Allez, Cannes oblige, on commence ce matin avec le prix du plus beau couac... Ca ne vous étonnera pas : la loi OGM repoussée hier par l'Assemblée Nationale fait couler beaucoup d'encre... D'abord des titres de Unes... "Les députés UMP, faucheurs involontaires", s'amuse L'Est Républicain... "Quel camouflet !", s'écrie Sud-Ouest... confirmation avec La Nouvelle République du Centre-Ouest : c'est "la droite fauchée"... Oui, on parle peu du fond du projet de loi... C'est le cafouillage politique qui retient les commentaires... "Couac à l'UMP : la loi OGM repoussée par l'Assemblée" : Le Figaro explique qu'"un nombre insuffisant de députés de la majorité dans l'Hémicycle a entraîné à une voix près le rejet du texte"... Libération ironise : "L'UMP fauche le Président"... "Sarkozy lâché par son camp", renchérit Le Parisien-Aujourd'hui en France, qui qualifie l'événement de "coup de tonnerre"... Voilà donc pour les Unes... Du côté des commentaires, on en trouve deux sortes... Les premiers veulent croire que cet épisode est dû à la question des OGM... "Une question qui reste toujours comme une épine plantée dans le pied de la majorité", selon Jacques Guyon, dans La Charente Libre... "Il faut dire que c'est une question qui engage l'avenir de l'homme, et nombre d'élus UMP n'ont pas hésité à faire entendre des avis dissonnants de celui du gouvernement"... "Il ne faut pas voir là qu'un épisode de la vie parlementaire", analyse également Georges Valance, dans L'Eclair... "La culture des OGM divise et inquiète les députés, comme l'ensemble des Français"... Et Marc Chevanche, dans Nice Matin, constate que "sur les questions écologiques, la majorité est décidément bien divisée... Pour tout dire, dans ce domaine, elle n'a pas de doctrine"... Du coup, pour le commentateur, l'épisode parlementaire d'hier apparaît finalement "moins comme la victoire de l'opposition que comme la défaite d'une majorité en débandade"... Confirmation avec Laurent Joffrin, dans Libération... Il écrit : "La défection parlementaire d'hier soir va plus loin qu'une simple mauvaise humeur pro ou anti-écologique"... Joffrin rappelle que la semaine dernière, Nicolas Sarkozy avait remonté les bretelles des députés censés le soutenir... Eh bien, constate l'éditorialiste, "une semaine plus tard, la fronde reprend de plus belle, accueillie avec un sang-froid ambigu par Jean-François Copé, dont l'impavidité risque d'irriter un peu plus le Président"... "Mais où est la majorité ?", interroge Hervé Chabaud, dans L'Union... "Ce rejet du texte sur les OGM ridiculise le président du groupe UMP (Jean-François Copé donc)... Lorsqu'on est le chef, on mouille sa chemise, on motive ses troupes, on se fait obéir et on anticipe le coup de pied de l'âne"... "Incident de parcours ?... Mon oeil"... C'est Daniel Ruiz, dans La Montagne, qui ne veut pas être dupe... "Il y a belle lurette que les vieux briscards de l'UMP ne se laissent pas prendre à une ficelle qu'ils ont eux-mêmes souvent utilisée... Et la trop grande assurance de Copé à battre sa coulpe et à assumer l'erreur était plus calculée qu'embarrassée"... "Pour l'Elysée, le coupable, c'est Copé"... Le Parisien-Aujourd'hui en France explique : "Le Président de la République a décroché son téléphone pour appeler le président de l'UMP... Ce dernier certifie : 'Ce n'était pas du tout sur le ton de l'engueulade'"... Mais le journal est sceptique... Une chose est sûre : "le Président a été lâché par les siens... Les sanctions ne vont pas tarder"... Sauf que ça ne changera peut-être pas grand-chose... Dans son titre, Le Figaro laisse poindre le problème de fond... "L'UMP laisse le PS repousser le projet de loi sur les OGM"... puisque dans les couloirs de l'Assemblée, le journaliste du quotidien a vu, au moment de l'annonce du scrutin, les députés de la majorité peu pressés de regagner l'hémicycle... C'est que "face à l'hyper-Présidence, les députés de l'UMP sont à bout", explique Libération... Et dans Le Républicain Lorrain, Philippe Waucampt liste tous ces sujets qui ont du mal à passer... depuis l'ouverture à des ministres socialistes, jusqu'à la réforme des institutions, en passant par la défaite aux municipales... "Le débat en première lecture du texte sur les OGM avait montré un groupe UMP au bord de l'explosion... A la deuxième lecture, c'est le contraire qui s'est produit : il s'est contenté d'imploser", analyse l'éditorialiste... "Le Président de la République sait maintenant que ses troupes ne le suivent plus dans la joie et dans l'allégresse", commente Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne... "On vient de le voir dans le dossier des OGM... On le verra bientôt, prévient l'éditorialiste, avec la loi de modernisation