Bonjour... Un même sujet, deux titres. La mort de l'académicien Maurice Druon inspire au Figaro cette sur-manchette de Une : "...Un seigneur des Lettres et de la Résistance". Libération n'aborde pas le sujet avant la page 25 et cet article intitulé : "Maurice Druon, vieux réac, jeune résistant". Aujourd'hui, avec les mots du XXIème siècle que ne devait guère goûter l'auteur des "Rois Maudits", on dirait aisément : "Druon, sujet clivant". Le Figaro consacre deux pleines pages à la disparition de l'écrivain, qui conçut, avec son oncle Joseph Kessel, sur une musique d'Anna Marly, le sublime "Chant des Partisans". Dans Libé, le papier ("la nécrologie") que lui consacre Laurent Joffrin commence par ces mots : "C'est la mort d'un vieux réac au fond très respectable. Ecrivain doué mais académique, gaulliste tendance archaïsme, ministre de la Culture calamiteux et essentiellement passéiste, Maurice Druon, pendant l'essentiel de sa vie publique, a symbolisé un certain ordre pompidolien, un peu ganache, un peu censeur. Il s'était, si l'on peut dire, rattrapé avant" (alllusion à son engagement dans la Résistance pendant la dernière guerre). C'est sans doute ce qu'il est convenu d'appeler "un enterrement de première classe". Bref, Alain, Maurice Druon ne faisait pas vraiment "consensus"... ...Maurice Druon ne faisait pas 3consensus" ; il n'était pas dans l'air du temps ! Lisez Le Monde daté de ce mercredi 15 avril. Peut-être, en le parcourant, y apprendrez-vous l'existence d'"un groupe de travail inédit dans l'histoire parlementaire". Sous la plume de Claire Guélaud, Le Monde nous explique comment, "par delà les clivages", douze députés et douze sénateurs de la majorité et de l'opposition travaillent depuis novembre sur la crise financière internationale. Depuis l'automne, ils se réunissent pour plancher, paraît-il, "avec un bonheur sans mélange" sur les paradis fiscaux ou sur la régulation financière... A l'heure du déjeuner, ils seront reçus pour la troisième fois à l'Elysée. Le socialiste Didier Migaud raconte : "Au début, il y avait pas mal de scepticisme. Et puis chacun s'est pris au jeu". La gravité de la crise a fait le reste. C'est le président du Sénat Gérard Larcher qui a eu l'idée de faire travailler ensemble des députés et des sénateurs de toutes sensibilités politiques sur un sujet d'actualité et dans un cadre autre qu'une commission mixte paritaire. Le président de l'Assemblée lui a emboîté le pas. Le chef de l'Etat -c'est ce que souligne Claire Guélaud- était favorable à cette initiative dans laquelle, ouverture oblige, plusieurs élus croient reconnaître sa marque. Aucun participant ne semble toutefois redouter "une possible récupération du groupe" par le Président de la République. Et pendant que les députés et sénateurs de droite et de gauche travaillent ensemble sur la crise, la chasse aux banquiers se poursuit... ..."La chasse aux banquiers se poursuit" : c'est le titre de l'article que Guénaëlle Le Solleu consacre, dans le quotidien économique La Tribune, à un livre dont la parution est annoncée pour aujourd'hui. Il s'agit d'un thriller financier intitulé "Confessions d'un banquier pourri". Il est publié chez Fayard. Son auteur se planque derrière un pseudonyme évocateur : "Crésus". Crésus "tire à vue sur ses confrères banquiers, raconte un goûter à l'Elysée avec François Pérol, un dîner à Bercy avec Xavier Musca, alors patron du Trésor, et un autre avec Jean-Pierre Mustier, dirigeant de la gestion d'actifs de la Société Générale". Selon toute vraisemblance, Crésus est un homme du sérail qui bombarde son camp. Guénaëlle Le Solleu constate qu'il "ne fait pas bon être banquier de nos jours (...) car le climat est à l'halalli envers ceux qui sont jugés par 58% des Français responsables de la crise"... (C'est le fruit du sondage que TNS-Sofres-Logica a réalisé pour France 2 les 17 et 18 mars derniers). Aux Etats-Unis non plus, il ne fait pas bon être banquier de nos jours. L'économiste Paul Krugman, Prix Nobel l'an dernier, "pourfend Barack Obama et sa relance", qu'il juge trop timide. A ses yeux, le problème de l'Amérique, c'est "une administration qui va chercher conseil chez ceux qui ont créé cette crise", ceux qu'il accuse de "baigner dans la culture de Wall Street". Paul Krugman avait, parmi les tout premiers, prévu la débandade des marchés financiers depuis plus d'une décennie. Sans rapport ou presque avec ce que je viens de vous dire, je livre à votre réflexion et en toute mauvaise foi cette phrase