Le Figaro Magazine récuse l'enseignement de l'arabe, qui diviserait la société. Dans Slate, la journaliste Nadia Daam raconte son renoncement, par honte, à la langue de sa famille. Natacha Polony punit Eric Zemmour dans Marianne. Les Français aiment parler sexe, sauf dans les milieux populaires, révèle le Point.

Et ce matin l'histoire est une fracture...

Et un gouffre et quand le visage enfantin de Maurice Audin est à la une de l'humanité, le Monde rappelle tous les chantiers qui restent ouverts entre la France et l'Algérie, et notamment la question des disparus. "Plusieurs milliers de personnes, issues des deux camps, dont 500 soldats français" dont on a perdu la trace. Mais c'est en France que le geste d'Emmanuel Macron fait débat éditorial; Nicolas Beytout dans l'Opinion le traite comme une démagogie politique, le Président veut plaire lit-on au Parti communiste, et aux adeptes de la culture de l'excuse. Et plus encore que l'Opinion, le Figaro se pose en résistance et dénonce la "mémoire hémiplégique" que porterait Emmanuel Macron sur la guerre d'Algérie. Guillaume Perrault reproche au président d'avoir privilégié "un cas individuel, certes célèbre". Au détriment "des Français d'Algérie victimes des attentats du FLN", mais aussi des victimes de la fusillade de la rue d'Isly, le 26 mars 1962,  et au nom des harkis... 

Et un journal veut donc témoigner d'une autre histoire oubliée. Mais est-ce seulement l'histoire. A la Une du journal, l'éditorial rajoute un argument: Emmanuel Macron risque de nourrir "l'identité malheureuse de jeune maghrébins", en France.

Il se dessine alors une cohérence, entre l'histoire et les enjeux de société tels qu'on les imagine. L'éditorial du Figaro magazine s'intitule sobrement, "non il ne faut pas enseigner l'arabe à l'école", car "l'arabe est une des deux armes, l'autre étant l'islamisme, dont se servent ceux qui veulent séparer les musulmans du reste de la communauté française" et pour le Fig Mag, la République a eu tort de ne pas "imposer son identité, cette règle d'airain", à l'immigration maghrébine et africaine...  

Entre un éditorial et la vie des gens, il y a parfois une nuance. Dans Slate, une journaliste, Nadia Daam, précisément issue de l'immigration maghrébine, raconte pourquoi elle ne parle plus un mot d'arabe. "Parce que pendant toute mon enfance, on a réagi autour de moi à la langue de mes parents soit avec mépris, soit avec peur, parce que à 5-6 ans, alors que ma mère me parlait en arabe au supermarché ou dans la rue, je débusquais des regards réprobateurs", parce qu'elle a eu honte dit-elle, aujourd'hui journaliste française bourrelée de regrets. 

Lira-t-on son témoignage, dans le monde des idéologues? Dans Valeurs Actuelles, Eric Zemmour, qui veut réveiller l'âme de la France, sautille sur ses lectures, regrette les croisades, fustige Victor Hugo et sa sensiblerie, et s'avoue finalement plus monarchiste que républicain. Il est, du coup, puni avec verve dans Marianne par la nouvelle patronne de l'hebdomadaire, Natacha Polony, qui a beau être souverainiste et refuser de choisir entre Orban et Macron, est une républicaine. Elle taxe Zemmour de folie, et de mépris: "La France d'Eric Zemmour n'existe qu'au détriment des français, elle se moque de la misère ou de la condition des ouvriers". On devine dans Marianne une liste populiste, est-ce un méchant mot? Un bel article d'Olivier de Bruyn raconte une saga du cinéaste Pierre Schoeller "un peuple et son roi", la révolution française vue au prisme des petites gens.   

On peut aussi, c'est une histoire, se rendre heureux dans la ville du Puy où ont débuté  les festivités du roi de l'oiseau, trois jours où la ville; ses murs et ses habitants  se griment comme sous la renaissance en souvenir du bon roi François 1er, c'est dans la Montagne et dans l'Eveil, on ne va pas nous âbimer cela. 

On parle sexe dans les journaux...

Le sexe et les fantasmes et les perversions qu'il induit, on parle de perversions politiques encore, et d'une polémique née cet été sur le pouvoir qui s'apprêtait à enseigner la masturbation à nos chers petits. Libération reprend cette folie avec une patience émouvante, tant un journal sert désormais à redresser les mensonges qu'on offre aux peurs...

Le sexe, le vrai, la pratique, émoustille le Point à sa Une et aussi le Monde car la sociologue Janine Mossuz-Lavau, interroge les français sur leurs pratiques et découvre ceci, nous sommes désormais libérés, nous parlons de tout, "il m'a suffi de dire autour de moi, je cherche des bisexuels pour que fusent les ah moi j'en connais, je suis sûr qu'ils seront d'accord",  dit-elle au Monde. Mais dans le Point, je lis une petite phrase.

Elle n'a pas eu de difficulté à trouver des témoignages, dit-elle, "HORMIS DANS LES MILIEUX POPULAIRES où le principe même d'évoquer son intimité reste difficile à accepter", et ce mot, "hormis dans les milieux populaires", en dit plus sur la France et pose des questions qui vont bien au-delà de notre sexualité, ce jour où l’on parle du plan pauvreté du gouvernement.

Il  n'est pas de misères que sociales. L'obs publie les bonnes feuilles d'un livre écrit par l'ancien directeur de France 2 Vincent Meslet, sur Jean-Luc, delarue, l'animateur de télévision qui prétendait faire parler les gens ordinaires, mais dont la vie fut déchirée de drogues, d'excès et de mépris... On lira cette scène étrange où Jean-Pierre Elkabbach regardait le jeune homme, sa vedette, pour lui conseiller de lire, sa femme Nicole Avril pouvait lui conseiller des bouquins. Et le désespoir de Delarue découvrant l'existence de Jeff Bezos, patron d'Amazon, homme de l'année de Time en 1999. « Il a mon âge, j'ai l'air d'un con, même pas 40 ans, je suis déjà fini...  

Et la révolte des top models pour finir

Qui sont, désirables mais ce n'est pas du sexe, dans le magazine des Echos... Lequel qui raconte comment, le monde de la mode où les filles si belles étaient traitées par le mépris et l'anorexie, quelque chose bouge qui s'appellerait une révolution; et tout est né le 28 février 2017 lors d'un casting chez Balenciaga, quand des dizaines de tops se sont retrouvées coincées dans une cage d'escalier, plongée dans le noir, la minuterie bloquée.  On l’enseignera dans nos livres d’histoire. 

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