Trump qui continue d'interroger la presse sur les répercussions de sa victoire, Fillon qui se rêve en surprise trumpiste

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

Première interview télé hier soir de Donald Trump comme président élu. La presse française et américaine continuent de s’interroger sur les répercussions de son élection

Et maintenant ? Tribune du New York Times ce matin, de Nicholas Kristof qui revient sur le hiatus entre les 2 sources d’information qui ont nourri la campagne : la presse dite mainstream accusée de tous les maux parce qu’elle n’a rien vu venir, et les sites souvent d’extrême droite qui ont colporté des infos bidons. « si vous lisez ce journal écrit il, sans doute ne savez vous pas que notre président musulman complotait pour faire un 3ème mandat, avec hillary en paravent, que le pape François soutient Trump ou que Chelsea n’est pas la fille de Bill » Ah tous ces scoops que nous avons manqués se moque t il. Sauf que tout cela évidemment est faux, mais ce sont ces infos là qui ont gagné et qui sapent notre démocratie » écrit il. nous avons eu tort de ne pas prêter plus d’attention à ces faussaires et à ces « faussetés » conclut aujourd’hui Nicholas Kristof assez pessimiste sur la suite, « car le problème, écrit il, c’est que ces sites ont aujourd’hui l’imprimatur de personnes, au pouvoir »…et pour cause, trump vient de nommer le créateur d’un de ces sites complotistes, Breitbart News, Steve Bannon, stratège en chef à la maison blanche

Et maintenant, donc, et même et après ? « Trump a été élu sur des promesses brindezingues, il aura une présidence brindezingue prédit ce matin dans l’Opinion, Eric le Boucher. L’impasse est simple à définir poursuit il, s’il applique son programme, c’est la récession, s’il ne l’applique pas c’est la trahison. Et après donc, se demande t il ? comment réagira le peuple trahi ? en voudra t il à son prestidigitateur ou bien voudra t il se renfoncer dans l’aventure nationaliste ? Donald Trump nous conduit au bord du précipice. » conclut il.

L’Opinion qui détaille par ailleurs les risques de conflit d’intérêt du président/bizness man Trump. Employeur de 22 000 personnes, 500 entités commerciales dans le monde entier, de juteux projets immobiliers en Turquie : comment s’assurer que les décisions du président Trump ne seront pas motivées d’une façon ou d’une autre par l’envie de favoriser ses activités interroge Elizabeth Guedel ? la gestion de ses affaires confiée à 3 de ses enfants ne semble pas de nature à garantir l’étanchéité entre les 2 mondes, public et privé. Et la législation américaine ne sera pas forcément d’un grand secours. Reste conclut la journaliste, à croire en la bonne foi du président Trump ». Un sacré pari tout de même

Retour en France, avec la dernière semaine de campagne avant le premier tour des primaires de la droite et du centre.

Un climat qui se tend, et un homme qui émerge. Question climat, c’est Bruno Le Maire qui en fait les frais. Il parait qu’il n’en finit pas d’exaspérer ses adversaires à la primaire. Ludovic Vignogne, toujours dans l’Opinion, nous raconte l’altercation « brève mais violente » entre Juppé et lui, à la sortie du dernier débat, après la conclusion de Le Maire invitant les téléspectateurs à choisir entre « un visage vu depuis 30 ou 40 ans et un visage neuf ».Juppé se serait senti visé. François Fillon renchérit « Le maire perd les pédales dit il, il devient méchant ».

Fillon ? ah c’est indiscutablement l’homme qui monte, en tout cas dans la presse ce matin. Serait-ce une façon pour elle de se prémunir d’une surprise telle qu’on l’a vue aux Etats-unis la semaine dernière ? y a peut-être un peu de ça…car si l’on accorde encore quelque crédit aux sondages, même si ce n’est plus du tout tendance, il faut bien avouer que l’ex premier ministre est encore loin derrière les 2 premiers, Juppé/sarkozy…mais Didier Rose des Dernières Nouvelles d’Alsace l’affirme « de second couteau, puis de faiseur de roi, Fillon se sent passer à un statut de trumpisable, vainqueur contre les prévisions ». Si l’arithmétique est encore en faveur des 2 premiers, la dynamique pourrait favoriser l’émergence de ce 3ème homme. Quasiment tous les éditoriaux de la presse régionale s’en font écho ce matin, « Fillon se sent pousser des ailes » assure le Figaro, et Cécile Cornudet dans les Echos en convient « tout semble soudain possible, il n’y a plus de favori tranquille ».

Surprise, surprise donc…quand à gauche, L’Opinion affirme que Manuel Valls est déterminé à se lancer. Convaincu que le prochain livre de l’ex conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle « Bim Bam Boum » sera en quelque sorte le dernier clou porté au cercueil des ambitions présidentielles de l’actuel chef de l’Etat , le premier ministre se voit comme le dernier rempart face à une bérézina annoncée de la gauche. Une initiative « pro valls » est attendue pour cette semaine écrivent Nathalie Segaunes et Stéphane Grand.

Iélé entame sa 5ème semaine de grève, une sortie de crise est-elle en vue ?

Une grève record pour une télévision privée, et une première aujourd’hui. « le gouvernement qui a brillé par son silence préférant œuvrer en coulisses écrit Jérôme Leffiliatre dans Libération, a enfin décidé d’accentuer la pression sur Vincent Bolloré ». Les ministres du travail et de la culture reçoivent à midi les patrons de la chaine. En réalité, alors que ceux-ci ont tenté d’accréditer l’idée qu’une sortie de crise était imminente, opération de communication grossière dit Libé, ça n’avance pas. Et pour cause « là haut, dans les cieux éthérés se trouve le trône de Bolloré. Et le milliardaire refuse d’avaliser les compromis de ses sous fifres » affirme Lefilliâtre. Au delà d’un projet éditorial clair, de l’exfiltration de Morandini, là-dessus, il parait que les journalistes se sont faits une raison, reste l’exigence d’un directeur de la rédaction qui ne soit pas le directeur général de l’entreprise totalement dévoué au grand patron. Audrey Azoulay soutient cette revendication. En attendant l’issue de la rencontre, les salariés d’itélé seront ravis d’apprendre qu’une cellule de suivi psychologique a été ouverte au sein de l’entreprise…

Baroin…vous êtes un ancien journaliste. Vous diriez comme le candidat que vous soutenez qu’il faudrait « à la France beaucoup de patrons comme Bolloré » ou vous estimez que vos anciens confrères luttent pour défendre leur entreprise, et « une certaine idée de l’information » ?

On termine en bref Hélène

Asli Erdogan, écrivaine turque embastillée depuis septembre dans une prison pour femmes d’Istanbul. Jeudi dernier, les procureurs turcs ont réclamé la prison à vie pour cette romancière qui n’a commis d’autres crimes que d’écrire dans une presse favorable aux revendications kurdes.

Notre confrère Olivier Bertrand a été libéré hier après avoir passé 3 jours dans un centre de rétention turc, Sonia Devillers reçoit dans l’Instant M, Can Dundar, l’ex rédacteur en chef de Cum Hurriet en exil aujorud’hui, mais une pétition est en ligne sur le site du magazine culturel Diacritik pour réclamer la libération d'Asli Erdogan

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