(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : à deux doigts du drame.

(Bruno Duvic) La maladie, la vieillesse, l'approche de la mort. Ce sont des épreuves majeures de la vie, rarement évoquées dans la presse. Parfois, une personnalité qui traverse ces épreuves prend la parole. Et ses mots résonnent alors particulièrement fort.

Ce matin c'est Georges Moustaki qui parle dans les colonnes de La Croix .

Moustaki souffre d'une maladie des bronches. En 2009, il avait annoncé sur scène qu'il ne chanterait plus.

Presque 3 ans plus tard, il a reçu Jean-Yves Dana dans son appartement de l'île Saint Louis à Paris. "La maladie est une mise en danger sérieuse qui vous force à l'écouter, à lui obéir" avait écrit Moustaki.

« Je dois me soigner en permanence, dit-il à La Croix mais j'écris, je peins, je dessine. (..) J'ai eu une vie passionnante, je voudrais qu'elle le reste jusqu'au bout. (..)

J'écris sur la nostalgie. Je suis d'une génération où nous nous sommes tous exilés aux 4 coins du monde. (…) Désormais, je voyage dans ma chambre. (…) La maladie fait naître de nouvelles nostalgies, celles de l'exil comme état permanent. »

L’auteur du « Métèque » qui a aujourd'hui 77 ans, évoque aussi des relations entre générations. Il raconte son amitié avec Vincent Delerm, qui pourrait être son petit fils.

Et puis il décrit la sagesse des anciens, moins grande que jadis. « Les anciens acceptent moins facilement de vieillir. On ne voit que l'aspect négatif, l'approche de la mort. Mais, enfant, à Alexandrie, je trouvais les vieux remplis de joie de vivre. Je les observais avec plus de convoitise que la génération de mon père, qui réussissait avec servitude. Je rêvais d'accéder au grand âge. J'y décelais cette soif de liberté, présente dans l'enfance et la vieillesse, qui a toujours guidé mes pas. »

C'est donc à lire dans La Croix , entretien avec Jean-Yves Dana, qui écrit de Moustaki qu'il a le corps faible mais le regard bienveillant.

A deux doigts du drame, ce Moyen Orient d'où vient Moustaki.

Et ce n'est pas à Alexandrie, mais à Téhéran que nous emmène Le Figaro ce matin. « L'Iran prépare une bombe nucléaire ». A vrai dire on s'en doutait, l'information c'est que l'Agence de l'énergie atomique a accumulé les preuves et s'apprêt à dénoncer publiquement l'Iran.

Question, pourquoi l’agence intervient-elle maintenant ? Réponse de Pierre Rousselin dans l'édito du Figaro . Les révoltes dans les pays arabes ont exacerbé la guerre larvée entre l'Iran et l'Arabie Saoudite, les deux grands acteurs de la région.

Isabelle Lasserre ajoute un autre élément d'analyse. « Dans les capitales occidentales, on est persuadé qu'il faut agir sur ce dossier avant l'année 2012, qui verra beaucoup d'élections très importantes. » Elections à Moscou, Washington, Paris, et arrivée d'une nouvelle génération au pouvoir en Chine. « Tout cela pourrait faire disparaître le dossier uranien de l'agenda. » C'est donc plus que jamais « une course contre la montre » qui est engagée.

De l'Iran à la Syrie, dans Libération

Hala Kodmani a recueilli le témoignage de deux syriennes qui viennent de s'exiler à Paris.

L'une, dont le mari est recherché s'appelle Sawsan raconte une perquisition, le viol de l'intimité :

"Vers 8 heures du matin, on sonne à la porte. Ma mère, qui vivait avec nous, ouvre. 4 hommes en arme font irruption dans la maison, se précipitent vers la chambre où je dormais avec mes enfants, arrachent les draps qui nous couvraient puis, déçus, se mettent à fouiller tous les placards et les recoins de la pièce ; puis du reste de l'appartement, qu'ils retournent sans dessus dessous." Ils repartiront sans en avoir appris davantage sur le père, mais en embarquant au passage quelques carafes antiques.

