Bruno Duvic : La revue de Presse du vendredi, à deux voix : Clotilde Dumetz et Guyonne de Montjou, avec d'abord, ce matin : "Le chemin vers la paix"… Clotilde Dumetz : "Le chemin vers la paix" : la tribune est signée Nicolas Sarkozy, Barack Obama et David Cameron. Elle sort dans cinq grands quotidiens, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, dans le monde arabe et en France. En France donc, c'est dans Le Figaro. En résumé : tout ce que l'on a fait jusqu'à présent en Libye, a permis de sauver des vies maintenant et je cite : "il est impensable que quelqu'un comme Kadhafi joue un rôle dans le futur gouvernement libyen". Sauf qu'a priori, c'est plus facile à dire qu'à faire, constatent les commentateurs, puisque le colonel est toujours là, et que "sauf imprévu, il a donc encore de la marge, même si tout le monde veut croire que ses jours sont comptés", note par exemple, Xavier Panon dans la Montagne. Difficile, le front militaire... il reste le front politique et là, c'est Pierre Rousselin dans Le Figaro, qui note que "l'Union Européenne a levé les sanctions frappant l'ancien chef de la diplomatie libyenne, Moussa Koussa, qui avait fait défection. Compte-tenu de son passé chargé, ce témoignage de clémence ne peut qu'encourager d'autres lieutenants de Kadhafi à changer de bord ou au moins, à se prêter au jeu d'une négociation dont l'aboutissement est connu." Guyonne de Montjou : Et cette tribune signée à trois donne l'impression d'un front uni. Pourtant, selon le Financial Times, Les Etats-Unis ont adopté une stratégie qui n'arrange pas du tout Londres et Paris. Barack Obama donne l'impression de se carapater en douce du conflit libyen : ses troupes ne seront plus en première ligne. Dommage, elles étaient les mieux équipées, notamment avec leurs AC130, pour livrer cette bataille du désert. Le quotidien note que c'est la première fois depuis 60 ans, que les Etats-Unis lâchent le leadership dans l'OTAN. A Londres, on s'étrangle : "Comment voulez-vous qu'on gagne cette guerre si on n'y met pas les moyens ? ". Le Financial times décrit ce matin la fébrilité des diplomates français et britanniques qui cherchent à convaincre les autres membres de l'OTAN d'envoyer de nouveaux avions. Tous les regards se tournent, parait-il, vers l'Italie qui n'aurait pas encore tout à fait dit ‘Non’ pour participer aux frappes. Clotilde Dumetz : Ils sont opposés à l'euro... leur fond de commerce électoral c'est l'immigration. Ca vous rappelle quelque chose, sauf que là, nous sommes en Finlande et que le parti des "Vrais Finlandais" pourrait bien entrer au gouvernement après les législatives de dimanche, s'inquiète L'Humanité. Et Libération vous présente ces populistes qui mêlent des valeurs ultra conservatrices et un programme social proche de la gauche, ce que dit aussi Libération c'est que ce parti incarne la différence dans un pays où la culture du consensus domine la scène politique et où les électeurs estiment souvent que "peu importe qui est au gouvernement". "Le parti des « Vrais Finlandais » agite la campagne", constate également La Croix, et Le Figaro note qu'aucun des trois grands partis traditionnels n'a exclu de former une coalition avec les « Vrais Finlandais ». Guyonne de Montjou : Les premières conséquences de ce scrutin ne seront pas pour les Finlandais. A Bruxelles, on attend avec fébrilité les résultats qui arriveront d'Helsinki dimanche soir. Parce que si les "vrais Finlandais" obtiennent comme on le prédit 15% des voix, alors ils auront assez de députés pour peser sur les budgets. Et sur les contributions versées à Bruxelles. Le parti populiste a déjà prévenu : il ne votera pas d'aide budgétaire pour aider les partenaires européens en banqueroute. La crise économique qui touche le Portugal ne le concerne pas. Le Financial Times parle même de cette élection de dimanche en Finlande comme du « cauchemar de Bruxelles ». Ultra conservatisme suite... et autre cauchemar pour Bruxelles... Avec la Hongrie, c'est à lire dans L'Humanité, ce matin, "la nouvelle constitution hongroise sous le signe de Dieu", une constitution ultraréactionnaire et libérale selon L'Huma qui prépare d'autres textes à venir, puisqu'on y lit que "la vie doit être protégée depuis le moment de la conception", ce qui permettra de remettre en cause le droit à l'avortement. Une constitution qui établit également le mariage comme l'union d'un homme et d'une femme. Dans les autres pays européen, c'est le Code Civil qui généralement