C’est le Monde qui le révèle ce matin : on en sait désormais plus sur ce qui est reproché précisément aux 5 salariés d’Air France accusés d’avoir malmenés la semaine dernière les deux cadres de la compagnie.

Mise en garde d’abord, du journaliste Soren Seellow : http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/10/14/cinq-salaries-d-air-france-seront-juges-pour-violences-en-reunion_4788855_1653578.html« la vérité judiciaire ne conforte pas toujours l’impression médiatique : aucun de ces salariés ne sera jugé pour avoir lacéré la chemise des deux cadres, devenue l’emblème de ce conflit social. Tout simplement parce que ces vêtements ont aussi bien pu être arrachés par les manifestants que par les vigiles qui tentaient d’exfiltrer les 2 hommes ». Les investigations ont en réalité porté sur 5 points de violence, pour lesquels les auteurs ont pu être identifiés. Actes de violence précis, par exemple contre le responsable de la sécurité incendie projeté contre un mur dans la salle de réunion du cce alors qu’il tente de résister à un passage en force, coup porté dans le dos contre l’un des cadres quand il veut quitter la salle, ou encore, action de ceinturage du DRH Xavier Broseta par l’un des employés quand il cherche à escalader le grillage. Les faits ne viennent pas étayer la thèse du lynchage explique le journaliste, mais le fait qu’ils aient été commis au milieu d’une foule suffit à corroborer le sentiment de danger ressenti par les victimes. Et justifie donc la circonstance aggravante de « violences en réunion » retenue contre les 5 hommes ; ils seront jugés le 2 décembre prochain, et risquent jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende. Face aux critiques émises notamment sur les conditions d’interpellation de ces 5 employés, le parquet de Bobigny se justifie dans le Monde ce matin : « l’objectif est d’avoir l’ensemble des mis en cause en même temps en audition pour éviter tout risque de concertation ». procédure « conforme » donc malgré les cris d’orfraie de certains

Egalement à la Une de la presse ce matin, la manifestation des policiers aujourd’hui devant le ministère de la Justice

« Les héros de janvier sont fatigués » lâche Franck, un commandant d’unité de sécurisation qui travaille en banlieue parisienne ; Fatigué confie t il dans Aujourd’hui en France le Parisien, d’être soumis à ce qu’il appelle la politique Balshen, en référence à la pub des fingers Cabdbury : faire toujours plus, mais avec toujours moins »

Mais en réalité, c’est moins la multiplication de leurs tâches, dans un contexte évidemment marqué par le renforcement du risque terroriste qui fera sortir dans la rue ce matin des milliers de policiers, qu’une institution, qu’ils ne comprennent plus, et qu’une femme en qui ils n’ont pas confiance: La Justice, et la garde des sceaux Christiane Taubira. Femme dans la ligne de mire du malaise policier, « la police craque, Taubira trinque » titre Libération, femme dans la ligne de mire de certains de vos quotidiens aussi. Le Figaro prend la tête du combat, ce n’est pas un combat nouveau pour lui : Taubira la faillite écrit Yves Thréard dans son éditorial. « Son talent oratoire ne saurait masquer son laxisme ni ses insuffisances… ». Thréard qui fait du ministre de l’Intérieur le good cop, du gouvernement, le bon flic, quand Taubira évidemment apparait comme la bad cop : la fermeté affichée par le ministre de l’Intérieur Bernard restera sans effet aussi longtemps que le dogmatisme anti carcéral de Christiane Taubira la mettre en faillite. Valeurs Actuelles jamais en retard pour fustiger la ministre, titre cette semaine « Taubira doit partir »

Laurent Joffrin s’interroge lui dans Libération, « est-ce bien aux syndicats de police de définir la politique pénale du pays ? » Attention, en allant place Vendôme, sous les fenêtres du ministère de la justice, les manifestants se prêtent à leur corps défendant peut être, à une opération politique.

