les règles absurdes de Daech sur le foot, la revue des 2 mondes contre le Monde, les magistrats montent en défense

La revue de presse, bonjour hélène Jouan

On commence par du football…

« 80 coups de fouet, c’est ce qu’encourt quiconque surpris à suivre à la télé un clasico entre le Barça et le Real » Ca se passe « dans les territoires contrôlés par l’Etat islamique en Syrie et en Irak ». Dans le numéro de France Football en kiosque aujourd’hui, Jérémie Berlioux raconte sur le terrain, comment Daech a déclaré la guerre au foot, c’est ce qu’Abderhamanne Sissako déjà nous avait montré dans son film Timbuktu. Répression aveugle, 13 ados ont été mitraillés à Mossoul l’hiver dernier pour avoir suivi un match de Coupe d’Asie à la télé, interdiction pure et simple dans la petite ville de Rabia, une bourgade irakienne à la frontière syrienne, occupée puis libérée en 2014. A l’époque, jouer au foot, même pour les enfants était devenu un acte de résistance, organiser un match, un risque mortel. Tout naturellement, la libération de la ville a donc été célébrée par un match, une petite victoire sur Daech raconte le directeur du club de sports de la ville. Une victoire sur l’absurde, car aujourd’hui encore, les raisons réelles pour lesquelles le football était interdit restent un mystère pour les habitants….D’ailleurs, dans les territoires encore sous son emprise, Daech a évolué, le groupe islamiste a autorisé ce sport, mais sous condition. Ubu règne plus que jamais en maitre : pas question de porter des maillots, ce serait copier les infidèles occidentaux, du coup comment visualiser les équipes ? Pas de titre ou de récompense pour le vainqueur, l’important c’est de participer après tout disait Courbertin, mais plus absurde encore, l’arbitrage a même été carrément proscrit, car « seul dieu décide de l’issue des choses ». Ubu donc maitre du ballon rond, un journaliste syrien clandestin explique que ce que l’Etat islamique cherche à faire passer, c’est tout simplement l’idée que Daech peut être maitre de tour, il peut changer les lois puisqu’il peut changer celles du football. Aujourd’hui dans Rabia libérée, les enfants jouent de nouveau. Mais tout manque. Y compris les ballons. Qu’importe, jouer, tout simplement jouer, c’est déjà un retour à la normale et une petite victoire

Retour en France Hélène, avec quelques règlements de compte dans la presse

La revue des deux mondes Versus Le Monde : ah oui, ça saigne ce matin ! Valérie Toranian est la directrice de cette revue propriété de l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, sous les feux de l’actualité depuis qu’une certaine Pénélope Fillon est soupçonnée d’y avoir travaillé, ou plus exactement peut-être pas assez travaillé. En février dernier, le quotidien le Monde avait consacré une page à cette revue dans la tourmente, s’interrogeant sur son indépendance et son tournant très droitier…Réponse donc ce matin « aux calomnies » du Monde dit la directrice. 1, encore heureux qu’il y ait des mécènes en France pour assurer la pérennité de la presse française, tiens d’ailleurs le Monde survit grâce à ces 3 actionnaires, et surtout ne l’oublions pas aux aides de l’Etat. 2, c’est pas parce qu’on a fait une couverture sur Fillon qu’on roule pour lui, sinon que dire de tous les hebdos qui ont également consacré leur manchette au vainqueur de la primaire de la droite ? 3, Quand le Monde met régulièrement Macron à sa Une, alors que Pierre Bergé son actionnaire lui a déclaré son soutien inconditionnel, « est-ce que ça offusque nos déontologues de service ? » accuse Toranian. Valérie Toranian qui se défend par ailleurs d’avoir pris un « mauvais tournant réac » juste parce qu’elle donne la parole à Finkielkraut, Onfray, Houellebecq et même Zemmour, « tous suppôts de la mal-pensance selon le Monde, lâche t elle, qui entend donc faire régner la terreur sur le petit monde intellectuel parisien à coups d’excommunication. » Bon j’arrête là, mais le Fillongate semble avoir réveillé la guerre des journalismes et journalistes

Les « affaires » qui encombrent la campagne de François Fillon, suite dans la presse ce matin

