(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : inspirez-expirez

(Bruno Duvic) Trois quartiers au-delà de la crise de nerfs.

Le premier c'est celui de la Paillade, à Montpellier. L'histoire remonte au 30 mars mais elle est racontée ce matin par François Barrère dans Midi Libre . Cet après-midi-là, dans ce quartier chaud de l'agglomération, une mère de famille est agressée à son domicile. Trois hommes sous des cagoules - gifles, bâillon, couteau. Ils s'enfuient avec de l'argent liquide, une tablette, un portable et peut-être des bijoux. L'agression est aussitôt connue et le quartier s'enflamme.

Des dizaines de personnes se rassemblent autour de la maison et décident de mener elles-mêmes l'enquête. Un jeune est vite suspecté. Un groupe de vingt justiciers l'enlèvent devant chez lui. Les yeux bandés, dans un coffre de voiture direction un garage. On le tabasse jusqu'à ce qu'il avoue les faits. Même après-midi, même geste sur un autre suspect. Les deux sont remis à la police qui passe d'abord par la case hôpital.

Police qui cherche aussi les personnes qui se sont fait justice elles-mêmes en quelque sorte. Six mis en examen.

Bilan des événements, un mois et demi plus tard, pour Midi Libre : on ignore qui sont les vrais voleurs et les vrais ravisseurs. Reste la réalité d'un quartier qui a voulu juger et punir, lui-même.

Deuxième quartier, celui du Pile à Roubaix. C'est là que vivait une famille qui a décidé de partir, harcelée par une bande de délinquants. La Voix du Nord suit l'histoire de près. Témoignage ce matin d'un flic de la région, l'ancien chef des stups de Tourcoing. Des mots d'impuissance. « Roubaix est une ville un peu à part, il ne faut pas avoir peur de dire qu'à Roubaix, nous ne luttons plus contre la délinquance, on la gère. »

Dernière zone, Saint Ouen, en banlieue parisienne, fusillade, la dernière d'une série, fin avril sur fonds de conflit entre trafiquants de drogue. Ce matin dans Le Parisien-Aujourd’hui en France , Bernard Cazeneuve annonce un renforcement de la présence policière mais aussi la volonté de cibler aussi les consommateurs de drogue. "On ne peut pas accepter, dit le ministre de l'Intérieur, que des habitants de quartiers plus favorisés viennent tranquillement s'approvisionner, contribuant à la dégradation de l'ordre"

Les nerfs du gouvernement mis à rude épreuve, aussi

Soulagement d'un côté. Mais l'oui l'économie va mieux. Croissance un début d'ascension titre La Dépêche du Midi en ce jeudi du même nom. Les chiffres au premier trimestre sont meilleurs que prévus. Respiration pour combien de temps ? Déjà, la presse relativise. « Une croissance sans emploi ni investissement », titre Le Monde .

Ça va mieux d'un côté, ça se tend de l'autre. Qui perd ses nerfs dans la controverse autour du collège ?

Le PS ! répond le Figaro ce matin à la Une. Les mots de Jean Christophe Cambadélis, accusant les critiques de Najat Vallaud-Belkacem d'être « légèrement xénophobes » ne passent pas du tout. « N'importe quoi », répond Yves Thréard, dans l'édito sur le thème enfumage et même plus que cela. « C'est un refus du débat, une insulte aux adversaires. La gauche française est-elle vertueuse, non elle est sectaire et calomnieuse. »

Qui perd ses nerfs ? Ce matin, Le Figaro cogne encore fort sur la réforme, notamment celle des programmes, « ridicules, partisans et nuisibles », écrit Luc Ferry dans sa tribune, intitulée : "A pseudo ministre, pseudo-programme".

Mediapart trouve que ce débat prend de plus en plus un tour halluciné. « De surenchère en surenchère, le site dénonce l'hypocrisie de ceux qui n'ont aucun intérêt à ce que le système scolaire le plus inégalitaire des pays développés évolue. »

Inspirez-expirez, c'est aussi l'histoire récente de la Juventus de Turin.

Le club à la fois le plus aimé et le plus détesté d'Italie. Il y a peu de scandales dans le foot italien auquel la Juve n'ait pas été mêlée. Elle a même subi une rétrogradation en deuxième division en 2006, accusée d'avoir corrompu des arbitres.

