C'était un temps déraisonnable, où aux élèves déméritants on mettait un bonnet d'âne... Sanction d'une violence psychologique extrême... Il y avait aussi le sparadrap sur la bouche, les coups de règle sur les doigts, ou la punition idiote des lignes à copier... Théoriquement, ces pratiques ont disparu... Mais l'humiliation des élèves, elle existe encore en France, sous d'autres formes... Sujet tabou, sujet risqué, auquel pourtant le sociologue Pierre Merle vient de consacrer un livre : "L'élève humilié"... Sujet relayé dans "Le Monde" aujourd'hui, sous le titre : "L'humiliation des élèves : reflet des carences pédagogiques françaises". Ainsi, écrit Martine Larronche, le phénomène le plus répandu aujourd'hui s'appelle le "rabaissement scolaire", qui touche les élèves les plus faibles... Le visage hideux de cette pratique prenant au pire la forme de l'injure. Il n'est pas rare, au collège, que des élèves soient menacés de finir en BEP. Il n'est pas rare non plus que des enseignants distribuent des notes en ordre décroissant, avec une remarque bien sentie pour le dernier, dont la copie est lue devant tout le monde en guise de contre-exemple. Alors bien sûr, l'ampleur du phénomène est difficile à établir... Ressenti assez souvent par les élèves, il est jugé marginal par les enseignants. "Quand nous avons à connaître ce genre de cas dans nos établissements, explique Gisèle Jean, du SNES, il y a une régulation qui se fait entre collègues". Qu'est-ce que ça veut dire, une "régulation" ? Que les profs en parlent entre eux... Oui, et alors... Le problème, c'est que les enfants souffrent en silence, parce qu'ils n'ont pas le choix... Parce que l'enseignant est maître après Dieu dans sa classe, et que dans ces conditions, les plaintes des élèves sont très peu prises en compte. En tout cas, lors d'une enquête réalisée en 2001... Ce n'est pas si vieux... Près de 20 % des collégiens affirmaient avoir vécu des situations d'humiliation... "Peut-être, répondent les professeurs, mais cela résulte fréquemment d'un malentendu". Sujet tabou, sujet sensible... La pratique d'une minorité est de nature à jeter le discrédit sur toute une profession... Alors, on marche sur des oeufs... Mais pour Philippe Meirieu, professeur en science de l'éducation, il n'en reste pas moins qu'en France, on a encore trop tendance à considérer que la qualité d'un enseignant se mesure au nombre d'élèves qu'il fait trébucher. C'est comme ça, et c'est une forme d'humiliation par l'évaluation. D'où ce constat de Philippe Meirieu : s'ils mettent de trop bonnes notes, les professeurs ont peur de paraître démagogues. Dans le genre, il y a le fameux zéro... Celui qui met fin à toute tentative de débat, de protestation... Zéro, c'est le néant... Eh bien, "Le Monde" nous rappelle que selon le décret de juillet 2000, le zéro est proscrit... En théorie, votre enfant ne devrait jamais en avoir... A voir... Autre sujet brûlant, concernant l'école : la taille des classes... On dit toujours que dans les salles surchargées, les notes sont moins bonnes... Et on se dit que c'est tout à fait logique. Un prof s'occupe moins bien de ses élèves quand il en a trop. Eh bien non... Selon une étude de l'OCDE, que rapporte aujourd'hui "Le Figaro", l'impact de la taille des classes sur les résultats des élèves n'est pas concluant... Je reprends les termes du rapport. Démonstration. Dans les pays de l'OCDE, le nombre d'élèves par classe en primaire est en moyenne de 22 élèves. La France en a 23... Elle est donc dans la moyenne... Ou légèrement au-dessus. En revanche, elle est pile dedans, dans le premier cycle du secondaire, avec 24 élèves par classe. Eh bien, l'enquête indique que c'est au Mexique, au Japon et en Corée du Sud, où les classes comptent de 30 à 35 élèves, qu'on obtient les meilleurs résultats. A méditer... Concernant les impôts, je vous rappelle que ce sont "Le Figaro" et "Les Echos" qui nous apportent l’information aujourd’hui… Les nouveaux barèmes donc… Je ne m’étends pas sur le sujet : nous le traitons largement sur France Inter ce matin…. Dans nos éditions et avec Jean-François Copé… Je voudrais juste vous faire part des commentaires du "Figaro", qui estime que, pour la première fois, un gouvernement prend acte de l’effet confiscatoire de l’impôt… que parallèlement, il veille à ce que les avantages fiscaux qui profitent aux Francais les plus nantis soient fortement encadrés… Qu’ils soulagent les classes moyennes… Enfin… Et qu’au bout du compte, au travers de cette réforme fiscale, il