économique, qui divise, au sein de l'UMP, les partisans d'une extension du nombre de grandes surfaces et les tenants de la sauvegarde du petit commerce"... Episode 2 en perspective... "La loi de modernisation de l'économie suscite ses premiers blocages à droite"... Le Figaro explique que le gouvernement va en effet devoir convaincre une partie de sa majorité proche du petit commerce et du monde agricole... Et déjà, pas moins de 20 réunions préparatoires ont eu lieu entre le gouvernement et ses parlementaires, pour éviter, sur ce dossier, tout amendement surprise... Et ça, c'est un record, selon le journaliste du Figaro... Sur le même sujet, Libération rapporte que, certes, le gouvernement fait mine d'entendre les craintes des députés sur la disposition qui permet d'installer des grandes surfaces de moins de 1.000 mètres carré sans autorisation... Ainsi, Hervé Novelli, le secrétaire d'Etat chargé des Entreprises et du Commerce extérieur, a proposé une petite batterie de mesures assez techniques, pour limiter l'impact de la loi... techniques ou comiques, commente Libération, puisque l'une de ces mesures, c'est simplement une campagne de pub sur les vertus de l'épicier du coin... Et dans les grandes surfaces, on achète quoi ?... De la mayonnaise à l'huile de vidange... C'est dans Le Canard Enchaîné... Ca ne met pas vraiment en appétit, si vous êtes devant votre café-croissant... C'est l'histoire du groupe Saipol, le numéro 1 français de la transformation des oléagineux, et accessoirement propriétaire de Lesieur... Fin février, il reçoit une cargaison de 40.000 tonnes d'huile de tournesol achetée en Ukraine... Sauf que cette huile a été coupée au lubrifiant pour moteurs... L'entreprise ne s'en aperçoit pas avant la fin mars, quand un autre industriel du nord de l'Europe, ayant reçu une livraison identique, l'en informe... Jusque-là, la bonne foi de Lesieur n'est pas mise en doute... C'est après que ça se corse... Le français met un mois avant de prévenir la répression des fraudes... qui fait retirer tous les lots de mayonnaise, de plats cuisinés, de vinaigrettes industrielles et autres conserves préparés avec cette huile... La DGCCRF qui explique au Canard, qui lui demande combien de lots ont été retirés en tout : "Compte tenu du nombre d'entreprises concernées, il est impossible d'en connaître le nombre exact"... Et impossible donc de savoir si tout a été retiré... D'autant que la Commission Européenne s'est fendue la semaine dernière d'une recommandation autorisant la vente de tous les aliments contenant moins de 10% d'huile de tournesol frelatée... ce qui laisse de la marge à pas mal de salade... Le prix du plus grand nombre de questions... C'est pour le Festival de Cannes... Les journaux se sont donné le mot ce matin : les interrogations fleurissent autour de la Croisette... D'abord dans Télérama... un spécial 61ème Festival de Cannes... Télérama qui donc pose toute une série de questions... "Le glamour existe-t-il toujours ?"... "Le cinéma crée-t-il toujours du mythe ?"... "Où sont passées les stars ?"... "Peut-on être star aujourd'hui en France ?"... "La star est-elle forcément scandaleuse ?"... "Les idoles de demain seront-elles virtuelles ?"... L'hebdomadaire explique... "Il fut un temps où les stars faisaient rêver... Une silhouette, du glamour, et l'imaginaire collectif s'emballait... Aujourd'hui, les acteur sont 'bankables', et séduisent plus les producteurs qu'ils ne cristallisent nos désirs"... Etre rentable... C'est ce qui sous-tend plusieurs autres questions... "Y a-t-il encore une place pour le cinéma indépendant ?", se demande La Tribune... L'Humanité et Charlie Hebdo laissent répondre à cette question des membres du Club des 13, ces réalisateurs, acteurs et producteurs indépendants qui ont élaboré 12 propositions pour répondre à la crise... Ce qu'ils dénoncent, c'est que le système français, aujourd'hui, ne finance plus les idées... et que donc, on ne les écrit même plus... Les exigences des télés, par exemple, commencent dès la conception à envahir les auteurs et formatent les scénarios... Dans ce contexte : "Le Festival de Cannes est-il à bout de souffle ?", se demande Le Parisien-Aujourd'hui en France... qui constate qu'il y a quelques années, n'importe qui avait envie d'être en compétition à Cannes... Aujourd'hui, ce n'est plus le cas : c'est trop casse-gueule... Si le film est mal accueilli, vous êtes sûr qu'il est mort... Ne soyons pas trop durs, semble dire Paris-Match... "La fréquentation des salles explose... Jamais on n'a produit autant de premiers films français... Tous les indicateurs sont au vert... Bref, il ne manque qu'une Palme d'Or à Cannes"...

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.