Le Parisien-Aujourd'hui en France l'appelle déjà "la taxe écolo"... Elle s'appliquera dès demain sur les produits électriques et électroniques, pour éviter qu'ils soient abandonnés dans la nature après usage... Et du coup, nous dit Le Parisien, "ce sont 30.000 articles, du téléphone portable au réfrigérateur, qui vont augmenter... Une bonne nouvelle pour l'environnement, mais pas pour le pouvoir d'achat", nous dit encore le journal, qui donne le détail... "Ce sera 10 centimes de plus sur un portable, une perceuse ou un sèche-cheveux... Mais ce sera 8 euros sur un téléviseur à écran plat, et 13 euros sur un frigo"... Voilà une éco-participation qui fait déjà grincer les dents... Notez que cette taxe écolo vient d'une transposition d'une directive européenne en droit français... celle du "pollueur-payeur"... Mais cela n'a rien à voir avec la fiscalité verte, que Dominique de Villepin a relancée hier... "Il mobilise l'impôt au secours de l'environnement", explique Les Echos... Entre autres, le chef du gouvernement lance une réflexion sur la création des péages dans les centres-ville, qui inspire un dessin à la Une de La Montagne... "Pourriez-vous m'indiquer le centre-ville ?", demande un automobiliste à un passant... Réponse : "Au deuxième radar sur votre gauche, vous prenez le péage, et c'est trois radars plus loin"... Et là, les éditorialistes sont sévères... Ainsi Hervé Chabaud, dans L'Union et L'Ardennais... "Lorsque Villepin fait du Nicolas Hulot à temps partiel, ce n'est pas encore "Ushuaïa" version politique... Par les temps qui courent, il faut avoir sa séquence écolo, sans laisser croire qu'il s'agit d'une précipitation électoraliste biodégradable"... Et Hervé Chabaud coupe la main verte du Premier ministre en deux phrases... "Il n'y a rien d'inattendu dans ses décisions... Et rien ne dit que ses choix gouvernementaux entreront un jour vraiment en vigueur... Dans six mois, dit Hervé Chabaud, ce sont les élections, et on ne parlera peut-être plus des péages urbains"... "C'est incroyable, ils sont tous Verts !", s'écrie Pascal Aubert dans La Tribune... "Avec quelques mois d'avance sur le calendrier des saisons, les aspirants à la fonction présidentielle verdissent à vue d'oeil... Les discours résonnent d'odes à la biomasse, fleurissent de madrigaux à la gloire de la géothermie, ou se parfument de virulentes philippiques contre les émissions carbonées... En somme, dit Pascal Aubert, ces jours-ci, la classe politique joue à "plus Vert que moi tu meurs"... Malheureusement, cela donne à penser que cet intérêt soudain pour la fonte des glaciers, les énergies renouvelables et le transport fluvial, peut tout aussi bien s'expliquer par des raisons toutes plus terre à terre, comme par exemple la nécessité de caresser l'électeur dans le sens du poil"... "Que Nicolas Hulot se rassure !... reprend Pierre Taribo dans L'Est Républicain... Il n'a jamais eu autant de disciples... Tous les responsables politiques se disputent la palme du meilleur écologiste de France... A quelques mois de l'élection présidentielle, on se demande ce que valent les habits neufs des écologistes de la dernière heure"... Comme le dit Michel Noblecourt dans Le Midi Libre : "Il ne suffit pas d'avoir une parole écologique pour être crédible... Il faut mener une action durable"... Et c'est encore Pierre Taribo qui croit voir "le dessous des cartes", dans L'Est Républicain... "C'est aussi une façon, pour le Premier ministre, de rappeler à ses petits camarades de l'UMP qu'il existe toujours dans le paysage politique de la droite... Ragaillardi par le recul du chômage, il confirme son envie de continuer à agir... Et pour peu que le feuilleton Clearstream lui en laisse le loisir, il ne renoncera pas à un affrontement final avec Nicolas Sarkozy en vue de la désignation du candidat de l'UMP"... Tiens, Clearstream justement... Si vous voulez savoir ce que Michèle Alliot-Marie a dit aux juges vendredi, reportez-vous au Parisien-Aujourd'hui en France, encore... et à L'Est Républicain... Selon eux, "pendant 12 heures, la ministre de la Défense est restée sur la défensive... Pour résumer sa déposition, dont le procès-verbal fait quand même 46 pages : Michèle Alliot-Marie n'a jamais vu les faux listings Clearstream, et a à peine entendu parler de l'enquête du général Rondot, pourtant sous ses ordres... Elle n'aurait eu connaissance des noms des politiques et des industriels visés qu'en juillet 2004, après leur publication dans la presse... Elle dédouane également Jacques Chirac... "Je n'ai jamais évoqué ce dossier avec le Président de la République", dit-elle... Tout juste admet-elle que Dominique de Villepin aurait pu lui en parler par courtoisie... A l'évidence, conclut Le Parisien, les deux juges ne sont guère avancés"... Autre interview : celle de Dominique de Villepin, à La Dépêche du Midi... Ce n'est pas un hasard puisque, tout à l'heure, le Premier ministre sera à Toulouse pour rencontrer ceux qui participent à la chaîne industrielle d'Airbus Industrie... "Je me fais une idée exigeante du rôle de l'Etat actionnaire... Qui pourrait imaginer, dit encore Dominique de Villepin, la France sans Airbus, sans Renault, sans Saint-Gobain ?... L'Etat doit jouer tout son rôle pour défendre notre industrie"... Bref, Jean-Pierre Bedei, dans son éditorial de La Dépêche, constate que "Dominique de Villepin sera omniprésent cette semaine sur la scène politique... Hier, des mesures en faveur de l'environnement... Aujourd'hui, Toulouse et la politique industrielle... Enfin demain, il s'exprimera sur les questions internationales... Comme par hasard, cet activisme intervient lors de la semaine qui voit le PS désigner son candidat, et l'UMP adopter son projet législatif... Le Premier ministre ne veut pas être en reste... Quoi qu'il en dise, écrit Jean-Pierre Bedei, Villepin reste en embuscade"... On termine par ce titre de Ouest-France, sur "la vie en prison"... "Va-t-on enfin agir ?", se demande le journal... "Aujourd'hui paraissent les cahiers de doléances des détenus... un événement unique, nous explique Bernard Le Solleu... Jamais, depuis que les prisons existent, l'administration pénitentiaire n'avait osé donner la parole aux détenus... Et quel meilleur moment, pour entendre la parole de ces Français invisibles, qu'une campagne présidentielle ?"... Même si Bernard Le Solleu ne se fait guère d'illusions... "La liste est longue, dit-il, de ces témoignages et rapports consacrés au monde pénitentiaire, tous plus indignés les uns que les autres... "Une humiliation pour la République", écrivaient en 2000 les parlementaires... Mais deux ans plus tard, au moment de l'élection présidentielle, la question était bannie des tréteaux... Elle n'intéressait déjà plus les candidats"...

Denis ASTAGNEAU

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