Ce sont les mots croisés qui viennent cisailler les jambes de notre économie. Deux mots qui installent au-dessus de nos têtes des nuages menaçants qui prédisent un automne plutôt rigoureux. D'abord, il y a les mots, "M O T S". Etranges mots qui nous parlent de cette étrange mécanique, de cette économie qui fait des bulles qui nous éclatent à la figure. CONTRACTION. STAGFLATION. DECROISSANCE. RECESSION. On n'est plus dans les mots bleus et les mots qu'on dit avec les yeux, ceux qui rendent les gens heureux. Parce que dans le miroir, il y a les autres mots, ceux qu'on écrit "M A U X". La croissance qui regarde ses pieds. Les ménages qui retiennent leur souffle. L'immobilier qui décroche. Le bâtiment qui s'affaisse. L'inflation qui frappe l'emploi qui risque de trinquer encore. La crise menace à l'horizon, les pieds englués dans le pétrole. "Menace de récession" titre LE MONDE. "La France en pleine crise de décroissance" placarde LIBERATION. "Le gouvernement se mobilise face à la chute de la croissance" écrit LE FIGARO. Visite de l'édifice, le coup de froid vient du dehors et du dedans. LE FIGARO explique dans les pages saumon qu'en dedans, il y a "l'arrêt brutal des investissements, aussi bien des entreprises que des ménages". Dehors, il y a l'envolée du prix du pétrole et la valeur euro. ça donne cette construction, la STAGFLATION, mélange du ralentissement économique et de l'inflation. Et cet hiver économique recouvre une bonne partie de l'Europe. L'italie, l'Espagne, l'Allemagne sont dans le même panier. Toutes menacées de l'autre mot, de l'autre mal, la RECESSION. Elle pointe le bout de son nez. On sent sa présence dans LE MONDE, la DEPECHE DU MIDI, les DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE. Libé nous dit que la France a déjà un pied dans la récession. LE PARISIEN, en titre, écrit qu'elle "guette la France". Pourtant, techniquement, elle n'est pas là. Définition du mot, "il faut deux reculs trimestriels consécutifs du produit intérieur brut", nous explique CYRIL LACHEVRE dans LE FIGARO. Il faut donc 6 mois pour faire une récession. On n'est qu'à mi-chemin. Mais il faut arrêter aussi de se raconter des histoires, écrivent la plupart des éditorialistes ce matin. "Le gouvernement tente de minimiser la révision à la baisse de la croissance" affirme JEAN-PIERRE BEDEI dans LA DEPECHE DU MIDI. JACQUES GUYON dans LA CHARENTE LIBRE parle du déni de réalité, qui entoure trop souvent l'économie. "les cocoricos hyper optimistes du gouvernement semblent révolus" indique Libé. Ce qu'on appelle pour OLIVIER PICARD, dans LES DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE, le "syndrome du lapin", les mots imprononçables parce qu'ils font peur. On ne dit pas "lapin" sur un bateau, ça porte malheur, on ne dit pas "récession" en politique, c'est la hantise. Pourtant, le gouvernement s'apprête à se pencher sur le malade. "La croissance française tournera cette année autour de 1% seulement", pronostique ALEXANDER LAW, du groupe Xerfi, spécialiste des études de marché, dans Libé. "La tuile est énorme pour le gouvernement", ajoute le journaliste CHRISTIAN LOSSON. "Il avait bâti son édifice budgétaire avec du ciment dans les yeux, à 2,25%". "Lourde conséquence au plan budgétaire" estime aussi LE FIGARO. "Aucune marge de manoeuvre" écrit OLIVIER BACCUZAT dans LE PARISIEN. "Impossible d'envisager après le paquet fiscal, de nouvelles baisses d'impôts". Et dans ce contexte, LE NOUVEL OBSERVATEUR croit savoir que "l'après-pétrole a déjà commencé". Même si les prix ont sérieusement chûté cet été, "la plupart des experts pensent que la hausse du prix du pétrole sera durable" écrit AIRY ROUTIER. L'impact frappe l'automobile, l'aviation, le tourisme, et même la télévision, la téléphonie. "On sacrifie le superflu. L'abonnement à Canal Plus. Les livres. Les meubles, les vêtements". L'hebdomadaire égrène la baisse des ventes. Il pronostique un "coup de frein à la mondialisation, le retour à l'économie à l'échelle humaine". Il décrit même le retour des habitudes anciennes, le car