Policiers en colère donc ce matin, étudiants en surnombre également dans la presse ce matin…

Ils sont assis par terre, leur ordinateur sur les genoux, ils s’entassent dans les escaliers d’amphi, sont au coude à coude dans les travées : ils, ce sont ces étudiants et étudiantes en surpopulation dans les facs. Depuis un mois raconte le Parisien, des photos d’amphis surchargés alimentent en flux continu le Tumbler #ma salle de cours va craquer » lancé par le syndicat étudiant l’UNEf. Des clichés pris aussi bien à Paris, qu’en banlieue parisienne ou dans les facs de province…Pas une surprise puisque pour la rentrée, le ministre concerné Thierry Mandon avait bien annoncé 65 000 étudiants de plus, l’équivalent disait il se 3 universités. Le problème c’est que les murs n’ont pas été repoussés, et que ces photos en disent plus long que tous les longs discours sur le sujet de cette explosion démographique. Le ministère s’accroche pour dire que le vrai problème c’est l’orientation, les étudiants appellent eux à sortir des amphis vendredi pour réclamer plus de moyens

La charge de Jérôme Lavrilleux dans l’Obs cette semaine. Entretien exclusif accordé à Violette Lazard, dans lequel l’ex directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 « enfonce » l’ex candidat. Il ne faudrait plus appeler cette affaire, l’affaire Bygmalion mais l’affaire des comptes de campagne de Sarkozy dit il. Des comptes qui ont débordé de tous les côtés, Jérôme Lavrilleux annonce ce matin 10 millions d’euros de plus de dépassement… « C’est une campagne qui a totalement dérapé, explique Lavrilleux, parce que Nicolas Sarkozy s’est entouré de gens qui le traitaient en président de la république, ses désirs étaient des ordres. Toute la hiérarchie, de haut en bas, a bafoué les règles de façon calculée pour gagner à tout prix accuse t il. « Sarkozy ment », « il se défausse » « moi, insiste Lavrilleux, contrairement à Claude Guéant je n’ai jamais eu de coffre-fort dans lequel on pouvait entrer debout ». Charge frontale, guerre totale, juridique et politique donc entre 2 camps désormais, Sarkozy d’un côté. Copé/Lavrilleux de l’autre Jérôme Lavrilleux qui se dit aujourd’hui inquiet pour sa propre sécurité : il m’arrive d’avoir peur. Je n’ai pas envie d’apprendre à nager dans 20 centimètres d’eau comme Robert Boulin » fin de citation

La France a ce matin les honneurs de la presse internationale…

The Guardian en l’occurrence,http://www.theguardian.com/world/2015/oct/13/pork-school-dinners-france-secularism-children-religious-intolerance « Porc ou rien : comment les menus des cantines divisent la France ». Le porc, explique la journaliste à ses compatriotes britanniques, est devenu le nouveau terrain de bataille d’un débat sur l’identité nationale française et la place de l’islam. Angélique Chrisafis est partie en reportage à Chilly mazarin dans la banlieue parisienne, ville coquette décrit elle, où le nouveau maire, Les Républicains a comme d’autres de ses amis, décidé de supprimer les repas de substitution dans les cantines le 1er novembre au nom de la « neutralité » de l’école. Témoignages d’une mère de famille musulmane qui raconte comment son petit de 9 ans, est rentré en pleurs en disant « mais maman, pourquoi je suis différent des autres ? » pas conscient jusque là, que le simple fait de ne pas manger de saucisse était un problème…Ce que la journaliste relève surtout, c’est que cette défense du « porc pour tous, sinon rien », brandie par la droite et l’extrême droite dit elle, est plus un nouvel exemple d’intolérance religieuse, qu’une victoire de notre sécularisme national, notre fameuse laicité, en français dans le texte.

On termine par un mot de cinéma

Le système hollywoodien est il sexiste ? of course http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Lettre-ouverte-de-Jennifer-Lawrence-qui-ne-supporte-pas-d-etre-moins-payee-que-ses-collegues-masculins-4276733

et plusieurs stars féminines Emma Watson ou Gwineth Paltrow se sont émues depuis quelques semaines de leur écart de salaire avec leur collègues masculins. Le magazine Première publie des extraits d’une lettre ouverte de l’actrice d’American Bluff, Jennifer Lawrence qui enfonce le clou et assume avec humour sa part de responsabilité dans cet écart salarial. « C’est quand Sony a été piraté raconte t elle, que je me suis rendue compte que j’étais beaucoup moins payée que ces gens qui ont la chance d’avoir une..bite dans american bluff ! J’étais en colère dit elle, mais pas contre Sony, contre moi. Moi qui avais été nulle pour négocier, moi qui n’ai pas envie de me montrer chiante, moi qui essaie comme toutes les femmes d’être adorable à tout prix. » un mot d’ordre donc, à Hollywood comme ailleurs, cessons d’être adorables…

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