Liu XIAOBO, dissident chinois prix nobel de la paix, est mort. Trump et Macron, Amis?

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par un hommage, à « l’homme qui n’avait pas d’ennemis, pas de haine »

« La chaise restera à tout jamais vide » écrit Pierre Haski sur le site de l’Obs. « Liu Xiaobo, qui n’avait pas pu assister à la cérémonie de remise du prix nobel de la paix à Oslo en 2010, avait été symboliquement remplacé par une chaise vide » Liu Xiaobo, 11 années de prison au total, est mort hier. Pierre Haski retrace le parcours d’un homme qui a payé au prix le plus fort, une vie d’engagement en faveur de la démocratie en Chine. Sans doute écrit il, y avait il une part sacrificielle chez cet intellectuel brillant, diplômé de la prestigieuse université de Pékin puis professeur de littérature chinoise , qui n’a jamais accepté de renoncer à son idéal démocratique ; ni en "rentrant dans le rang" comme un certain nombre d’activistes aujourd’hui enrichis, ni dans un exil pas toujours choisi mais toujours sans retour. Liu Xiaobo était devenu l'"ennemi public numéro un" aux yeux du pouvoir communiste : pourtant, jamais il n’a envisagé la violence comme une solution, et l’a prouvé. Place Tian Amen en 1989, il rejoint les étudiants en révolte, il soutient leur combat, mais c’est lui qui les dissuade de prendre les armes, lui qui évite sans doute des morts encore plus nombreux. Tout comme Nelson Mandela à Robben Island, relève Haski, il parle de la prison comme d’une expérience initiatique, « en vérité, écrira t il, dans ce lieu dépouillé d’humanité, la seule façon de préserver sa dignité est la résistance, l’emprisonnement n’est donc qu’une partie indispensable de la dignité humaine », il refuse toute soif de vengeance et terminera sa déclaration à ses juges en 2009 par ces mots puissants donc « je n’ai pas d’ennemis, je n’ai pas de haine » Son modèle, son inspirateur, c’est le dissident et dramaturge tchèque, Vaclav Havel, c’est sa femme, privée de liberté comme lui pour payer le prix d’être juste son épouse. LIU XIAOBO n’aura pas vécu comme Vaclav Havel, le miracle de voir le triomphe de ses idéaux. La chine, conclut Pierre haski, en passe de devenir la première puissance mondiale se sent même assez forte pour balayer d’un revers de la main les échos lointains de l’histoire. Le seul autre prix Nobel à être mort prisonnier est Ossietzky, intellectuel pacifiste couronné par le Nobel en 36, et mort à Berlin en 1938. Il y aura désormais, 2 chaises vides à Oslo…

Retour en France et au traditionnel défilé militaire du 14 juillet, et à son invité d’honneur cette année, un certain Donald Trump…

« Trump et Macron, un climat de super amitié » nous dit Vosges Matin, qui relève « que les deux présidents et leurs épouses n’ont pas lésiné sur les fastes, les signes, les images et les mots pour montrer hier à Paris qu’ils n’étaient pas de simples alliés mais de grands amis. ». Le Parisien/Aujourd’hui détaille les assauts d’amabilités entre les deux présidents, à coup de cartes postales presque vintage offertes au couple américain, Invalides pour monsieur, balade sur la seine pour madame, et tout le monde au 2ème étage de la tour Eiffel pour un diner gastronomique. Amabilités qui frisent la goujaterie quand Donald Trump s’extasie de la forme, « la bonne forme » de Brigitte Macron, 64 ans, il n’a pas l’air d’en revenir, la video est à regarder sur le site du huffington post, je signale à toutes fins utiles…que Donald trump a lui-même…71 ans !

Mais « Grands amis vraiment » ? Libération a choisi de titrer « Donald Trump, un Paria à Paris » « Emmanuel Macon l’accueille pour une visite bling bling, mais est ce suffisant pour l’amadouer ? » Et bien le quotidien se divise dans ses propres colonnes. 2 éditos en vis-à-vis, l’un signé Johan Hufnagel, défend l’idée qu’après tout, Trump vaut bien une « rasade de clichés parisiens », « si à la fin, Macron parvient à le faire bouger de ses positions isolationnistes et anti-climat », l’autre de Grégoire Biseau dénonce une « faute ». La faute d’emmanuel Macron écrit il, n’est pas d’avoir convié Trump mais de lui offrir les fastes et les valeurs de notre fête nationale » lui qui a fait un bras d’honneur à la planète entière. Biseau qui se range du côté de l’opinion publique américaine qui a honte du négationnisme climatique de son président. Et qui ne peut pas comprendre, conclut-il, les honneurs de la France à celui qui déshonore la parole et le rêve américain ».

