En Alsace, les douanes fondent sur des organisateurs de lotos, l’Alsace, les DNA.La fluidité de Philippa York, qui fut le cycliste Robert Millar et lie toutes ses vies, l’Equipe. La mort d’un historien qui savait le nom des époques et la gouaille des villes, tous les articles de Dominique Kalifa sont sur liberation.fr.

On parle de propriétaires...

Et de la vie brisée d'Emmanuel et de son épouse Mayumi que je lis dans Nice-Matin, Emmanuel était ingénieur, ils venaient de se marier, ils voulaient des enfants, ils avaient acheté un trois pièce à Nice qu'ils avaient mis en location, simplement pour une année, le temps de se retourner, mais après un an, les locataires ne sont pas partis, et en février 2019, ils ont arrêté de payer le loyer de 1200 euros qui couvrait l'emprunt immobilier, et démunis, guettés par l'interdit bancaire, les propriétaires Emmanuel et Mayumi ont basculé, anxiolytique, dépression, chômage, et finalement la fuite à Toulouse où le couple vaincu est hébergé par les parents d'Emmanuel, les locataires défaillants n'ont pas bougé en dépit d'un jugement d'expulsion...

C'est une histoire parmi d'autres donc dans Nice matin qui rappelle une banalité souvent oubliée, les propriétaires qui ne sont pas tous des nantis mais ils sont souvent des ménages ordinaires modestes et trahis... Et ces propriétaires ont appelé le journal, après qu'il ait sorti cette histoire saisissante, montée dans les journaux télévisés, d'un couple de retraité dépossédé de sa maison par une famille de squatteurs que la loi protège... Il y avait d'autres malheurs encore à raconter et d'autres colères, celle d'Alain par exemple dont le deux-pièces est occupé indument par une locataire qui ne paye plus depuis janvier 2019, et qui a organisé son insolvabilité ne laissant que dix euros sur son compte pour éviter les saisies... Alors Alain le propriétaire enrage, il, a travaillé toute sa vie, on ne lui a rien donné, il connut le chômage et cherché du travail à Lille,  en Suisse, à Morlaix, Tarbes, Bordeaux, tout ça pour être floué finalement.  "Dans ce putain de pays, nous sommes tellement avides de démocratie que l'on pense surtout à voter des droits en faveur des délinquant" dit Alain mais ayant dit cela, il précise qu'il est de gauche, et aussi antiraciste. Sa locataire indélicate est d'origine tunisienne lis-je, il ne veut pas qu'on le soupçonne.

Et c'est ainsi que les poisons s'ajoutent à l'injustice.

Il est d'autres ruinés dans la presse. Après l'Alsace, les DNA racontent des organisateurs de loto sur lesquels les douanes ont fondu, et le pauvre Fabien Moritz a dû vendre sa maison, liquider sa société, sa santé se dégrade, on lui reproche d'avoir organisé 700 lotos illégaux entre 2012 et 2016, le savait-il, que c'était interdit, dans notre pays où la loi interdit aux personnes privés d'organiser leurs loteries... Elle ne fait exception, la loi, que pour  les lotos traditionnels qui font vivre les villages ou les associations, à la bonne franquette, ils sont un élément incontournable de la vie alsacienne. Mais autour de ces lotos se développe une passion de survie, chez les joueurs d'abord qui viennent pour la gagne, pour arrondir les fins de mois, et chez les organisateurs qui se professionnalisent, une industrie du loisir bon enfant s'est créée, mais seul le bénévolat est admis, et alors tombent des châtiments disproportionnés... Les DNA rapportent des amendes millionnaires infligées à des animateurs aux trains de vie modestes, mais l'amende n'est pas calculée sur leur rémunération  mais sur l'argent généra par le jeu... Fabien Moritz risque trois ans de prison, l'Etat est-il cruel?

Pendant ce temps, c'est curieux un journal, je lis dans Nice-Matin, loin des propriétaires aux abois, que la princesse Charlène de Monaco et d'autres courageux  du beau monde ont traversé la Méditerranée en pédalant sur d'étranges engins, comme es vélos juchés sur flotteurs, des water bikes, afin de lever des fonds pour sensibiliser à la prévention de la noyade ; Charlène a levé 358540 euros, ça en fait des loyers, des lotos...

L'Equipe raconte une autre femme qui a beaucoup pédalé.

Elle couvre le Tour de France et se nomme Philippa York mais quand elle pédalait, elle était un garçon, Robert Millar, je vois son visage frais sur une vieille photo près de Laurent Fignon, étrange sensation puisque Fignon est mort et Millar n'est plus que le passé de Philippa, qui raconte comment la certitude l'habitait au sein même du peloton, elle ne voulait pas finir en petit vieux, elle y pensait parfois mais il repoussait la pensée pour se concentrer sur la course : Robert Millar était un grimpeur rigoureux, végétarien, et qui ne se dopait que par obligation, en évitant d'abuser pour ne pas abimer son corps Il faut lire ce texte fluide comme une échappée, Philippa ne renie rien de ses vies, c'est la même, elle a gardé ses maillots de meilleur grimpeur pour ses enfants. 

La sagesse de Philippa invite à la joie des permanences. Je lis dans la Montagne qu'on va vendre aux enchères une collection de vêtements, certains datant du XVII e siècle, la collection d'un passionné nommé Gilles Labrosse, qui souhaitait, le mot est d’Edmond de Goncourt, « que les choses d’art qui ont fait le bonheur de (ma) vie soient toutes éparpillées sous les coups de marteau du commissaire-priseur ». Dans le Dauphiné, je découvre les trésors d'un autre collectionneur qui nous a quitté, Jacky Routin, lui passionné de vieux skis magnifiques, des lunettes, des piolets, des luges : il voulait en faire un musée, il faudrait. 

Dans le Figaro, vous lirez Fabrice Lucchini qui est un musée à lui seul de citoyen de drôlerie. Nous allons vers lui, journalistes, pour conjurer l'ennui, il ne déçoit jamais. Pour le plaisir, cet échange avec son psy. 

« Je lui dis : « C’est quand même effrayant ces masques. » Il me répond : « C’est étrange. » Je lui dis : « Non, c’est effrayant. » Il redit : « Oui, oui, c’est étrange. » Je pense qu’il a raison : c’est étrange. »

Et on parle aussi d'un historien...

Dominique Kalifa dont vous avez dit tout à l'heure, Nicolas, quel historien il fut, de la gouaille des villes, des noms du passé, pourquoi dit-on « la Belle époque », on peut lire toute la production de Kalifa dans Libération qui fut son journal mais on trouve aussi sur les sites du Monde, de l'Obs, des paroles amusées et savantes d'un homme qui savait le Paris interlope, les coupe-gorges et le poète François Villon.

J’ai pensé à Kalifa en relisant dans Vanity fair  l'aventure incroyable d'un français lettré nommé Yoann Barbereau, qui s'est sauvé de l'enfer russe où il était accusé, à tort de pédophilie, il a marché dans la nature en direction des pays baltes en échappant aux loups, il récitait en sortant d'un marais glacé « la Ballade des pendus » de Villon. 

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