le dit. Beaucoup plus difficile à faire évoluer par l'opposition ensuite si cette dernière veut autoriser par exemple, le mariage homosexuel. Et les membres de la Cour constitutionnelle vont maintenant être mis en place pour douze ans, de quoi empêcher les prochains gouvernements de travailler, du moins de réformer. Bruno Duvic : Retour en France avec cette Une des Echos... Clotilde Dumetz : "Vers une hausse surprise du SMIC d'au moins 2%". En cause l'inflation. Le Code du Travail en France prévoit en effet une hausse automatique du salaire minimum quand cette inflation atteint 2%, ce qui pourrait être le cas dès cet été. Le SMIC avait déjà été augmenté de 1,6% en janvier. 2% en juillet, cela voudrait dire 1.392 euros bruts par mois, et ça, explique les Echos, ça fait paniquer les chefs d'entreprises. Ailleurs, ce sont les riches qui font paniquer les pouvoirs en place. Guyonne de Montjou : Eh oui, un article intéressant dans la Pravda sur les nouveaux problèmes des Chinois. Des problèmes de riches... Dans le dernier classement Forbes, on dénombrait 115 milliardaires chinois. Un record pour un seul pays, même si c'est le plus peuplé. Mais le pouvoir de Pékin qui s'inquiète souvent, s'est rendu compte que les quelques milliers de très riches écrasaient totalement les milliards de pauvres et surtout les frustraient. Les autorités ont donc préféré interdire, purement et simplement, la publicité pour les produits de luxe dans l'espace public, sous prétexte qu'elle nuirait à la cohésion nationale. Les slogans ayant pour adjectifs « l'élite, « le luxe », ou « royal », sont donc bannis pour éviter les sentiments de haine parmi les pauvres contre les riches. La Pravda qui publie ce reportage propose, en conclusion, d'appliquer cette mesure en Russie. Parce que, là aussi, les nouveaux riches ont un goût certain pour l'ostentation. Nouvel exemple à lire dans le Herald Tribune ce matin… Un article sur la vénalité des femmes chinoises. Pour se marier en Chine, avoir une belle voix au Karaoké ne suffit pas… il faut être propriétaire. Même les agences matrimoniales ne retiennent pas votre dossier si vous ne possédez pas un appartement. Les femmes retiennent cela comme critère principal pour accepter de se marier, avec la sympathie ou la gentillesse du fiancé. Or, acheter un appartement avant 40 ans est devenu quasi impossible. En quatre ans, les prix de l’immobilier ont augmenté de 140% dans le pays, et de 800% à Pékin. D'après le Hérald Tribune, je vous assure, les amoureux ont l'air d'avoir le blues dans l'empire du milieu ! Et puis ce chiffre dans Libération : 44 milliards de dollars... Non, ce n'est pas un richissime homme d'affaire qui est à la tête de ce magot ! C'est l'Oncle Picsou... Oui, oui, le tonton radin de Donald... Et c'est le très sérieux magazine Forbes qui a estimé la fortune du canard gripsou... ce qui fait de l'Oncle Picsou le personnage de fiction le plus riche du monde. On reste chez les riches, et là ce n'est pas de la fiction, c'est du conte de fée... Dans quinze jours, on n’en parlera plus, mais d'ici là on risque bien de ne parler que de ça ou presque : le mariage du prince William d'Angleterre et de Kate Middleton, comme une diversion aux réformes de Cameron et à sa politique de rigueur outre manche... une page de rêve. En France, Paris-Match et Le Nouvel Observateur titrent sur ce mariage princier. Tous disent ce couple si parfait : "Le prince et la roturière" pour le Nouvel Obs. Mais c'est encore plus parfait que ça, explique Paris-Match. Les parents de Kate se sont élevés socialement grâce à leur entreprise de vente par correspondance d'accessoires de fête. Une réussite familiale qui a transcendé les origines de la jeune femme lui permettant d'accéder aux meilleures écoles du pays, aux plus chères aussi donc. "De là à en déduire une folle envie des classes moyennes de grimper l'échelle jusqu'à Elizabeth II" écrit Paris-Match. Et voilà le soupçon rapporter aussi par le Nouvel Observateur. Et si l'amoureuse patiente était en fait une arriviste. Pour beaucoup, c'est ça mère Carole qui a tout prémédité, elle sait tout de la famille royale et de William. Et les mauvaises langues murmurent qu'elle a envoyé Kate à l'université de Saint Andrews, en Ecosse, pour qu'elle le séduise. Et là-bas, on surnommerait les sœurs Middleton, « Kate et Pipa »... « les glycines »... pour leurs aptitudes à grimper vers les sommets de la société, s'entend.

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