"Le chaos est-il au bout de l'escalade ?", se demande ce matin le quotidien La Montagne... "Blocus sur le Liban d'Israël, jusqu'où ?", s'interroge pour sa part La Voix du Nord... Des questions, des inquiétudes, des tentatives d'explication et un mot, un mot terrible qui revient ce matin en première page de pratiquement tous vos journaux, le mot : "guerre"... "La nouvelle guerre du Liban", titre ainsi Le Figaro, photo à l'appui. Une photo montrant des soldats de l'armée israélienne se bouchant les oreilles devant une pièce d'artillerie en action. "Après Gaza, le Liban : Israël en guerre sur deux fronts"... C'est à la une du Monde cette fois-ci. Le quotidien de l'après-midi parle d'escalade alors que Tsahal riposte au Hezbollah et bombarde des cibles à Beyrouth. Pour Le Monde, Israël répond, comme toujours, fort de sa supériorité militaire, par un usage disproportionné, contraire au droit international, de la force militaire. Avec deux objectifs affichés : obtenir la libération de ses soldats; rétablir sa capacité de dissuasion, afin de faire cesser les tirs de roquettes de Gaza et du Liban-Sud sur son territoire. Le Monde, toujours, se demande dans son éditorial si le chef du gouvernement israélien Ehud Olmert ne souhaite pas tout simplement, en dépit de ses démentis, détruire le gouvernement élu du Hamas, et de conclure, "cette escalade ne mène qu'à des impasses". C'est aussi le sentiment de Jean-Claude Kiefer dans les Dernières Nouvelles d'Alsace pour qui les bombardements israéliens ont pour but de nettoyer définitivement les nids à terroristes, ceux du Hezbollah au Nord et ceux du Hamas au Sud, tout en forçant les commanditaires, c'est à dire la Syrie et l'Iran, à sortir de l'ombre. L'offensive israélienne vise en tout cas à obliger le Liban à agir contre le Hezbollah, c'est l'avis de Libération où s'étale à la Une la photo d'un pont détruit par l'armée israélienne à Jadra, au sud du pays. Libération, où Antoine de Gaudemar note que dominé par les civils et inexpérimenté sur le plan militaire, le gouvernement d'Ehud Olmert affronte sa première grave crise, la plus grave peut-être que le pays ait connue depuis une dizaine d'années. Selon Antoine de Gaudemar, le gouvernement israélien doit afficher la détermination la plus ferme, quitte à suivre les plus "va-t-en-guerre" de ses généraux. Car les coups reçus, enlèvement de soldats, bombardement des villes du Nord, poursuit mon confrère, sont autant de tabous inacceptables par l'armée et la société israélienne. Un avis partagé par Jean Levallois dans la Presse de la Manche. Ni Ehud Olmert, ni son ministre de la Défense, le leader travailliste Pérès, n'ont eu d'expérience militaire, à la différence de leurs prédécesseurs. D'où, sans doute, poursuit Jean Levallois ce besoin de donner des gages à l'armée. En réagissant aussi violemment dans la bande de Gaza, puis au Liban, l'état-major israélien entend restaurer la peur instinctive qu'inspirait jadis son armée, écrit pour sa part Philippe Waucampt, à lire dans le Républicain Lorrain, ajoutant que les militaires israéliens veulent repousser le plus loin possible de leur frontière Nord les milices chiites du Hezbollah. Quoi qu'il en soit, ce processus de guerre ne résoudra rien, c'est l'avis de Gilles Dauxerre dans La Provence. Il ne résoudra rien mais réjouit déjà la Syrie et l'Iran qui soutiennent et manipulent le Hezbollah et le Hamas dans leurs actions contre Israël, poursuit Gilles Dauxerre. En attendant, le Proche-Orient sombre dans le chaos et les islamistes exultent, tandis qu'Israéliens, Palestiniens et Libanais souffrent le martyre, conclut l'éditorialiste de La Provence, en remarquant que face à ce regain de violence, la communauté internationale semble impuissante. "Que peut faire justement la communauté internationale ?" C'est la question que pose, ce matin, Pierre Taribo dans l'Est Républicain. Distribuer des bonnes paroles, comme Jacques Chirac s'apprête à le faire lors de sa traditionnelle intervention du 14 juillet ? Proposer un peu d'ingénierie diplomatique à l'image de l'Union européenne, totalement inaudible dans ce contexte ? Observer un silence consterné, comme les Etats-Unis, qui ne savent plus comment aborder le dossier du Proche-Orient ? Et Pierre Taribo d'estimer que si les grandes capitales sont aussi embarrassées, c'est surtout parce qu'elles ne disposent d'aucun moyen d'action. Pourtant, il leur faudrait au moins tirer le signal d'alarme et, au minimum, saisir le Conseil de sécurité. Et Pierre Taribo de conclure, pour renverser le cours des évènements, il faudrait une impulsion internationale capable de redonner ses chances à la raison et à la paix. Sans quoi le Proche-Orient restera sous l'emprise de ses vieux démons et le plus long conflit de notre époque ne cessera jamais. Quoi qu'il en soit, et c'est Pierre Rousselin qui l'écrit dans Le Figaro, ces trois crises internationales simultanées, celle du Proche-Orient, l'autre à propos du nucléaire iranien et la troisième concernant le tir de missile nord-coréen donnent au sommet du G8, qui va se tenir ce week-end à Saint-Pétersbourg, une dimension imprévue, avec un