Qui doit secourir les réfugiés, les états ou les ONG, polémique et vraies questions.Bayrou et tous ses corps. Alain Delon afghan

La revue de presse, bonjour hélène Jouan

Les réfugiés, de nouveau à la Une de la presse ce matin

A la Une du Figaro ce matin qui parle d’un « déferlement de réfugiés économiques venus du continent africain, et qui pose à l’Europe un nouveau défi ». Article très intéressant ce matin sur le site theconversation.com, signé des chercheurs Antoine Pécoud et Marta Esperti, sur le rôle et la responsabilité des Ong qui viennent au secours de ces réfugiés. « Sont-elles responsables de la crise des migrants en méditerranée ? » s’interrogent-ils. La polémique est née l’an dernier après qu’un article du Financial Times qui mettait en cause le rôle de ces bateaux de secours, affrétés par des associations surtout pour pallier le manque de moyens des opérations européennes Mare Nostrum puis Triton. Frontex les accusait rien de moins que d’être complices des passeurs, en créant un appel d’air à l’intention des migrants. La justice italienne a ouvert une enquête, a conclu au manque de preuve mais demandé une plus grande coopération de ces ONG avec les opérations de police en mer. Enfin, un rapport vient d’être publié qui conteste les accusations mais pointe surtout du doigt le fait que le renforcement des contrôles aux frontières se solde mécaniquement par une augmentation des prises de risques en mer, et donc une augmentation des morts. Dès lors, écrivent les auteurs, l’objectif humanitaire de sauver des vies se heurte inévitablement à la raison d’Etat, qui souhaite contrôler l’immigration. Derrière ces polémiques, une question, qui a le droit d’intervenir en mer et de sauver les migrants ? les Etats car ils doivent contrôler leurs frontières ? les associations parce que les Etats ne respectent par certains droits fondamentaux ? Où se situe la légitimité des uns et des autres ? et si la réponse était dans une plus grande solidarité européenne ? oui mais pour l’instant ça coince. Le débat ne fait que commencer, re-commencer alors que l’été et ses conditions météo propices aux traversées, est presque là. Depuis le début de l’année, plus d’un millier de morts ont déjà été recensés.

On poursuit avec un ministre chez nous qui fait également la Une

« Le cas Bayrou » titre le Parisien/Aujourd’hui en France. Premier couac sur la forme au sein du gouvernement, « clash » dit même le Figaro, avec la passe d’arme entre le premier ministre et lui-même, tension sur le fond aussi avec l’enquête préliminaire ouverte autour des attachés parlementaires du Modem, le Canard Enchainé s’interroge tout particulièrement ce matin sur le cas de la secrétaire particulière du président du Modem qui aurait été rémunérée par le Parlement européen.

Le « cas Bayrou » qui inspire les dessinateurs de presse : Pétillon par exemple dans le Canard : Coup de fil à Radiofrance « François Bayrou à l’appareil. Lequel ? demande un standardiste, et d’égrener : le garde des sceaux, le maire, le citoyen ou l’agrégé de lettres ? »…

De ces multiples casquettes coiffées par intermittence par François Bayrou au gré de ses interventions, Nicolas Beytout dans l’Opinion se moque : « on connaissait écrit il la théorie des 2 corps du roi, le corps humain et le corps politique qui le dépasse. Mais voilà Bayrou adepte lui de la théorie des « 6 corps » : Garde des sceaux, maire de pau pour venir au secours de sa fidèle Marielle de SArnez, citoyen pour tancer les journalistes de France inter, président du modem pour négocier les investitures…bientôt à n’en pas douter, professeur agrégé quand il voudra dire son fait à son successeur. Et le 6ème ? et bien le meilleur restait à venir dit Beytout : en refusant sèchement la règle de prudence verbale que lui demandait de respecter le premier ministre, c’est François Bayrou dans son corps d’éleveur de chevaux qui s’est révélé, avec la ruade évidemment »

Et bien François Bayrou, redevenu unique, quoique…répond dans une interview au Monde cet après-midi . Sur le fond d’abord, l’enquête sur les emplois au Modem, le ministre de la justice « parle de pure calomnie. Et dit « n’avoir aucun doute sur le travail de la justice. En raison de ma fonction, je n’apporte aucun commentaire poursuit il Mais je n’en pense pas moins » C’est dit, mais cette fois, le citoyen Bayrou ne s’épanche pas. Sur sa passe d’arme enfin avec le premier ministre et son coup de fil à radiofrance « je défendrai toujours la liberté de la presse. Mais je considère qu’il y a symétriquement une liberté de critique de la presse, surtout dans une conversation privée. Insiste t il. Je n’ai pas l’intention de me mettre un baillon ni de devenir d’un coup inodore, incolore et sans saveur…La justice n’est pas seulement une institution pour moi, elle est une valeur. François Bayrou qui affirme que ni Emmanuel Macron ni edouard Philippe ne lui ont fait part de leur désapprobation sur le sujet ». Sauf hier, publiquement sur l’antenne de France info, mais visiblement l’auditeur Bayrou n’a rien entendu !

