées par le Parlement, et même de conventions internationales comme le protocole de Kyoto"... "Politiques, les élections municipales ?", reprend Gilles Dauxerre dans La Provence... "Oui, au sens propre, noble et originel du terme, puisque la politique c'est justement la vie de la cité... Politiciennes, les élections municipales ?... Aussi, bien sûr, reconnaît Gilles Dauxerre, tant les enjeux locaux sont souvent balayés par des enjeux nationaux"... C'est d'ailleurs le titre de l'éditorial de Paul-Henri du Limbert, dans Le Figaro : "Elections municipales, enjeu national"... "Et c'est ainsi, se désole Sophie Bloch dans Paris-Normandie, que, de droite à gauche, du nord au sud, tous les ténors vont s'en aller soutenir leur poulain en lice... Comme d'habitude, et vraisemblablement pire que d'habitude, aucune grande ville ne va échapper au détournement de ses véritables difficultés au profit de celles de la nation... Cependant, objecte Sophie Bloch, Sarkozy aura beau faire son hyper-maire et l'opposition se rêver hyper-opposante, existent en France près de 36.800 communes... ce qui est hyper-beaucoup, et devrait en laisser quelques-unes à l'abri"... Oui, "36.000 communes, 36.000 enjeux locaux... C'est peut-être beaucoup", lui répond Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro... "Certes, il y a des villes qui votent à gauche aux élections locales, à droite aux élections nationales, et le contraire... et de toutes petites communes où, avant d'être de gauche ou de droite, on est d'abord pour ou contre la réfection du clocher ou l'émondage des tilleuls... Mais en déduire que les élections municipales sont illisibles politiquement, c'est évidemment abuser"... Et l'éditorialiste du Figaro poursuit : "Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal le savent bien... Et 8 mois après leur duel présidentiel, les voilà qui se harnachent pour un nouveau combat... C'est le même, c'est la même, ils sont prêts"... "Le plus drôle, note Jacques Camus dans La République du Centre, c'est que, ni dans la famille politique de Nicolas Sarkozy, ni dans celle de Ségolène Royal, on apprécie vraiment cette personnalisation à deux têtes des élections municipales"... D'ailleurs, selon Olivier Picard, des Dernières Nouvelles d'Alsace, "le Premier ministre a un peu de mal à masquer son désaccord avec le Président sur l'opportunité de faire des municipales un scrutin national... Assurément, comme un grand nombre d'élus de la majorité, il semble trouver que c'est une mauvaise idée... Pourquoi vouloir détourner le sens purement local d'un scrutin de proximité ?... Quelle légitimité l'homme de l'Elysée peut-il y trouver ?"... "Pour deux raisons", répond Jorge d'Hulst dans Libération Champagne... "La première, parce qu'il ne se voit pas suivre ces élections en spectateur... la deuxième, parce qu'il a retenu la leçon des régionales de 2004... La droite n'avait pas fait vraiment campagne, voulant leur conserver leur dimension locale... Nicolas Sarkozy a toujours considéré qu'il s'était agi d'une erreur, puisque la gauche détient aujourd'hui 20 régions sur 22"... "Alors chef de l'Etat ou chef de campagne ?", interroge Michel Vagner, de L'Est Républicain... "Nicolas Sarkozy aurait peut-être dû attendre les sondages, lui qui en est si friand, avant de se lancer tête baissée... Le Président de la République en première ligne : on sait désormais comment l'évaluer"... "Sarkozy n'a rien à gagner dans cette bataille, estime Jacques Camus, surtout si l'on se souvient que le vote urbain lui avait souvent été chichement accordé en mai dernier"... "D'autant, reprend Jorge d'Hulst, qu'il est toujours délicat, pour une majorité en place, de remporter les scrutins intermédiaires"... Comme le résume Jean-Luc Evin dans Ouest-France, "la politique nationale de rupture et d'ouverture du Président de la République saura-t-elle contrer le socialisme municipal ?... Mars 2008 peut-il corriger mai 2007 ?... C'est la double question posée avant ce retour aux urnes"... Locales ou nationales, les interventions des ministres ce matin dans vos journaux ?... A vous de juger... C'est d'abord Michèle