Hollande attendu sur Macron pour son ultime itv du 14 juillet, Johnson attendu au tournant de ses gaffes...et l'échec du plan européen sur la relocalisation des réfugiés

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par …le 14 juillet !

« Le 14 juillet, c’est aussi pour les chiens » : mais pourquoi ce drôle de titre de l’Union de Reims ? Et bien d’abord parce que le 132ème bataillon cynophile de Suyppe va défiler sur les champs élysées ce matin, il parait que 30 maitres et chiens se sont entrainés dur pour marcher au pas ! Et puis peut-être aussi parce que cette Une au pas cadencé inspire tout particulièrement l’éditorialiste du journal, Gilles Grandpierre :

« Du haut de sa tribune présidentielle, ce matin, François Hollande aura sans doute un regard d'envieuse admiration pour l'ordonnancement impeccable des troupes. Tant de rigueur, de discipline dans l'alignement des képis, tant de pas si parfaitement cadencés vers un objectif commun: la Concorde ! Le chef de l'Etat pourrait en faire l'allégorie de son rêve préféré, celui d'un gouvernement progressant à l'unisson, sans états d'âme exacerbés... Le rêve ! »

Le rêve…mais comment dire ? On n’en est pas vraiment là ce matin, après le meeting surréaliste d’Emmanuel Macron avant-hier : Aujourd’hui en France/ le Parisien parle de spectacle « tragi comique » et Libération fait sa manchette sur le « Bal des pompiers pyromanes », les pompiers étant Hollande, Valls et Macron. On est donc tellement loin de ce rêve de concorde, qu’on découvre un Figaro presque compassionnel (presque) face à l’épreuve qui attend François Hollande, son ultime interview du 14 juillet, enfin de « ce » quinquennat précisent ses conseillers. L’éditorialiste du Figaro Paul Henri du Limbert reconnait « qu’aucun 14 juillet n’a été facile pour le président, mais cette fois, c’est carrément un feu d’artifice prévient-il. Sauf que là où, face à cet invraisemblable pugilat au sommet de l’Etat, françois Hollande devrait être fulminant, il sera probablement arrangeant. On ne se refait pas » regrette t il.

Toute la question est en effet de savoir comment le président va répondre à l’effronterie d’Emmanuel Macron qui sape son autorité ?

Alors que l’entretien télévisé aurait pu être l’occasion de « tracer une perspective pour l’europe, de donner un sens à son action après la loi travail, de lancer des signaux politiques à un électorat qui lui tourne le dos » écrit Mathieu Verrier dans la Voix du Nord, et bien non « le monde, enfin le petit monde politique est suspendu à ses lèvres pour découvrir LA réplique, son « je décide il exécute » à lui…ce qui donne d’ailleurs à son édito ce joli titre « Hollande en président de la réplique »

Et si vous êtes de ceux qui vous demandez jusqu’où ira l’aventure Macron, quelques infos :Le Télégramme nous apprend que le ministre passera la journée à Brest demain, il terminera par les fêtes maritimes. Peut-être l’occasion donc de prendre les voiles, ou plus sûrement de répondre à son tour, à la réponse de François Hollande…c’est donc pas fini de ce côté-là..

Interview de l’écrivain Alexandre Jardin dans Ouest-France, il a fait la première partie du meeting du ministre mardi soir à la mutualité, mais ce matin, il a déjà l’air déçu et prévient : « Si Macron ne bouge pas, on fera sans lui »…c’est donc plus mal parti de ce côté-ci…

Libération fait notre boulot, et on l’en remercie, et fait une revue de presse des journaux qui aujourd’hui soutiennent un peu, beaucoup ou passionnément la longue marche du ministre, de l’Express, au magazine le Un, en passant par l’Opinion ou encore au Monde, un peu plus divisé reconnait Libé entre les éditorialistes qui parlent de lui comme de Macron l’éclaireur, et ceux qui raillent « Macron l’enchanteur »…

Enfin, un coup d’œil au dessin de Willem, toujours dans Libération : Macron bouscule Valls, et lui lance un « dégage », puis il donne un coup de pied au derrière de François Hollande « laisse moi passer », et poursuit sa route pour se jeter…dans le vide ! et Hollande de se demander « mais jusqu’où ira Macron ? »