redonne à l’impôt sa juste place. Pour "Le Figaro", vous le voyez, le gouvernement a 10 sur 10. De son côté, avec beaucoup plus de recul, le journal "Les Echos" explique qu’en publiant ce nouveau barème, Dominique de Villepin espère provoquer un choc psychologique favorable dans l’opinion… Au moment où les signaux de reprise tardent à se manifester, le message est bel et bien adressé aux contribuables consommateurs… Il s’adresse aussi aux électeurs de droite, auxquels le Premier ministre espère montrer que la promesse chiraquienne de 2002 peut reprendre vie sous son impulsion. Dernier commentaire de Jean-Francis Pécresse dans "Les Echos" : en rebattant les cartes de cet impôt auquel nul n’avait osé toucher, Dominique de Villepin incarne aussi une forme de rupture. Vous avez remarqué que notre confrère des "Echos" dit aussi… Eh oui, parce que la rupture c’est un autre qui entend l’incarner… Comme une marque déposée… Il s’appelle Nicolas Sarkozy… Et il se confie dans "Le Parisien". Hier, le ministre de l’Intérieur était à l’extérieur… En Pologne… Et c’est dans l’avion qu’il a fait deux ou trois confidences… En politique, l’avion est souvent une tribune… Un endroit propice aux petites phrases lâchées en pature à notre curiosité… Avec plus ou moins de bonheur… Enfin : encore 19 mois à tenir, dit Sarkozy… Sur Villepin : ça ne sert à rien de s’énerver… il faut attendre que le soleil revienne… Plus on s’agite, plus on s’enfonce… c’est comme les sables mouvants. Tenez, à La Baule : je l’ai laissé faire le samedi… Ca ne m’a pas empêché de rafler la mise le dimanche. Et ainsi la discussion continue... c’est bien, l’avion, pour ça… On en arrive aux sondages… on regarde le dernier IFOP… Et Nicolas Sarkozy lache cette phrase : 50 points d’avance sur l’autre… C’est humiliant. Enfin, même tranquilité quant au déplacement du Premier ministre à New York… Vous croyez que faire un discours à l'ONU fait de vous, dans l’esprit des Français, un présidentiable ? Reste Jacques Chirac : ah non rien…Pourquoi ? Réponse simple du ministre de l’Intérieur : De toute façon, tout ce que je dirais sera retenu contre moi… Alors mes impressions… je les garde. Allez, soyons francs : il nous arrive quelquefois nos enfants devant la télé pour être tranquilles... Vous me direz : ils s'y mettent tout seuls... Alors, écran pour écran, ils ont une nouvelle passion, et ils y passent des heures... Où ça ? Devant l'ordinateur, bien sûr. Mais que font-ils donc sur Internet ? Copier coller charger Google tchat forums et jeux... On trouve de tout sur Internet... Et c'est bien le problème. Dans son dossier "Parents & enfants", "La Croix" s'intéresse aujourd'hui au sujet, avec d'abord le désarroi de certains parents face à un média qu'ils ne maîtrisent pas, et que leurs enfants, eux, maîtrisent complètement... Ce qui leur donne un certain pouvoir... Une valeur à l'envers, qui évidemment pose problème. Comme à ce père de famille qui témoigne, et qui dit : "Mon fils de 14 ans est capable de trouver n'importe quoi sur le Net en un temps record : il va falloir qu'il me dise comment il fait", explique-t-il, mi-admiratif mi-vexé... Ca sent la perte de contrôle. Un vrai problème, Internet... A tel point que la Conférence de la famille, qui se tiendra la semaine prochaine à Paris, a choisi comme thème central : "Protection de l'enfant et usage de l'Internet". Il faut dire qu'au-delà des petits problèmes d'autorité que nous venons d'évoquer, il y a des risques plus importants... Le contenu violent de certains sites... Mais ce n'est pas tout... Les éducateurs s'inquiètent aussi du recul des apprentissages et de la réflexion, généré par la Toile. Ils estiment aussi qu'Internet pourrait aussi sonner le glas de l'orthographe et de la syntaxe... Comme les SMS, dont "La Croix" nous rappelle qu"au revoir" est devenu "à un de ces quatre"... Oui mais écrit avec la lettre A, le chiffre 1, le chiffre 2, la lettre C et le chiffre 4... A 1 2 C 4. Faut-il pour autant diaboliser Internet, qui est tout de même un lieu d'échanges, et qui est aussi une fenêtre ouverte sur le monde... On va en parler avec vous, Nathalie Lacube... C'est vous qui avez réalisé cette enquête, dans "La Croix"... Est-ce que vous avez le sentiment que les familles diabolisent cet outil, qui est quand même un lieu d'échanges, une fenêtre sur le monde ? Il y a une véritable inquiétude du côté des parents, ou il ne s'agit finalement que d'un virage à négocier ? A demain.

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