sortie de son contexte, c'est-à-dire l'éditorial de Jean-Louis Gombeaud dans Nice-Matin (attention, je cite la phrase) : "Qui reprochera à l'écureuil de tenir à ses noisettes ?". Encore une histoire de coffre-fort et de "noisettes" en couverture de Siné Hebdo... Un dessin de Siné et Delépine nous donne à voir un patron baillonné et enchaîné (cadenassé même) à l'intérieur de son coffre-fort ouvert, avec ce commentaire : "Séquestrons (aussi) leur pognon !" Un autre dessin, signé cette fois de Luz, fait la dernière page de L'Huma et celle de Charlie Hebdo (j'espère qu'il a été payé deux fois)... Un homme est assis dans la rue près d'une affichette sur laquelle on peut lire : "Un travail SVP". Un type bien mis, costume-cravate, attaché-case, l'interpelle, hilare : "Je vous embauche pour séquestrer mon patron". ..."Séquestration ? Le mot est plus rude que la réalité, car souvent il s'agit de demander à ces patrons de demeurer sur les lieux pour s'expliquer. Si, d'eux-mêmes, ils restaient pour parler, il n'y aurait plus besoin de les retenir"... De qui est ce propos ?... De Ségolène Royal. C'est dans VSD. Dans Charlie, le dessinateur Luz (encore lui) croque un "SARKO.S.S. 117" qui vole, pistolet en main, lunettes de soleil sur le nez, jambes écartées, toutes dents dehors, "à la rescousse des patrons séquestrés". Le quotidien économique Les Echos, en partenariat avec France Info et BPI, y va de son sondage, baromètre BVA élaboré les 10 et 11 avril auprès de 1014 personnes de 15 ans et plus. Le résultat, le voici : face à la radicalisation de la colère sociale que traduisent notamment les séquestrations de patrons, 2 Français sur 3 se disent opposés à des poursuites. En ce jour de sortie des hebdomadaires satiriques, vous avez d'autres dessins dans vos cartons, Alain Le Gouguec ? Pardon de citer une nouvelle fois Charlie Hebdo (vous allez croire que je fais de la lèche parce que Philippe Val est annoncé à France Inter), sa première page affiche un dessin de Catherine. Sous le titre "Prise d'otages", des naufragés dépités (on dirait des Français) dérivent sur un radeau surmonté d'un drapeau de pirate (au lieu de la tête de mort, c'est celle de Nicolas Sarkozy). Que disent ces naufragés français dépités ?... Ils disent : "Plus que 3 ans à tenir". Je tourne la page, et là, qu'est-ce que je vois ? Encore et encore un dessin de Luz (qu'est-ce qu'il doit se faire comme pognon !). Ce dessin représente une affiche de cinéma, on y reconnaît le visage caricaturé de Michèle Alliot-Marie. Elle hurle au téléphone. Près d'elle, il est écrit : "Contre la terreur ultragauchiste, elle se bat seule... TARNAC, une superproduction du ministère de l'Intérieur". L'enquête de Guillaume Dasquié que vient illustrer Luz est titrée : "Ultragauche... Comment MAM a bidonné le scoop de Tarnac". Dasquié, que vous avez peut-être entendu ce matin dans nos journaux, a cherché à tracer la genèse des ennuis de Julien Coupat et de sa copine Yldune Levy. Ils étaient surveillés, notamment depuis leur participation à de grandes manifestations altermondialistes ; on a vraiment commencé à s'intéresser à eux quand on les a sentis "impliqués dans l'explosion d'une bombe artisanale de faible intensité contre un centre de recrutement de l'armée américaine dans le quartier de Times Square, à New York, le 6 mars 2008". C'est ce qui aurait déclenché à leur encontre l'ouverture d'une enquête préliminaire demandée par la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire. Problème : Julien Coupat et Yldune Levy ne se trouvaient pas aux Etats-Unis au moment de l'attentat. Pour le compte de Charlie Hebdo, Guillaume Dasquié a contacté le FBI, qui ne voit rien dans le dossier. Le point de départ de la procédure française semble donc invalidé. Julien Coupat, pourtant, est toujours en prison. De la communication anti-terroristo-anarcho-autonome de Michèle Alliot-Marie, passez donc à celle de Nicolas Sarkozy avec cet article des Echos intitulé : "Communication : comment s'élabore le discours élyséen". Dans cet article de Véronique Richebois, vous apprendrez que 33 personnes "travaillent à plein temps sur la parole élyséenne". Juste en dessous de ce papier, vous jetterez un oeil sur l'entretien que le sociologue Denis Muzet a accordé aux Echos. Il dit : "La parole de Nicolas Sarkozy est devenue inaudible". Trentre-trois conseillers et assistants pour un résultat nul :... y aurait pas des économies à faire, à l'Elysée ?

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