François Hollande également à la Une de la presse internationale Hélène…

A la Une du Wall Street Journal, du New York Times, de The Independent en Grande Bretagne…excusez du peu ! Sauf qu’à chaque fois, c’est pour revenir sur le…coiffeurgate du président ! Coiffeurgate, après les révélations hier du Canard enchainé sur le coiffeur-coloriste attitré de l’Elysée payé près de 10 000 euros par mois. The Independant a recensé les moqueries des internautes français sur le sujet, les uns et les autres affublant François Hollande de la mèche blonde de Trump, de la coupe raide de Valls, ou d’une perruque afro. Le correspondant à Paris du New York Times insistant lui sur cette révélation un « peu discordante explique t il à ses lecteurs américains, avec les promesses de campagne du candidat socialiste vantant les mérites d’un président exemplaire »

Bon, un autre homme à la coiffure déjantée est également largement étrillé par la presse ce matin. On se console comme on peut : Boris Johnson, nommé hier ministre des affaires étrangères par Thérésa May. A la Une de The Independant, on voit la famille Cameron quitter le 10 downing street en faisant un petit salut de la main, et ce titre « merci pour le bazar ». Le bazar, c’est évidemment le Brexit à gérer, mais aussi donc ce drôle de diplomate qui débarque. Le journal britannique y consacre un article intitulé « la carrière des gaffes internationales de Boris Johnsson » ; par exemple en 2007 en déplacement aux Etats-unis, il parle d’Hillary Clinton comme d’une « Blonde décolorée, aux lèvres pulpeuses et au regard bleu acier comme une infirmière sadique d’un hôpital psy », il pouvait pas savoir qu’elle deviendrait peut-être présidente des Etats unis ! Pendant la campagne du brexit, il avait aussi comparé « les buts de l’union européenne aux visées d’Hitler ou de Napoléon »

Sur le site du Huffington post, réactions à sa nomination : l’ex premier ministre belge, Guy Verhofstadt tweete, « l’humour anglais n’a décidément pas de limite », un grand patron proche des travaillistes poste la célèbre photo de Johnson accroché à une tyrolienne, avec ce commentaire « voici notre nouveau ministre, je suis sûr qu’il sera respecté par ses homologues des autres pays »

On poursuit Hélène avec la question des réfugiés en Europe

Mediapart revient ce matin sur le bilan des « relocalisations » de réfugiés publié hier par la Commission. Bilan catastrophique juge le site. Alors qu’en 2015, les Etats membres s’étaient mis d’accord pour se répartir 160 000 personnes, au 11 juillet dernier, 3056 seulement, arrivés en Italie et en grèce ont bénéficié de ce dispositif. Dont 991 en France, sur les 30 000 promis…Le plan européen a totalement échoué écrivent Carine Fouteau et Donatien Huet. Ces écarts entre promesses et réalité s'expliquent à la fois par la mauvaise volonté des États, la difficulté de la Grèce et de l'Italie, ainsi que des autres pays de transit, à orienter les personnes vers ces dispositifs et le refus des réfugiés de se laisser imposer leur destination. En attendant, l’Allemagne reste le premier pays d’accueil et de très loin, enregistrant à lui seul 61% des demandes d’asile

Et entre eux et nous ?

« La méditerranée version Janus » : dans le Point, l’écrivain Kamel Daoud profite de la double actualité, l’été qui est là, et les réfugiés qui continuent d’affluer pour parler de cette mer « qui tue et délasse dit il ». » Au nord, le nageur veut s’y débarrasser de son corps, au sud, il veut s’y débarrasser de sa terre. Au nord, on vient pour renaitre, au sud on va pour mourir. Au nord elle est la mer, au sud, elle est le mur. AU nord elle est le lieu de délassement, au sud l’espace de la contrainte. Bikini et burkini » La Méditerranée des touristes et celle des migrants, une même mer pour deux réalités

Et je termine sans transition comme on dit, car celle là serait abracadabrantesque, je vous conseille la lecture de la très sérieuse chronique scientifique de Pierre Barthélémy, à lire sur le site du Monde, sur la non moins sérieuse étude linguistique pour dire « l’orgasme ». Dans la plupart des 27 langues étudiées, l’orgasme est perçu parait il comme la fin d’un voyage…tout le monde dit donc peu ou prou « je viens » au moment fatidique. Pierre Barthélémy offre aux futurs touristes que vous êtes peut être, un lexique de l’expression en mandarin, en norvégien, en thai et en turc. Un conseil de voyage comme un autre.

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