Mais si au final, ça marchait quand même ? le Parisien souligne la petite phrase prononcée hier par Donald Trump à l’issue de son rendez-vous avec le président français « oui quelque chose pourrait se passer concernant l’accord de Paris »a-t-il lâché. Volonté de faire plaisir à son « ami » ou véritable inflexion ? à l’Elysée on reste prudent parait il…La presse américaine elle en tout cas, change un peu de pied : après s’être un peu « énamouré » d’emmanuel macron, présenté comme un anti-trump, elle pointe désormais tout ce qui rapproche leur président et le nôtre. Titre du Washington post sur les premières heures de la visite parisienne « Trump et Macron, présentés hier comme adversaires, montrent finalement leurs points communs ». Et l’article de détailler, le même goût narcissique pour le pouvoir de ces 2 novices, leur même goût pour l’autorité, leur même volonté de balayer l’ancien monde, et même leurs relations compliquées avec la presse, même si la défiance n’est pas tout à fait du même niveau». Pas sûr que même au nom de la réal politique, Emmanuel Macron avait à ce point envie qu’on lui colle un tel mentor

Le défilé militaire en présence des 2 hommes, commencera donc à 9h sur les champs-élysées, mais sur le budget de la défense, la presse retient ce matin la sévère mise au point hier du Chef de l’Etat …

Je ne m’attarde pas, vous en parlez ce matin Hélène avec votre invité, mais l’article et le titre, explicite de Jean Dominique Merchet dans l’Opinion ce matin vaut le détour « Emmanuel Macron met un bourre pif au chef d’état major des armées ». « Bourre pif, avoinée, remontée de bretelles, chacun y allait de sa formule » parait il hier dans le public de la garden party des jardins de l’hôtel de brienne, le ministère de la défense où était rassemblée toute la haute hiérarchie militaire. « le ton était sec, le regard dur, quand le président a très vivement recadré Pierre de Villiers, sans citer son nom évidemment, « il n’est pas digne d’étaler certains débats sur la place publique. Je suis votre chef a donc recadré sévère, Macron » Silence dans les rangs, rompez, c’est moi le chef ! Jean Dominique Merchet parle d’un public « consterné », qui a trouvé « inélégant et maladroit » un tel recadrage en public. Le Parisien lui fait état d’une citation de Pierre de Villiers mercredi devant les députés de la commission de la défense de l’assemblée, « je ne vais pas me faire baiser comme ça « aurait il dit, furieux des économies réclamées à la défense pour le prochain budget. Après le recadrage du chef de l’Etat dans les jardins de Brienne, nous dit le Parisien, « sa démission plus ou moins rapide faisait peu de doute ».

Rien à voir avec l’uniforme ! On termine avec la tendance de l’été

L’été 2017 sera cul nu ou ne sera pas ! Dominique Perrin, dans M le magazine du Monde nous retrace ce matin, l’histoire d’une station balnéaire qui fut et reste le temple du naturisme « le cap d’agde, de gaulle et les culs nus », c’est en effet Pierre Racine qui aux côtés du général dans les années 60 imagina ces villes-nouvelles sorties de terre sur la côte languedocienne pour accompagner une société de loisirs en pleine expansion, et diversifier aussi l’économie d’une région en pleine crise viticole. Ils étaient peu sensibles, le général et l’achitecte, il faut bien l’avouer à l’idéal « cul-nu » qui s’y imposa, mais étaient convaincus à l’époque que la mode allait péricliter. Raté. Causette pour son numéro d’été nous raconte comme « ce vivre à poil » connait un incroyable renouveau. La preuve, le conseil de paris a validé pour la première fois la création d’un espace naturiste dans la capitale ! On est loin de ces jours d’août 1927, où des villageoises bretonnes s’armaient de ronces et d’orties pour fouetter un groupe de baigneuses, en maillot à l’époque ! Désormais nudisme et naturisme sont tendance donc… ils s’affichent partout, sur les plages et sur les réseaux sociaux, plus du tout contestataires mais pleinement intégrés aux mœurs de la société…Quitte à devenir un nouveau diktat. Pour être punk comme on aime à le dire ici, , faut peut-être finalement remettre le maillot cet été !

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