He bien c'est cette Juve-là qui vient de se qualifier en finale de la ligue des champions en éliminant le Real Madrid. Finale qui aura lieu à Berlin, là où l'Italie avait été sacrée championne du monde en 2006 un soir de célèbre coup de boule.

Voilà « Les revenants », écrit ce matin Vincent Duluc dans L'Equipe . Le Corriere dello sport en Italie est aux anges devant cette histoire de rédemption. « Qui l'aurait dit ? Nous non, reconnait le journal, mais vous non plus sans doute. » Et hommage à Gigi Buffon, le grand gardien, fidèle à la Juve, même aux pires moments. Et Andrea Pirlo, le vieux milieu de terrain glorieux que le club de Milan qui le croyait fini a laissé partir à la Juve. Ces deux-là retourneront sur les lieux de leurs exploits à Berlin.

Finale face au Barça, les catalans seront les grands favoris. Inspirez-expirez, hauts et bas du football, l'année dernière, c'est le grand adversaire du Barça, le Real, qui remportait sa dixième Ligue des champions, record absolu. L'entraineur Ancelotti était un héros. Ce matin, le même, éliminé par la Juve en demis, est sur un siège éjectable. Déclaration reprise dans le quotidien sportif espagnol Marca : « J'aimerais rester au Real mais je sais comment fonctionne le football, c'est le club qui décidera. »

Le stress des fins de mois. Moins d'argent pour les collectivités locales. Conséquences dans la presse. A la Une du Bien public , à Dijon, à l'approche de l'été, des festivals qui se meurent. Le Parisien consacre un papier à ces villes qui réduisent l'offre de transport faute de moyens.

Un journal au bord de la crise de nerfs : Le Monde . Les actionnaires souhaitaient l'arrivée de Jérôme Fenoglio, toute une carrière à la rédaction, à la tête du journal. Refus des salariés. Il n'a pas obtenu les voix nécessaires.

Beaucoup d'autres journaux respirent, de leur côté, en ce jour férié. Côté presse nationale vous ne trouverez pas en kiosque, La Croix , L'Humanité et Les Echos .

On se détend chez les protestants. Dans Le Monde , justement, cette information qui concerne une partie des fidèles. L'Eglise protestante unie de France votera dimanche pour savoir si les pasteurs qui lui sont affiliés pourront bénir les mariages homos. Deux théologiens proposent de leur laisser la liberté de choix.

Tout le monde a droit à la détente et au plaisir. Sous le titre le plaisir pour tous, Libé ouvre le dossier de l'assistanat sexuel des personnes handicapées.

Le festival de Cannes c'est parti. Cannes qui accueillera cette année nous apprend Le Figaro , Philippe Martinez le numéro 1 de la CGT. Un festivalier inattendu. Déjà, les beaux esprits raillent ce nouvel hôtel Martinez. Il va participer à un colloque sur les droits d'auteur, rencontrer des salariés de l'hôtellerie et des représentants de la CGT spectacle. Pas de passage prévu en smoking et noeud pap’ sur le tapis rouge. L'un de ses prédécesseurs, Bernard Thibault, avait osé. Les adhérents de la CGT n'avaient pas apprécié.

La presse, les sites cherchent comme chaque année la manière la plus originale de faire vivre le festival aux lecteurs et Internautes. Slate.fr a repéré l'idée d'Arte.tv. Inspirez-expirez, des acteurs et réalisateurs racontent l'instant juste avant et juste après une récompense à Cannes. Récompense, ou pas. Voilà ce qui est arrivé en 95 à Ken Loach. Avec la productrice Rebecca Brown, il présentait « Land and Freedom ». Le dernier dimanche, fin de matinée, on l'appelle pour lui dire de revenir rapidement à Cannes. Ils sont à Londres, ça sent bon. Mais...

La descente de l'avion et la descente en pression. Mathieu Amalric raconte la journée du prix et l'instant juste après le prix de la mise en scène, reçu pour « Tournée » en 2010

Tu m'étonnes... Ceci n'était pas une publicité pour le tabac. A demain !

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