Derniers jours de campagne pour les candidats au 2ème tour des législatives…et quelques conseils donnés aux futurs élus

C’est une député élue en 2012 sous l’étiquette socialiste Monique Rabin, aujourd’hui de nouveau en campagne, qui les dispense dans le numéro de cette semaine de l’hebdo le UN : elle raconte son arrivée il y a 5 ans au palais bourbon, et son envie de changer le monde.Elle raconte surtout le lot de désillusions vécues, entre absence de formation, mépris de la direction et difficultés inattendues. « Dès les premiers jours témoigne t-elle, il y 3 lieux pour lesquels un parlementaire doit se battre, sa place dans l’hémicycle, sa commission et …son lit ! ». Place dans l’hémicycle pour être vue des caméras, elle laisse tomber. Elle se retrouve tout en haut avec ceux qu’on appelle les « montagnards de l’assemblée ». Personne n’explique aux néophytes comment ça fonctionne, résultat 28 députés ne voteront pas la première fois, ils n’ont pas trouvé le boitier. Le lit : ça n’a l’air de rien, mais l’assiduité aux réunions tardives se joue aussi entre ceux qui se doivent se contenter d’un maigre canapé dans leur bureau avec salle de bain commune à l’étage, et ceux qui disposent d’un vrai mini studio. Le plus important évidemment, la commission à laquelle on est rattaché. Avec une hiérarchie entre elles, la plus prestigieuse, celle des Finances, et son revers de la médaille, faut toucher sa bille question économie et équilibres budgétaires. Elle avoue avoir laissé passer le premier budget sans en maitriser les enjeux. Ensuite, ce sont les administrateurs de l’assemblée qui lui en ont expliqué les mécanismes et le calendrier de la procédure parlementaire. Député enfin un peu aguerrie, elle découvre aussi que le vrai pouvoir à l’assemblée se joue surtout au sein des cabinets ministériels qui décident de tout, elle apprend à se méfier des lobbyistes de plus en plus présents, mais se fait avoir au début, elle découvre enfin le sexisme inouï du palais bourbon...dernier conseil aux novices « souvenez-vous de l’article 27 de la constitution, tout mandat impératif est nul. C’est le garant de votre liberté »professe Monique Rabin

Pour tenter peut être de conjurer le ballotage défavorable dans lequel elle se trouve placée dans le Rhône, c’est en femme libre justement que najat Vallaud Belkacem se présente ce matin : libre hier de défendre la loi travail El Khomri « équilibrée » dit elle, libre aujourd’hui de fustiger la future loi Travail Macron/pénicaud , qualifiée « d’obsessions revanchardes d’une partie du patronat ». « Code du travail, l’urgence de la gauche », tribune dans Libération

On termine Hélène par du cinéma

Avec le Alain Delon de l’Afghanistan ! La presse ce matin craque pour Salim Shaheen, cette superstar afghane dont vous n’avez jamais entendu parler. Il est le héros d’un documentaire jugé passionnant d’une ex de France Inter, Sonia Kronlund, « Nothingwood », nothingwood par qu’ici raconte le cinéaste, « c’est pas Hollywood, c’est pas Bollywood c’est rien… ». Libération, le Figaro, Télérama, les Echos s’enthousiasment pour ce « génie autoproclamé de la série Z, « conteur de sa propre légende et de celle de son pays ». « Ed Wood Afghan » pour Sonia Kronlund, sultan auto proclamé du cinéma, il ne bouscule pas les traditions de son pays, mais le simple fait de faire des films, de bric et de broc, dans un pays où être cinéaste, c’est risquer sa vie comme un soldat réjouit tous les critiques ce matin. Super nanars peut être ses 110 ou 111 films, mais avec lui conclut Etienne Sorin dans le Figaro, « on trouve plus d’amour du cinéma que dans nombre de films sérieux »

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