(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : espoirs et désespoirs...

(Bruno Duvic) Et d'abord cet épisode de la guerre en Libye, qui pourrait être une nouvelle version de « L'espoir » de Malraux : la défense héroïque des pilotes de Benghazi. Comment début mars, une poignée de vétérans libyens ont freiné la progression des kadhafistes vers la capitale rebelle.

Pierre Prier raconte leur épopée dans Le Figaro ce matin.

A leur tête, le colonel al-Warfalli, diabétique et cardiaque.

Tout est vintage dans cet histoire, à commencer par l'appareil dans lequel ils occupaient les airs.

Hélicoptère MI-35, alias « le tank volant », ou encore « le char de Satan ».

C'est un gros insecte préhistorique. Fabrication russe : 10 tonnes sur la balance, mais 335 kilomètre heures au compteur. Compteur en bakélite, évidemment.

C'est là-dedans que le capitaine Ismaïl Qutb a embarqué, le 15 mars comme copilote. Il n'avait pas volé depuis près de 15 ans. Mais à ce moment là, les avions de l'Otan n'étaient pas encore arrivés. Faute de mieux, on a donc rappelé tous ces pépés Boyington des sables.

Première mission réussie, les 15, 16, 17, 18 mars.

Puis vient celle du 19. Les troupes de Kadhafi sont dans les faubourgs de Benghazi.

L'hélico vole à seulement 12 mètres d'altitude. Au sol, un groupe de chars et de 4X4. « Soudain, raconte le capitaine Qutb, j'entends une explosion près de moi. » Le côté gauche de son casque est troué par une balle de gros calibre. Elle est passée à un centimètre de son crâne.

Le casque qui lui a sauvé la vie est en photo dans Le Figaro . Le colonel diabétique n'a pas eu cette chance. Lors de leur dernière mission en commun, une roquette a fait partir leur hélicoptère en toupie. Ismaïl Qutb est le seul à s'en être sorti. Il a quitté l'appareil en rampant dans les marais. 10 minutes plus tard, le char de Satan explosait.

Espoirs et désespoirs : à nouveau beaucoup de pages dans la presse à propos de la crise en Europe

L'hélicoptère européen traverse de telles turbulences que les Etats-Unis et les grands pays émergents s'inquiètent de la situation. C'est à lire dans Les Echos et dans Libération sous la plume de Jean Quatremer.

Brésil, Russie, Inde, Chine Afrique du Sud, USA : ils ont même la tentation de prendre les commandes de l'appareil. Ils se réuniront la semaine prochaine à Washington pour déterminer comment aider l'Union européenne.

Plus spectaculaire encore, le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner sera vendredi en Pologne où se réuniront les ministres des finances de la zone Euro. C'est la première fois qu'un responsable étranger assiste à une réunion européenne.

Que dit-on à Wall Street de ce qui se passe à Bruxelles et dans les autres capitales. L'ancien vice président de la Bourse de New York, le Français Georges Ugeux répond sur son blog hébergé par Le Monde . Aujourd’hui, deux commentaires dominent à Wall Street : la faillite d’une banque européenne est-elle imaginable ? Non. Y a-t-il quelqu’un qui est en charge du problème ? Non plus.

Crise financière non soldée malgré les promesses, pratique des banques inchangées, impuissance des politiques. La presse tourne toujours autour de ces 3 écueils. Deux illustrations de la grogne qui monte, aux Etats Unis et en France.

En France la banque populaire des Alpes vient d'être condamnée à indemniser un client à qui elle avait vendu des actions Natixis sans l'informer des risques. C'est une première, préciseLe Parisien- Aujourd'hui-en-France qui publie cette information.

A New York, les indignés version américaine feront entendre leur colère samedi prochain en occupant Wall Street. C'est à lire dans les Inrockuptibles qui fait sa couverture cette semaine sur 2011 année de la colère.

"Les affaires" font encore la Une.

La Libye en version moins glorieuse que les vétérans de Benghazi. Libération et Le Canard enchainé cherchent à en savoir plus sur la fourniture de matériel de surveillance par une société française au colonel Kadhafi. De 2007 à début 2011 Y-a-t-il eu un feu vert des autorités ? L'association Sherpa fondée par l'avocat William Bourdon va déposer une plainte en justice pour essayer de faire émerger des informations.

Dans cette histoire on retrouve le nom de Ziad Takieddine, l'un des Agents troubles de Sarkozy, comme le titre Libération à la Une. Takieddine, Bourgi et Djouri, sont les amis encombrants de la droite, en couverture de L'Express .

A la Une du Monde , l'affaire Bettencourt et une accusation : l'enquête du procureur Courroye était « très orientée ». Gérard Davet et Fabrice Lhomme en ont eu confirmation en accédant aux détails de son enquête préliminaire. Le Parquet de Nanterre n'a pas souhaité creuser la piste d'un financement politique écrivent les deux journalistes.

D'autres Unes de la presse...

France Soir et Le Parisien s'intéressent au malaise autour de Jeannie Longo. Son mari a acheté de l'EPO en 2007. Rien ne prouve à ce stade que les produits dopants fussent destinés à son épouse. Mais cette affaire éclabousse la sportive préférée des français, écrit Le Parisien .

Le nombre d'Américains en situation de pauvreté est à son plus haut niveau depuis 50 ans. L'information est à la Une du Financial Times .

Demandez le programme, comparez les candidats et faites votre choix. Dans Le Nouvel observateur cette semaine, les 6 candidats aux primaires socialistes face à la rédaction de l'Obs.

Enfin à la Une de La Croix , les lefebvristes saisiront-ils la main tendue par Rome. Réunion aujourd’hui au Vatican pour une éventuelle réintégration des catholiques intégristes dans le giron de l'Eglise. Mais ils refusent toujours de reconnaître le concile Vatican 2 or Benoit XVI, en fait un point incontournable.

Espoirs et désespoirs. Pour terminer, une interview de Charlotte Valandrey dans L'Express .

La comédienne a subi une greffe du cœur en 2003. Et elle raconte une drôle d'histoire, qui pourrait être un roman de Modiano, ou un film de Claude Sautet , « Un coeur en hiver ».

Après son opération, la comédienne a reçu trois lettres d'un homme. Lettres anonymes. Il écrit que le cœur qui a été greffé est celui de sa femme disparue et qu'il s'adresse à elle en écrivant à la comédienne. Sa femme est morte dans la nuit du 3 au 4 novembre 2003 dans un accident de voiture place de la Nation à Paris. C'est la date de l'opération.

Des coupures de presse retrouvées parlent de l'accident. Et la comédienne sait également par une indiscrétion d'un médecin qu'un greffon a été prélevé sur une femme à l'hôpital Saint-Paul à cette date deux heures avant son opération.

4 ans plus tard, au printemps 2007, Charlotte Valandrey tombe amoureuse d'un homme qui l’a abordée au théâtre. Il s’appelle Yann. Un jour, seule chez lui, elle ouvre un tiroir et tombe sur un dossier avec un certificat de décès de l'hôpital et un article de journal mentionnant l'accident de la place de la Nation.

« Je comprends alors que Yann est le mari de la jeune femme morte ce soir-là. (…) même si je ne porte pas le cœur de cette jeune femme, ce n’est pas grave, parce que j’ai décidé, moi, que tous les indices convergeaient. Ca m’arrange, c’était quelqu’un de bien ; médecin dans l’humanitaire, elle vivait une très belle histoire d’amour. »

A demain !

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