8H30 l’heure de la revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par la politique ce matin

La politique et ses acteurs…Photo, come-back et récits des coulisses ce matin

Le service photo de Libération d’abord, qui met en ligne sur le site du journal, les nouveaux visages du parlement espagnol, il a siégé hier pour la première fois à Madrid : Pablo Iglesias du mouvement Podemos, et sa queue de cheval, en parka dans l’hémicyle, une député de son parti dans l’enceinte des Cortès avec son bébé sur les genoux, son voisin lui fait une risette, une autre mini jupe et tee shirt barré du slogan « Working class heroes », une troisième, noire, Albert Rivera de Ciudadanos, le parti de centre droit qui a percé également lors de ses élections, à la cool, accoudé pour discuter avec le leader du parti socialiste…C’est à ses visages, jeunes, féminins, au look décontracté…que l’on mesure le renouvellement d’une classe politique http://www.liberation.fr/planete/2016/01/13/au-parlement-espagnol-nouveaux-visages-et-nouveaux-looks_1426166

Retour en France ; bon, nous, on est plus dans le come-back permanent que le renouvellement. Ce matin, celui de Jean-François Copé à la Une de Valeurs actuelles, on en a parlé dans le journal de 8H, come back en fanfare style « carpet bombing » nous prévient le Figaro au vu des prochaines sorties médiatiques de celui qui se présente comme « revenant des profondeurs de la terre ». Le 27 mai 2014, Jean-François Copé, embourbé dans l’affaire Bygmalion, est poussé à la démission par ses propres amis politiques en plein bureau politique de l’UMP : « ce jour là dit il, j’ai touché la haine du doigt ». Touché mais pas coulé, puisque Jean François Copé décide de se faire discret et de partir à la rencontre des français. Alors qu’a-t-il appris pendant ses quelques 20 mois d’abstinence médiatique ? sur les 65 millions de français ? beaucoup assure t il, il touche du doigt le rejet dont les politiques font l’objet, le sursaut dont il parle, « sursaut français » c’est le titre de son livre, passe donc par un nouveau contrat passé avec eux assure t il. Sur ses amis ? plus encore, il n’en épargne aucun, tous coupables de son lynchage, même s’il assure avoir fait la paix avec chacun, François Fillon en particulier…et sur lui-même ? Un seul regret exprimé, ne pas avoir reconvoqué une élection après celle très controversée qui le vit arriver à la tête de l’ump, mais aucun mea culpa personnel. Homme neuf donc assure t il, mais assurance intacte « je présente aujourd’hui un diagnostic extrêmement abouti du malaise français confie t il, jamais vu de livre aussi clair, il ne pouvait être écrit que par moi ». Le Copé nouveau qui lorgne sur 2017 est arrivé…

Règlements de compte politiques donc, mais alors dites-moi Hélène, tout le monde se déteste dans ce petit monde politique ??

Non ! La preuve, le récit dans l’Obs, signé Mathieu Delahousse et Julien Martin, des liens entre « La volcanique et le taiseux », alias Christiane Taubira et Bernard Cazeneuve, où l’on apprend que ces deux là, loin des oppositions dantesques traditionnelles entre les deux ministères, entretiennent « des relations très affectueuses ». Au point que c’est le ministre de l’Intérieur qui a l’idée de voler au secours de sa collègue de la justice, affaiblie par son opposition à la déchéance de nationalité, en lui proposant de signer une tribune commune dans le Monde. Ils partagent parait il le même humour pince sans rire, l’amour de René Char, et même le créole, oui ils parlent parfois créole en privé, Bernard Cazeneuve ayant un parrain guyanais..Alors le ministre de l’intérieur ne cache pas qu’il admire plus la femme que la ministre, mais l’élysée est ravi de constater qu’il joue avec elle le rôle de facilitateur..pas sûr que ça suffise à régler la schizophrénie politique de Christiane Taubira, qui par ailleurs devient de jour en jour plus ...hermétique. Pour preuve, L’Obs revient sur la dernière comptine créole citée par la ministre pour justifier son opposition à la déchéance de nationalité. Une histoire de chauve souris, de Dieu et de fiente. « Personne ne saisit vraiment écrivent les journalistes. Elle se comprend, c’est l’essentiel ».