Alliot-Marie, qui, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, annonce le retour des policiers dans les quartiers... La ministre de l'Intérieur veut créer un pacte de confiance entre la police et la population... Mais quand le journal lui demande si c'est le retour de la police de proximité ou de l'îlotage, elle élude... "Ce qui compte, ce n'est pas le nom, c'est le contenu", dit-elle, se souvenant sans doute de la désapprobation de son prédécesseur Place Beauvau pour la police de proximité... "Je ne veux pas d'une fausse proximité, ni d'une police qui joue le rôle des associations, dit Michèle Alliot-Marie... Je veux une police qui soit proche des gens"... Expérimentation menée d'abord en Seine-Saint-Denis, et qui pourra ensuite être étendue au reste du pays... Ce qui n'empêche pas Le Parisien de titrer : "22, revoilà les îlotiers"... Autre ministre qui décoiffe : Christine Boutin, dans La Croix... Elle tacle plutôt durement son ancienne copine Fadela Amara... "Je ne crois pas en un plan banlieue, dit Christine Boutin, mais en une autre politique de la ville"... Et la ministre du Logement et de la Ville d'expliquer : "On ne résoudra pas les problèmes des quartiers par un énième plan qui se résumerait à leur donner encore plus de moyens"... Et Christine Boutin prêche par l'exemple : "Je suis allée, dit-elle, sans tambours ni trompettes rencontrer le maire de Villiers-leBel... Sa commune a bénéficié des mesures-clés de la politique de la ville depuis 20 ans... Ce n'est pas seulement une question d'argent qui ferait défaut... Le problème, c'est aussi que les services publics ont déserté la ville"... La Croix rappelle opportunément que Fadela Amara doit toujours présenter son plan égalité des chances le 22 janvier à Vaulx-en-Velin... Après le local, on va parler travail... On reste sérieux... Les négociations sur le contrat de travail... "Signera ? Signera pas ?", se demande L'Humanité... "Ce serait un accord historique pour le MEDEF, selon le journal communiste... La CGT le rejette... Les autres syndicats réfléchissent"... Ce sont les "premiers pas vers plus de souplesse", nous dit Les Echos... De nouvelles règles du jeu pour le marché du travail... que le journal Le Monde résume d'un néologisme : la "flexisécurité"... autrement dit flexibilité et sécurité dans l'embauche, le licenciement et la formation... Par exemple, "des ruptures de contrat plus sécurisées, précise Les Echos, des périodes d'essai mieux encadrées"... Ou, comme le remarque La Tribune, "un nouveau type de rupture à l'amiable du contrat de travail, mais aussi des droits attachés à la personne, comme le droit individuel à la formation"... Et François-Xavier Pietri de noter : "Preuve est faite que la discussion entre patronat et syndicats sur des sujets aussi fondamentaux que le contrat de travail est désormais possible... Il faut y voir le travail d'ouverture de Laurence Parisot, mais aussi celui d'une majorité de dirigeants de centrales désormais convaincus de la nécessité de faire évoluer le modèle social français"... Comme le dit François Chérèque, de la CFDT, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, "cet accord ne va pas révolutionner le marché du travail... Mais il est équilibré et modeste"... "Le fait est, conclut Guillaume Goubert, que l'on avait perdu l'habitude de voir patronat et syndicats parvenir à un compromis où chacun cède quelque chose pour obtenir quelque chose"... On termine par un sujet qui a pratiquement disparu de vos journaux ce matin, alors qu'il s'est produit samedi soir : l'incendie de l'Assemblée de Corse... Seuls deux journaux du nord de la Loire en parlent... La Presse de la Manche, où Jean Levallois estime que "c'est une véritable faute politique de la part des indépendantistes... Ce n'est pas un simple fait-divers, dit-il... Il traduit la nature antidémocratique du nationalisme fanatique"... Et Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne, en rajoute une couche : "Les encagoulés ont voulu nous la jouer encore une fois... Ils ont eu leur feu d'artifice minable... Mais ils feront pschitt dans les urnes"...

Denis ASTAGNEAU

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