C'est un faire-part de naissance émouvant que nous adresse ce matin Sud-Ouest : une île vient de voir le jour dans l'estuaire de la Gironde... La photo est à la Une du quotidien : ciel bas, nuages... Au fond de l'image, le phare de Cordouan. Et au premier plan, à quelques encablures du phare, le nouveau-né. C'est plus qu'un gros banc de sable : quatre hectares visibles. Mais en dessous, l'ensemble approche de la centaine d'hectares. Grosso modo, c'est à dix kilomètres de Royan. Jusque-là, l'île était recouverte à marée haute. Ce n'est plus le cas depuis au moins un mois. Pourquoi le sable a-t-il surgi tout d'un coup ? Pour l'instant, on ne le sait pas. Les spécialistes se contentent d'observer. Ils ont déjà repéré des dizaines de passereaux et quelques oiseaux de nuit. Début septembre, en effet, des fêtards ont débarqué sur l'île pour célébrer la fin de l'été sur un nouveau terrain de jeu. Il y a donc la possibilité d'une île, dans l'actualité... L'avenir est-il aux poètes, aux littéraires ? Question à la Une de La Croix, ce matin, après que Nicolas Sarkozy a présenté la réforme du lycée hier. Vos journaux ont bien repéré qu'après les manifs de l'an dernier, il avait revu ses ambitions à la baisse. Mais il y a donc ce chapitre de la réforme : "Nous allons casser une bonne fois pour toutes la hiérarchie des séries au lycée. Il faut sauver la filière littéraire : elle est aujourd'hui en perdition". Comment "en finir avec le désamour pour les filières littéraires" ? La Croix donne la parole à des entrepreneurs et des universitaires. Premier constat : traditionnellement, les professionnels du recrutement se méfient des filières littéraires, qu'ils connaissent mal. Et pourtant, de bons littéraires, de bons géographes, ont acquis des méthodes de travail. Et puis, les entreprises n'ont plus le choix : la démographie commande, selon La Croix. Le vivier de la filière scientifique n'est plus suffisant pour former des professionnels qualifiés. Alors pourquoi pas des littéraires ? Deux limites, tout de même. S'ils ne maîtrisent pas les langues ou les outils informatiques, la culture générale ne suffit pas. Muscler le programme de langues de la filière L, c'est d'ailleurs l'un des aspects de la réforme du lycée. Deuxième limite : les professionnels des ressources humaines savent que ces jeunes ont besoin d'un complément de formation. Est-ce le rôle de l'entreprise ou de l'université ? Ce mois-ci, le magazine L'Etudiant passe au crible les différentes filières du Bac, et ce que deviennent leurs élèves à la fac et ensuite. Pour le Bac L, sept diplômés sur dix vont à l'université. Et les filières sont encore peu professionnalisées. Résultat : le taux d'emploi hors enseignement des diplômés en sciences humaines est en bas de l'échelle. Les plus mal lotis sont les diplômés de philo et de socio. L'université est en train de prendre le virage de la professionnalisation, selon L'Etudiant. Mais les diplômés littéraires devront faire preuve de plus de motivation et d'endurance que leurs congénères d'écoles de commerce ou d'ingénieurs. La revalorisation de la filière L au lycée va-t-elle les aider ? De nouvelles disciplines, comme le droit, pourraient y être introduites. Dans Le Journal de la Haute-Marne, Patrice Chabanet voit dans les mesures annoncées hier "du bon sens". "Mais la pierre d'achoppement, écrit-il, demeure la question des moyens et des effectifs". Et les littéraires purs et durs, ils sont de moins en moins nombreux dans la jeune génération... En tout cas, parmi les 15-24 ans, un quart des garçons n'ont jamais lu un livre au cours des douze derniers mois. Les filles lisent un peu plus. Le chiffre est dans Télérama, cette semaine. L'hebdomadaire s'est procuré l'enquête que le ministère de la Culture réalise tous les dix ans sur les pratiques culturelles des Français. Les moins de 35 ans ont des pratiques culturelles différentes de leurs aînés. C'est vrai de toutes les générations. Mais là, il s'agit d'un bouleversement. Encore un chiffre : 1% seulement des 15-35 ans classent le classique en tête de leurs préférences musicales. On disait, il y a quelques années, que les amateurs de rock viennent au classique à la quarantaine. On sait aujourd'hui que ce n'est pas vrai. Les goûts acquis à l'adolescence demeurent. Et aujourd'hui, les goûts des moins de 35 ans vont à la musique et au cinéma anglo-saxons. L'idée n'est pas de jouer les vieux ronchons et de dire : "c'était mieux avant", mais de constater le changement. Il affecte aussi la télévision et la radio. Le temps passé devant les écrans, qu'ils soient d'ordinateur, de console de jeu ou de portable, est du temps pris au mastodonte de la culture de