Un rapport parlementaire sur les 35h dans la presse ce matin également Hélène

Vous allez boire du petit lait Pierre Gattaz, « la fin des 35 heures doperait l’économie » titre le Figaro économie, pour souligner les conclusions d’un rapport d’information rendu public hier par son rapporteur, un sénateur les Républicains. Rapport qui affirme que passer de 35 à 37 heures serait un choc de compétitivité pour le France, cela équivaudrait à une baisse du coût du travail de 3% dans le secteur marchand, avec l’avantage de ne rien coûter à l’état contrairement au CICE, avec le même remède dans la fonction publique, le sénateur estime qu’il en résulterait une économie de 570 millions d’euros. Bingo, signez vous j’imagine à deux mains. Sauf que le Figaro nous rappelle aussi qu’aucun gouvernement ni de droite ni de gauche, n’a pris de mesure radicale en la matière.

Egalement dans la presse ce matin, les suites de l’attaque antisémite lundi à Marseille et du débat Kippa ou pas kippa…Avec deux tonalités. « La grande inquiétude des juifs de France » dans Aujorudh’ui en France le Parisien, une communauté minée par le doute nous raconte le journal, 8000 juifs français sont partis en Israël l’an dernier, mais aussi, plus surprenant raconte le journal, en Espagne, une récente loi espagnole permettant aux descendants des juifs chassés du pays en 1492 de demander la nationalité espagnole sans perdre la leur. Tonalité plus positive dans la Croix, ou encore Libération, où des juifs français disent se sentir moins seuls depuis 1 an. Au moment de l’affaire Mérah en 2012, aucune mobilisation de la société, de la communauté nationale. Mais les attentats de l’an dernier ont permis un « déplacement subtil ». « la société française est plus globalement concernée par le terrorisme, et du coup, elle est plus à l’écoute, mieux à même explique une sociologue des religions de comprendre les juifs..quand on attaque les juifs, on attaque la république pointe un rabbin de seine saint denis. Le nouveau grand rabbin de France Haim Korsa n’est pas pour rien souligne le journal, dans cette nouvelle perception, lui qui s’attache à réactiver le rêve français

Les juifs de France face à l’antisémitisme…ce sera le sujet de Bruno Duvic dans Un jour en France à 10H sur France inter….

On termine comme on a commencé hélène, par la politique, celle des idées cette fois

Débat sur l’identité de la France, organisé par le magazine le Point entre Alain Juppé, candidat à la primaire, et le philosophe futur académicien Alain Finkielkraut. Passionnant parce que c’est la confrontation entre deux visions du présent, et de l’avenir : l’un, le politique essayant de défendre la possibilité d’une identité heureuse de la France, l’autre, théoricien de l’identité malheureuse, « souffrant » littéralement écrit le journal, quand il entend le maire de Bordeaux faire l’éloge de la diversité, d’une société multiculturelle et dire son rejet de la notion d’assimilation. Echanges passionnés, où Finkielkraut se morfond dans la nostalgie d’une certaine forme d’assimilation, vécue par lui raconte t il fils d’immigré juif polonais ; tristesse d’un pays qui ne se ressemble plus, où les héritiers de la nation n’ont plus l’avantage sur les nouveaux arrivants regrette t il, Alain Finkielkraut qui dit à plusieurs reprises sa peur…peur de l’avenir. Quand Alain Juppé ne cesse de défendre une vision beaucoup plus optimiste, sans angélisme affirme t il, c’est un espoir pas forcément une réalité aujourd’hui, mais il veut croire à une société diverse, qui ne se crispe pas sur son identité religieuse, musulmane ou chrétienne. Moi je n’ai pas peur lance Alain Juppé à Finkielkraut, je n’ai pas le droit d’avoir peur. Dialogue riche, à lire in extenso dans le Point

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.