Ce témoignage mêle l'espoir et la colère. Sawsan raconte la détermination des manifestants : "quand les forces de sécurité interviennent, les jeunes savent se faufiler dans les ruelles entre les charrettes des marchands de fruit et légumes. Et quand certains sont arrêtés, ce sont les parents qui descendent manifester le lendemain. (...) S'il n'y avait pas tant de traitres, le mouvement aurait gagné depuis longtemps."

A deux doigts du drame, également, les Maldives

Alors que la question du réchauffement climatique est passée complètement au second plan, le président des Maldives rappelle l'urgence de ce sujet avec un témoignage on ne peut plus concret dans les colonnes du Monde .

Dans l'archipel "nous avons 16 îles dont nous avons dû déménager les populations en raison de l'érosion des côtes. Nos nappes d'eau douces ont été contaminées dans 70 iles en raison de l'intrusion de l'eau de mer. Et avec le réchauffement des eaux de surface, les poissons demeurent plus en profondeur et deviennent inaccessibles au type de pêche que nous pratiquons. » Tout cela a un coût qui se traduit en nouveaux impôts.

Pour comprendre la réalité du réchauffement, dit encore le président, il faut avoir de l'eau dans son salon. Un jour à New York, ils verront de l'eau dans leur salon et ils diront : "Tiens ! Le changement climatique est une réalité !"

Dans la série "inquiétude en Europe", la crise évidemment

A la Une des Echos , le plan français pour en sortir.

Ce sondage dans l'édition belge de Paris Match et qui a un rapport indirect avec la crise : 43% des Belges estiment que le nazisme comportait des idées intéressantes. La proportion de francophones et de flamands est comparable. Est mis en avant notamment, le nationalisme économique des nazis.

A deux doigts de la décadence romaine, ou peut être déjà en plein dedans, l'Italie de Berlusconi. Toujours plus fort, dans Le Nouvel Observateur , on apprend que « papounet » est adepte du porno religieux. Comme à chaque fois, il ne s'agit pas que des fantasmes d'un homme (ça le regarde). Mais derrière les fausses nonnes qui se déshabillent pour Néron c'est un théâtre de collusions et d'affaires louches. Un seul exemple : une des bonnes sœurs d'un soir est devenue conseillère régionale en Lombardie.

De l’Italie, on préfèrera retenir des souvenirs d’enfance. Les vignettes Panini ont 50 ans ! L’Equipe leur consacre une double page très réussie.

La vignette Aubry ou la vignette Hollande : laquelle restera dans l'album des primaires ?

A deux doigts du drame, comme le dénouement d'une pièce de théâtre. La presse y consacre encore de nombreuses pages et Unes ce matin. Je n'y reviens pas, c'est également à la Une du 7/9

A deux doigts du drame enfin : les accrocs habitués à pianoter sur leurs BlackBerry. Ces smartphones, considérés jusque là comme les plus fiables du marché, ont été en panne pendant trois jours.

C'est le « BlackBerry crumble ». Le Financial Times raconte l'errance de ces drogués aux e-mails qui perdent tout repère, un peu comme ces voyageurs perdus dans les aéroports au moment de l'éruption volcan islandais.

« J'ai marché pendant 3 jours sans recevoir un e-mail » dit l'un. « Dans les réunions j'étais obligé d'écouter ce qui se disait » témoigne un autre. Et le 3ème : « faute d'emails, j'ai dû téléphoner aux gens. »

Cette histoire a renforcé l'image de ringardise du petit téléphone noir. Une femme dévoile sa détresse au Financial Times : « le pire dans tout cela, c'est que j'ai dû avouer à mes amis que j'avais toujours un BlackBerry. »

Bon week-end !

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