masse qu'était jusque-là la télé. Et c'est ce rapport à l'écran qui recèle la mutation la plus profonde. Quand on est devant l'ordinateur, la vieille distinction entre culture savante et culture populaire explose : on peut lire un texte sophistiqué en écoutant des chansons débiles. Fini les hiérarchies. Télérama donne la parole à Eric Scherer, qui publie ces jours-ci "La révolution numérique". Pour lui, ce sera à l'Education Nationale de transmettre ce qu'il reste de culture commune. Faut-il avoir peur de Google et du livre numérique ? La presse économique pose la question ce matin, alors que le Salon du Livre de Francfort a été inauguré hier soir. Selon Les Echos, pour l'instant, en France, seulement 0,1% des livres se vendent en format e-book. Mais les éditeurs se préparent déjà à cette révolution numérique, qui leur posera à eux aussi la question du piratage. Et en présentant la réforme du lycée hier, Nicolas Sarkozy a eu une petite phrase qui fait beaucoup parler... La polémique Jean Sarkozy ne retombe pas. Et le Président n'a pas contribué à l'apaiser avec ces quelques mots qui recouvrent toute la Une de Libération ce matin... "Désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n'est plus d'être bien né, c'est de travailler dur et avoir fait la preuve, par ses études, par son travail, de sa valeur"... "C'est bien compris, Jean ?", demande Jacques Guyon dans son édito de La Charente Libre. La perche tendue est trop énorme. Beaucoup d'éditorialistes s'amusent, sur le même registre que Guyon. Dans Le Parisien-Aujourd'hui, un cadre de l'UMP s'étrangle : "Il aurait dû retirer cette phrase". La polémique ne retombe pas. Libération relève les grincements de dents dans la majorité. A l'Assemblée Nationale hier, un élu UMP des Alpes-Maritimes redoutait une remontée du FN après cette affaire. C'est le député des Yvelines Pierre Cardo qui a sonné la charge. Lui, qui est élu d'une commune dite "sensible", Chanteloup-les-Vignes, voit passer dans sa mairie des parents qui rament pour décrocher un stage pour leurs enfants. "Ces jeunes qui galèrent", ils sont à la Une de La Voix du Nord ce matin. Et dans L'Alsace, Patrick Fluckiger estime que l'affaire Jean Sarkozy est "une humiliation pour la jeunesse française, à qui papa Sarkozy vient royalement d'accorder l'accès au RSA". "Les polémiques se multiplient et la boussole de la majorité s'affole", confirme Michel Urvoy dans Ouest-France. "Ce ne serait pas si grave si, comme le pense François Fillon, attentif à ce qui remonte des circonscriptions, la fin du quinquennat ne se jouait pas dans les trois mois qui viennent. A mi-mandat, le charme est rompu", selon Michel Urvoy. Conclusion provisoire avec le titre du Canard Enchaîné, un peu tiré par les spaghetti cette semaine : "L'Epad, l'Epad, oui mais des Sarkozy !" D'autres informations, glanées dans la presse... Dans Le Parisien, 17 associations humanitaires dans le collimateur de la justice... Elles sont soupçonnées d'escroquerie. Des millions d'euros pourraient avoir été détournés. Précision importante : les grandes associations dont on parle régulièrement ne sont pas concernées. Vous trouverez, dans ce dossier, des conseils pour faire des dons sans vous faire arnaquer. Toujours dans Le Parisien : une re-localisation... C'est assez rare pour être souligné. L'entreprise Gantois a rapatrié hier à Saint-Dié, dans les Vosges, des machines à tisser le métal. Elles étaient parties en Roumanie. Un homme licencié en 2006 après 19 ans dans la boîte regrette "le terrible gâchis humain". "Mein Kampf" en BD : ça marche au Japon... 45000 exemplaires ont été vendus dans une collection manga, qui se veut pédagogique. Pédagogique ou pas, selon Les Inrockuptibles qui sortent cette petite information, le succès commercial consterne les éditeurs en Europe, où le texte d'Hitler est évidemment très encadré. Et puis, à l'heure où le bling-bling revient à la Une avec Jean Sarkozy, dans Le Figaro, Eric Neuhoff applaudit le retour au cinéma du séducteur prolétaire... "Sur les écrans français de 2009, l'ouvrier-maçon est irrésistible"... C'est ainsi que commence sa critique de "Mademoiselle Chambon", aujourd'hui au cinéma : la rencontre entre un maçon un peu bourru, Vincent Lindon, et une institutrice diaphane, Sandrine Kiberlain. "Ah ces rudes gaillards bourrus au torse velu ! Inutile, Messieurs, de rouler en Porsche : apprenez plutôt à manier la truelle". A part ça, Neuhoff n'a pas tellement aimé ce film. D'autres critiques ont apprécié les silences et les non-dits d'une histoire d'amour compliquée. Des silences et des non-dits qui laissent la possibilité d'une île...

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