Avec la Une d’Aujourd’hui en France/le Parisien qui affirme que les enquêteurs pourraient s’intéresser…pas aux emplois, pas aux costumes, pas au prêt sans intérêt de François Fillon mais cette fois au mariage de sa fille ! Jean Michel Decugis et Eric Pelletier expliquent en effet que sur les 46 000 euros net touchés par Marie Fillon comme attachée parlementaire de son père au Sénat, 70% auraient été rétrocédés sur le compte joint de ses parents. Motif : la jeune femme explique qu’elle leur aurait remboursé son mariage. Pratique assez inhabituelle il faut bien l’avouer. Son frère aurait lui remboursé à ses parents sur ses émoluments, son loyer et son argent de poche. Rembourser son argent de poche « Et alors ? » dira sûrement François Fillon comme il l’a fait hier

Et alors ? S’il était simplement nouveau finalement, que la justice passe, même dans un dossier politique ? Les magistrats en tout cas se défendent haut et fort dans la presse : Double page du Monde daté d’aujourd’hui de Fabrice Lhomme et Gérard Davet, sur le combat frontal entre juges et politiques, il faut lire le portrait du juge Tournaire en charge du dossier Fillon, afin de comprendre comment ce juge a choisi d’appliquer aux politiques, les mêmes règles que celles qui permettent de lutter contre la criminalité organisée, sans parti pris politique mais au nom de l’ idée qu’il se fait de la justice, d’ailleurs même certains de ses anciens mis en examen lui rendent hommage, Bernard tapie, « je le déteste, mais j’ai du respect pour lui », Jérôme Lavrilleux mis en cause dans l’affaire des fausses factures de l’Ump « sans ce juge, qui a fait une enquête fouillée, complète, irréfutable, j’aurais été brûlé en place publique ». Il faut lire aussi l’interview, rare, du juge Gentil qui dément l’existence d’un complot des juges, « que les responsables politiques fassent attention à leurs attaques dit il, c’est dangereux pour la démocratie, l’Etat de droit ». Et puis enfin, il faut lire dans l’hebdo le Un consacré demain à la Corruption, l’entretien du magistrat Antoine Garapon, très remonté lui aussi contre les attaques. « Ce qui est exceptionnel dans ce dossier fillon dit il, c’est le fonctionnement normal de la justice. Mais finalement cette affaire conclut il en substance pourrait bien avoir du bon. Car si la France n’est pas une démocratie juridique comme le sont les pays anglo-saxons, cette fois, les français ont senti que les attaques contre les juges allaient trop loin. Finalement les juges incarnent la règle du jeu et sont là pour la rappeler ».

A gauche, un candidat socialiste un peu seul ce matin…

Manuel Valls dans Paris-Match, vous l’avez entendu à 8h, qui affirme donc en parlant de Benoit Hamon, « je ne peux pas lui apporter mon parrainage, car je ne pourrai pas assumer autant de contradictions ».

Et puis une lettre publiée par Libération, pas tellement plus amène du commissaire européen Pierre Moscovici. Il explique doctement à son ancien camarade désormais candidat, que son projet de « régime parlementaire fédéral pour gouverner la zone euro » est peut-être beau, ambitieux, mais irréaliste ! Parce qu’il ne trouvera guère de soutien en europe à court terme. Et dans le long terme comme disait Keynes, nous sommes tous morts. Bref, améliorons ce qui existe déjà lui conseille t il. C’est signé « prêt à en discuter avec toi, amicalement, pierre moscovici ». Mais ça ressemble furieusement au libellé écrit en rouge par un prof sur le devoir de son élève: « copie à revoir »

Et puis je termine en vous signalant dans l’Opinion, la chronique du député européen socialiste Emmanuel Maurel. Emmanuel Maurel qui s’interroge sur le syndrome Bartleby. Bartleby le scribe dans le roman de Merville qui répète à chaque proposition « i would prefer not to », dont la traduction a d’ailleurs fait couler beaucoup d’encre, admettons « je ne préfèrerais pas »… En France et c’est très nouveau, il semble qu’il n’y ait aujourd’hui de grandeur que dans le renoncement constate t il, regardez Juppé, avant lui Hollande. Regardez aussi tous ces parlementaires qui renoncent à briguer un nouveau mandat. Maurel s’interroge sur le pourquoi structurel de ce syndrome qui s’abat sur la politique française, institutions de la 5ème, démocratie de la surveillance, désacralisation du pouvoir…la politique est moins désirable, mais est-ce bien raisonnable ? met il en garde…c’est à lire, à moins que vous ne vous replongiez dans bartleby, le vrai

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