ordre du jour imposé par l'actualité aussi crucial que difficile à traiter. Difficile, également, va être l'exercice du président de la République. Il ne vous a pas échappé que nous sommes le 14 juillet, jour des défilés, mais aussi de l'allocution, de l'allocution télévisée du chef de l'Etat. La dernière de Jacques Chirac, selon Le Parisien/Aujourd'hui en France. La dernière de son mandat, croit savoir le quotidien, pour qui Jacques Chirac est bien décidé à tout faire pour prouver qu'il comptera jusqu'au bout. Et au-delà, que l'avenir, à droite, ne s'écrira ni sans lui, ni contre lui. "La garden fin de partie", titre pour sa part, non sans un certain humour, Libération. Libération qui a le sentiment qu'à l'occasion du dernier 14 juillet de son quinquennat, Jacques Chirac devrait tenir un discours anti-déprime. Le Figaro est, pour sa part, catégorique : le chef de l'Etat, qui vient d'enregistrer une montée sensible dans les sondages, n'entend pas transformer cet entretien en bilan de sa présidence mais, au contraire, se montrer offensif. Toujours selon Le Figaro, à dix mois de la fin de son quinquennat, Jacques Chirac devrait inviter la majorité à ne pas cesser de travailler et demander au gouvernement de poursuivre les chantiers en cours. C'est encore dans Le Figaro, pour les amateurs de grande parade, que vous trouverez le programme du défilé parisien du 14 juillet. Tout ce que vous voulez savoir sur le nom, les caractéristiques des matériels, notamment des fameux chars Leclerc dont on vous a parlé dans les journaux de France Inter, ce matin, mais aussi des hommes qui vont emprunter tout à l'heure les Champs Elysées... Un défilé qui va marquer les dix ans de notre armée de métier.. A ce propos, un sondage publié dans le magazine "Valeurs actuelles" de cette semaine révèle que 59% des Français regrettent la suppression du service militaire obligatoire. Il faut préciser que selon cette enquête réalisée par l'Ifop, ils seraient 69% des 35 ans et plus à regretter ce service national, contre 39% chez les moins de 35%. La plus forte proportion des nostalgiques se trouvant chez les électeurs de droite, à raison de 71%, contre seulement 48% chez les électeurs de gauche. "Valeurs actuelles" qui en profite pour faire état des souvenirs de quelques conscrits célèbres. On apprend ainsi que Johnny Hallyday s'est senti devenir français durant son service, que sans cette incorporation, l'écrivain Patrick Besson serait mort. Patrick Besson qui estime que la disparition du service militaire est la plus grande tragédie française. Enfin Jacques Chirac, encore lui, déclare que son incorporation dans une unité en Algérie a été la période la plus passionnante de son existence. Pour les amateurs de revues militaires, je vous signale la double-page, en couleurs, du Parisien sur le défilé des Champs-Elysées, pas moins de 3380 militaires, une soixantaine d'avions avec, en tête, la Patrouille de France, et pour la première fois, cinq Rafale, sans oublier 361 véhicules et 241 chevaux... Voilà pour ceux qui aiment les chiffres et les choses précises. Pour raison de 14 juillet, ne cherchez pas votre quotidien économique ce matin... Il n'y en a pas. Cela n'empêche pas vos autres journaux d'aborder l'avenir d'Eurotunnel, toujours incertain. Ainsi dans les pages saumon du Figaro, le président d'Eurotunnel, Jacques Gounon, met la pression sur les créanciers en évoquant la possibilité de la liquidation judiciaire d'Eurotunnel si les créanciers obligataires ne profitent pas du délibéré du tribunal de commerce pour se rallier à son plan. Dans les pages économiques de Libération, le même Jacques Gounon met en cause la Deutsch Bank dans l'échec des négociations sur la dette d'Eurotunnel, une dette de 9 milliards d'euros. France Soir s'attache pour sa part aux petits actionnaires qui, sans jeu de mots, veulent voir le bout du tunnel. Selon le quotidien, ils sont 800.000 à avoir perdu 98% de leurs placements. Ces petits porteurs espèrent que le tribunal de commerce leur permettra d'éviter le dépôt de bilan. Quoi qu'il en soit, et on vous l'a dit sur cette antenne, le tunnel reliant la France à l'Angleterre ne fermera pas ses portes. Nous allons refermer cette revue de presse avec la Une du journal France Soir. Une Une composée d'une photo, celle de Lady Di, et d'un titre : "Ils ont osé !" Ils ont osé quoi ? Eh bien France Soir révèle qu'un magazine italien vient de transgresser un tabou vieux de presque neuf ans, en publiant une photo de la princesse de Galles morte à l'arrière de la Mercédès qui s'est encastrée dans l'un des pylônes du pont de l'Alma, à Paris. Rappelant les insultes de Materazzi à l'encontre de Zidane, France Soir estime que les Italiens ont le sens du pire, ajoutant que championne du mauvais goût, l'Italie vient d'ajouter un titre à son palmarès. Un commentaire qui m'inspire une question, une toute petite question... celle de savoir ce qu'aurait bien pu faire France Soir si sa nouvelle direction avait eu les moyens d'acheter cette photo... Une question qui restera sans réponse, ce matin, Pierre Weill.

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