scénario du démantèlement de la jungle de Calais, retour sur le débat digne, et ennuyeux de la primaire de droite

La revue de presse, bonjour Hélène Jouan

On commence par le démantèlement de la Jungle de Calais…des précisions dans la presse ce matin

C’est le Figaro qui les apporte. « Les derniers jours du plus grand bidonville de France sont comptés » écrit Christophe Cornevin. Sauf contrordre, l’évacuation commencera le 24 octobre affirme t il, elle devrait durer entre une semaine et 10 jours. Le journaliste détaille le plan mis en place par l’Etat pour procéder à la plus grande et spectaculaire opération de démantèlement jamais vue, 6500 personnes à évacuer. Les grands moyens sont déployés : une soixantaine de bus de 50 places affrétés dès le premier jour, pour emmener la noria de migrants dans plusieurs dizaines de centres éparpillés en France. Dans chaque bus, 2 « volontaires » entre guillemets, accompagnateurs veilleront sur les passagers légalement libres de leur fausser compagnie à tout moment. Une quarantaine d’agents de l’office français de l’immigration et de l’intégration et une dizaine de traducteurs mobilisés pour battre le rappel vers les bus, jusqu’à 3000 CRS et gendarmes en appui à leurs collègues de la police des frontières pour tenir à l’écart les activistes de no border…

Vaste déploiement donc très détaillé, qui inquiète les associations sur place qui disent redouter les violences liées à cette opération de masse.

2 questions ce matin, quel sera le sort des mineurs isolés de cette jungle de calais ? Ils sont près de 1300..et ils ne peuvent évidemment pas être mélangés aux adultes ou être envoyés en centres de rétention administrative. Le ministre de l’intérieur français Bernard Cazeneuve a exhorté en début de semaine son homologue britannique à assumer son devoir moral en accueillant ces jeunes migrants. Mais pour l’instant, on convient dans son entourage que les discussions sont « très dures »…il faut sans doute comprendre que les britanniques répondent NO…

2ème question : comment ces migrants seront-ils accueillis dans les centres prévus à cet effet dans toute la France, notamment après la levée de boucliers de certains élus de droite tel Laurent Wauquiez ?

« La presse donne trop la parole à ceux qui ont peur », déplore ce matin dans Sud Ouest, Bernadette Mousques. Cette adjointe au maire de Saint-Étienne-de-Baïgorry ne professe pas de nobles principes à l’usage des autres ; non raconte Pierre Pénin, l’hiver dernier, le village basque de 1 600 habitants a accueilli 48 migrants. À sa demande. Ils sont arrivés 3 jours après les attentats de Paris, elle a eu un peu peur de la réaction des habitants, et puis finalement une cinquantaine de bénévoles s’est relayée, pour donner des cours de français, prêter un lit ou initier les enfants à la pelote basque. « on l’a fait conclut elle, et ça ne nous a pas paru insurmontable ».

Ken Loach, on se croirait dans l’un de vos films, il y a les hommes politiques et leurs décisions, et puis il y les gens, parfois modestes, qui s’organisent pour faire preuve de solidarité. Quel jugement portez vous sur l’attitude des uns et des autres sur ces migrants et réfugiés ?

On passe Hélène au premier débat des primaires de la droite, c’était hier soir…

« Sans passion, ni dérapage, Moment digne qui a donné une image flatteuse du débat politique dans notre pays », satisfecit de Frédéric Vézard dans Aujorud’hui en France/le Parisien, « débat à fleurets mouchetés » reprend le Figaro, « Round d’observation » pour François Tonneau dans la Provence « où l’atmosphère était paisible en apparence, mais tendue en réalité, avec un verbe maitrisé, pincé entre les lèvres » remarque t il. Bref, tout le monde se félicite de la bonne tenue de ce premier match, tout le monde désigne également Alain Juppé comme le vainqueur de ce débat, parce qu’il n’a pas perdu il conforte sa place de favori. Mais on sent comme un petit regret, difficilement avouable de la part de la presse, que ce se soit presque trop bien passé ! Seuls Isabelle Roberts et Raphael Garrigos qui ont suivi la soirée pour le site Les jours, osent dire qu’ils ont eu un « vrai coup de mou en regardant ce débat «ambiance camomille » : « sur l’économie, il apparait que les candidats à la primaire de droite sont… de droite, écrivent ils. A l’instant Bygmalion, « soudain les corps s’agitent, derrière les pupitres, les jambes remuent, les crampes guettent. Mais finalement, il ne se passera rien ou presque. Les Garriberts retiennent juste la petite passe d’armes entre Copé et Sarkozy « la loi sur la Burka, ce n’est pas toi qui nous l’a imposée, tu étais bien incapable de nous imposer quoi que ce soit » balance l’ex président à son ex président du groupe ump à l’assemblée. « Que voulez vous concluent ils, il faut bien faire avec ce que les candidats à la primaire, tous d’une prudence de sioux, nous ont mis sous la dent ». Mais ils sont les seuls à avouer publiquement leurs regrets

Accueil beaucoup plus électrique dès qu’on évoque le prix Nobel de Littérature

13 pages dans Libération pour honorer « Bob Dylan, Knocking on Nobel’s door », et Laurent Joffrin qui s’enflamme « Son nom sur la liste des Nobel est aussi étrange que l’urinoir de Duchamp dans un musée ou les canettes de soupe Campbel de Warhol dans une galerie : il consacre une révolution artistique » Comment mieux accueillir ce « sampleur » littéraire dans le saint des saints ?Libé qui offre quelques belles traductions des ballades de Dylan..Sauf qu’il reste quelques esprits « chenus » comme les qualifie Joffrin qui ont encore du mal à digérer l’offense. Eric Neuhoff dans le Figaro, avec son habituelle plume acide, imagine que la décision a été prise par les jurés du Nobel, sur fond de délibérations arrosées à l’aquavit.« Quelle belle trouvaille se sont-ils dit, raille Neuhoff,, tout le monde va parler de nous ! et puis tiens Françis Lalanne va postuler pour l’an prochain. Elle est curieuse, cette manie qu’ont les vénérables institutions de se prendre soudain pour des nids de subversion. Les écrivains ne sont décidément plus considérés. Non vraiment, on mélange tout regrette t il. Pendant ce temps dans sa retraite du connecticut, Philipp Roth imagine t il, casse ses 33 tours de Dylan. »

Un chanteur prix Nobel de littérature, pourquoi pas un cinéaste tant qu’on y est !

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