de ramassage pour économiser l'essence. Pourquoi pas les cités ouvrières, et même le bois qui revient dans les maisons et le chauffage collectif. Confusion, escalade, provocation. La Géorgie reste un terrain miné malgré les espoirs de paix. Ce dont on nous parle ce matin, c'est la ville de Gori, à une soixantaine de kilomètres de Tbilissi, la capitale géorgienne. ADRIEN JAULMES écrit dans LE FIGARO, que le décalage est total entre la scène diplomatique où l'on annonce le cessez-le-feu et les retraits, et la situation sur le terrain, où les Russes occupaient toujours Gori et ses environs. L'envoyé spécial évoque les bombardements d'artillerie qui viennent des collines voisines. Il cite le colonel russe, commandant du détachement, qui dit qu'il ne laissera passer personne. Le territoire est pratiquement coupé en deux, et l'armée géorgienne, durablement discréditée. "Un jeu de chat et de la souris" écrit EMMANUEL GUILLEMAIN D'ECHON dans Libé, entre "les tankistes russes dépenaillés et les tout-terrain Toyota neufs des policiers géorgiens impuissants". Les journalistes parlent aussi de ces milices, semble-t-il ossètes, apparemment surexcitées et dangereuses, qui viennent rôder dans ce secteur toujours menacé par la guerre. Le dalaï-lama toujours en vedette, malgré ce 15 août, fête de l'Assomption. La côte du chef spirituel des boudhistes tibétains gagne des points dans le gouvernement. "BERNARD KOUCHNER rencontrera, avec CARLA BRUNI, le dalaï-lama", écrit LE MONDE. Dans LE NOUVEL OBS, le spécialiste des religions, FREDERIC LENOIR, tente de décrypter la fascination qu'exerce le Prix Nobel de la Paix : "Il apparaît comme une sorte d'anti-pape" nous dit-il. "Il répond à l'intolérance qui a été le grand défaut des religions monothéistes depuis des siècles. Il donne une exceptionnelle image de tolérance". Et c'est LIBERATION dans ce contexte, qui porte la flamme des catholiques. Libé s'arrête à Lourdes pour les 150 ans des apparitions à BERNADETTE SOUBIROUS. Le quotidien ouvre le tiroir-caisse de cette deuxième ville hôtelière de France après Paris. "Mélange des genres entre spirituel et matériel", écrit RENAUD LECADRE, qui nous apprend que deux hôtels sur trois sont menacés de fermeture pour raison de sécurité. De son côté, LAURE ESPIEU, toujours dans Libé, écrit que pratiquement douze millions d'euros sont brassés en liquide. Les offrandes, les cierges, les quêtes sont une mine d'or. Et cinq personnes assermentées travaillent à la collecte de ce trésor. "Elles ne sont jamais seules, elles évoluent en permanence sous l'oeil de caméras, et elles n'ont pas de poches", écrit la journaliste. Elle seule pouvait concurrencer le dalaï-lama. Elle s'en fiche de tout ça, mais quand même. SOEUR EMMANUELLE va fêter dans trois mois, ses 100 ans. L'EXPRESS et LE PARISIEN citent le livre que lui consacre JACQUES DUQUESNE et ANNABELLE CAYROL. Depuis sa retraite dans le Var, sur sa chaise roulante, SOEUR EMMANUELLE se raconte. "J'ai voulu, moi, m'appuyer sur ce qui ne me trompera jamais. J'ai choisi Dieu, je voulais l'Absolu". "Quand j'étais enseignante en Tunisie", j'ai quand même "été amoureuse d'un homme. J'ai connu le coeur qui bat", mais "je n'allais pas lui dire ce que je ressentais. J'avais choisi Dieu". "Au Caire, chez les chiffonniers... dès la première nuit... les rats m'ont réveillée. Ce qui m'a étonnée, ce fut de me retrouver ainsi, la soixantaine passée, dans un monde que j'avais ignoré. J'étais entourée de gamines, mariées à 11 ou 12 ans, qui faisaient un bébé tous les 10 mois. L'un des docteurs qui travaillait avec moi, leur fournissait des pilules. Moi je ne le faisais pas. J'ai donc voulu attirer l'attention du pape sur des situations comme celle-là. Je sais qu'il a reçu ma lettre. Il ne m'a pas répondu". "Je sens maintenant ma barque s'éloigner peu à peu du rivage. il faudra continuer bien sûr. Je suis comme une mère qui quitte ses enfants. Je passe la main" et "la cordée est solide". SOEUR EMMANUELLE, 100 ans le 16 novembre.

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