Dans la presse ce matin : ça va comme un lundi

"Petit à petit notre électorat s'est déstructuré. Nous n'avons plus une seule catégorie d'électeurs qui vote en bloc pour nous. On est même en train de perdre les fonctionnaires. Les instits et les profs n'ont plus de réflexe électoral en notre faveur. Ce délitement touche aussi les retraités et les bobos. Les jours de vote, ils ne voient pas l'intérêt de se déplacer."

C'est Thierry Mandon, le porte-parole des députés socialistes, qui dit tout cela ce matin dans les colonnes de Libération , après le succès du Front National à la cantonale partielle de Brignoles.

C'est « La claque » pour Var Matin . Est-ce « un scrutin éprouvette » avant les municipales, comme l'appelle le Huffington Post ?

En tout cas, selon Guillaume Tabard dans Le Figaro , il révèle des comportements électoraux nouveaux. Trois, précisément.

  • D'abord, on a longtemps présenté le FN comme un parti national identifié à un leader, incapable d'exister localement. Cette réalité est en train de changer

  • Ensuite le FN devient un parti de second tour. L'effet épouvantail ne marche plus.

  • le tabou est en train de tomber même pour une proportion d'électeurs socialistes. Faible proportion mais significative.

Quelles explications au succès du Front national dans les éditoriaux ?

L'abstention. Même si le taux de participation a bondi entre les deux tours, l'abstention reste supérieure à 50%. Qui ne dit mot consent, philosophe Yann Marec dans Midi Libre .

La crise : « de plus en plus de Français sont paumés », estime Patrice Chabanet dans Le journal de la Haute-Marne .

Mais la crise c'est trop simpliste, selon Bruno Dive dans Sud Ouest . Pour lui c'est le modèle d'intégration à la française qui est mis en échec.

Les deux cumulés, dans un contexte local dixit Philippe Waucampt dans Le Républicain lorrain : le chômage consécutif à la fermeture des mines de bauxite, l'implantation (mal acceptée) de population maghrébine dans le centre-ville ont contribué à la victoire du Front National.

Le F.N., « trou noir où s'évacuent toutes les peurs sociales », diagnostique Jean-Michel Helvig dans La République des Pyrénées . « Tout fait ventre pour le FN en ce moment ». Trou noir où est aspirée une classe politique victime de rejet. « Cette élection, écrit Yann Marec dans Midi Libre est une grande claque pour les biens pensants de la démocratie qui, à force de se transmettre le pouvoir sans changer le quotidien des gens, ont fini par lasser l'électorat. »

Et en plus le candidat FN a fait une campagne bien plus active que son adversaire UMP, constate Rue89 . Porte à porte intensif. Dans ce même reportage, le maire de Brignoles dénonce une certaine complaisance des médias. "Toute la presse parle du FN sans arrêt. Ca n'a aucun sens".

Le FN, trou noir, ou plutôt « chambre noire de l'idéologie française » selon Christian Salmon sur Mediapart . "Sympathy for the devil", comme chantent les Rolling Stones. « Loin de menacer le système, le Front national en est la réplique, loin de le faire trébucher, il en est la jambe de bois ». Et Salmon cite. Pierre Poujade, le père du poujadisme : « Le Pen, c'est le drapeau français sur le tiroir caisse ». Le drapeau français sur les causes les plus diverses et leurs clientèles. « Si on veut le combattre, il faut un autre modèle politique porté par un mouvement social d'ampleur, avec un mot d’ordre : changez d'imaginaire. »

C'est vrai que les partis de gouvernement ne font pas ce qu'il faut pour redorer leur blason. Après l'élection à la présidence de l'UMP l’année dernière, la primaire PS à Marseille. La Provence décrit le bazar dans certains bureaux de vote hier dans la cité phocéenne. "Bordel incroyable" disent des assesseurs. Bulletins en pagaille, votants entrant à deux dans l'isoloir, distribution de pièces de 1 Euro à des personnes qui venaient voter, aucune date de naissance d'électeur ne correspondait au listing dans le bureau de vote n°49, dans un autre bureau de vote, disparition du listing complet.

Quoi d'autre dans la presse ?

On parle souvent de Marseille et de la Corse, mais une épidémie de crimes secoue également la Guadeloupe. 38 morts depuis le début de l'année. C'est la Une du Parisien-Aujourd'hui en France .

Après The Guardian la semaine dernière, L'Humanité enquête sur les conditions de travail des immigrés au Qatar. A quinze dans deux chambres, toilettes immondes, passeport confisqué, pas de paye les trois premiers mois, travail par 50 degrés l'été. Le reporter de L'Huma Pierre Barbancey s'est fait arrêter et interroger plusieurs heures pour être allé voir où il ne fallait pas.

Le Qatar et cette drôle d'histoire sur Mediapart . Le proviseur d'un des deux lycées français de Doha a été expulsé pour attitude anti-musulmane. Il était en conflit avec la directrice financière de l'établissement qu'il accusait de ne pas avoir les diplômes requis.

Mediapart encore et cette question : Laurent Tapie, le fils, est-il en train de s'exiler en Belgique ? Il est installé avec femme et enfants dans la banlieue de Bruxelles depuis le 1er septembre. Stratégie globale de la famille, selon Laurent Mauduit, pour se protéger des curiosités de l'administration fiscale. La société de Laurent Tapie est contrôlée à 99% par son père.

Ca va comme un lundi… Sur slate.fr , un signe de plus des effets de la crise : la Croix Rouge reprend les distributions d'aide alimentaire en Grande-Bretagne. C'est la première fois depuis la seconde guerre mondiale.

Le coup de Ian Brossat, le chef de file des communistes aux municipales à Paris. Il propose l'installation d'un village d'insertion pour les Roms dans le XVIème arrondissement de Paris. Question de solidarité, selon lui. Il met en avant la faible densité démographique dans le XVIème. C’est à lire dans Le Figaro .

Et dans L'Equipe , un tennisman interdit de jouer

Il est tunisien, 169ème joueur mondial, il était qualifié pour les quarts de finale d'un petit tournoi. Il devait jouer contre un israélien. La fédération tunisienne de tennis lui a interdit de disputer son match. On ne joue pas contre un israélien. L'Equipe reproduit un échange de mails très officiel entre la fédération et le joueur.

Ce n’est pas la première fois que la haine anti-israélienne s’exprime de cette manière dans les enceintes sportives. L’Equipe cite le cas d’un Iranien qui, sur ordre des autorités de son pays, avait refusé de nager à côté d’un Israélien. Et en ce qui concerne la Tunisie, une escrimeuse et un jeune joueur d’échecs avaient renoncé à jouer pleinement leurs chances dans de grandes compétitions.

A demain

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