(Patrick Cohen) Dans la presse ce matin : éclats de verre

(Bruno Duvic) C'est une petite fille qui se dispute avec sa grande sœur : "On n'a rien en commun. T'es née d'un premier lit et moi dans un chou, je te signale." Le dessin est signé Christophe Besse dans le Hors série de 60 millions de consommateurs consacré aux familles recomposées.

C'est la version souriante du débat autour de la famille, qui se poursuit dans la presse magazine, on y reviendra. Mais dans les quotidiens, "La tension monte autour du mariage pour tous" comme le titre La Croix .

D'un côté les actions se multiplient et se radicalisent. C'est "Le bal des ultras", pour L'Humanité . De l'autre, le gouvernement accélère les débats au Parlement. Manœuvre qui exaspère les opposants, selon la Une du Figaro .

Ces ultras, dont parle L'Humanité et que l'on a vu ce week-end à Nantes, Toulouse, Lyon, Bordeaux... qui sont-ils ?

Ils sont très minoritaires parmi les opposants au projet Taubira. Mais dans la presse, ils sont en train de prendre le dessus. C'est le groupe « le printemps français », qui regroupe cathos ultras et radicaux de droite. Selon Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l'extrême-droite dans L'Humanité , « on assiste au retour dans le jeu politique de ces réseaux catholiques traditionnalistes, clairement à droite, pas nécessairement au Front national ou dans des groupuscules ». Autrement dit, ils ratissent un peu plus large qu'on peut le penser.

« Tant que le mouvement anti mariage-gay se cantonnait dans sa version Frigide Barjot, poursuit Jean Yves Camus, c'était bon à prendre pour l'opposition. Ca l'est beaucoup moins dans sa version ‘printemps français’»

Comment ces groupuscules peuvent-ils avoir un tel impact ?

Réponse dans Le Parisien-Aujourd'hui en France . Ils récupèrent le débat sur les réseaux sociaux, ils infiltrent le mouvement et récupèrent ainsi de la visibilité.

Ce sont encore les Hommen qui ont poursuivi la journaliste Caroline Fourest jusqu'à la gare ce week-end à Nantes.

Selon Presse Océan ils mobilisent parmi les cathos traditionnalistes, même si à la fraternité St Pie X on dit tomber des nues. Homophobie pure et simple selon Caroline Fourest sur le huffingtonpost .fr . Et elle dénonce un climat plus général : "En venir à harceler, huer ou injurier parce que quelques couples vont pouvoir se marier et sécuriser juridiquement leurs enfants, ce n'est pas normal."

Tension, donc. Mais à qui la faute ? demande Dominique Quinio dans La Croix . Oui, dit-elle en substance, il y a eu un vrai débat au parlement. Mais elle pointe une nouvelle fois le mépris du gouvernement à l'encontre des manifestants pacifiques réunis par centaines de milliers en janvier et en mars. Guillaume Tabard enchaine dans Le Figaro : "C'est parce que le mouvement, d'une ampleur inédite dans la société depuis la guerre scolaire il y a 30 ans, s'est senti successivement ignoré, caricaturé et méprisé que le ton des opposants s'est durci au fil des semaines."

Dans ce contexte, l'accélération du débat au parlement est interprétée comme une nouvelle provocation par Le Figaro .

Familles homoparentales, monoparentales et recomposées… Pour une analyse plus apaisée de ces bouleversements, il y a aussi la presse magazine. « Existe-t-il une famille ‘normale’ ? » demande Psychologies magazine ; dans Marie-Claire , « Elles font leur enfant toutes seules ».

« Familles recomposées mode d'emploi » économique et juridique dans ce hors série de 60 millions de consommateurs que j’évoquais au début de la revue de presse, avec encore un dessin : un petit garçon montre à sa mère effrayée un tatouage qui lui recouvre le bras : « C'est l'arbre généalogique de notre famille recomposée » dit-il.

Et c'est « La journée du patrimoine »

Titre des Dernières nouvelles d'Alsace ou de Paris Normandie . C'est le jour où les ministres détaillent leur patrimoine.

« Traduire sa vie en Euros est une épreuve », reconnait Michèle Delaunay, ministre déléguée aux personnes âgées dans Sud-Ouest . « Le dévoilement n'est pas chose facile, ajoute Marisol Touraine, dans Le Parisien-Aujourd’hui en France , mais dans quelques années tout sera banalisé. Le mouvement est irréversible. »

La ministre de la Santé a déjà dévoilé son patrimoine la semaine dernière. Elle paye l'impôt sur la fortune. « Ministre de gauche et redevable de l'ISF, pour certains Français cela peut paraitre étrange… lui dit Le Parisien . - (…) Ma capacité de révolte n'est pas indexée sur le niveau de mon patrimoine », répond la ministre.

Alors va pour la transparence... Jusqu'à un certain point. A Canal +, qui lui demandait de poser à côté d'un bien inestimable, le ministre de la ville François Lamy a demandé s’ils ne voulaient pas une photo de sa femme en déshabillé.

S'il y a des éclats ce soir, ils seront donc de verre, obsession de la transparence. Quelques pages après ce dossier sur le grand déballage des ministres, dans Le Parisien-Aujourd’hui en France , on trouve un article sur le dernier site Internet qui cartonne : umanlife.com.

Il vous permet de vous « automesurer ». Le poids, le nombre de cigarettes, les relations sexuelles, les heures de sommeil…. ce site garde tout en mémoire et vous donne des conseils. Il peut même vous suivre à distance, moyennant une balance wifi, ou un bracelet de sommeil. Bientôt la brosse à dents blue tooth…

Quoi d'autre dans la presse ?

L'Egypte à l'heure du doute. Article de Marwan Chahine dans Libération pour dire que, deux ans après la révolution de la place Tahrir, de plus en plus d'Egyptiens commencent à regretter Moubarak. Cela se passe notamment sur Facebook. Un groupe de nostalgique réunit 1 million 600.000 personnes.

La révolte du président de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris. Le socialiste Jean Marie le Guen juge inatteignables les objectifs d'économies fixés à l’AP-HP. Il le dit dans Le Parisien-Aujourd’hui en France .

Allez pour se changer les idées, un petit tour en vélo. « Vélo, les Français en sont fous ». C'est la Une et le dossier du magazine écolo Terra eco ce mois-ci. Depuis 2007 et le lancement du Vélib, la bicyclette ne cesse de gagner du terrain dans nos vies. Dans le dossier, les avantages écologiques, économiques, la carte des villes où il fait bon et moins bon pédaler et même un philosophe de la petite reine.

Il s’appelle Jean-François Balaudé et il chante les louanges de l’amorti du pneu… « L’amorti du pneu donne une souplesse et un confort au corps en mouvement, ce qui facilite particulièrement la méditation. Le caractère cyclique du vélo aide également. On réitère à l’infini un mouvement circulaire. Cela a, en quelque sorte, un effet de berceuse qui prépare à la rêverie intellectuelle et libère le sentiment et la pensée »

A vélo ou au volant, éviter de faire comme cet homme retrouvé jeudi à terre à la sortie d'un bar d'Avignon. A terre parce qu’il s'était fait agresser. Mais aussi parce qu'il avait 11 grammes d'alcool par litre de sang ! Information distillée dans Le Parisien-Aujourd’hui en France ce. 11 grammes, théoriquement c'est deux à trois fois la dose mortelle. Une addictologue parisienne a du mal à donner foi (foie ?) à ce chiffre. Des médicaments ou d'autres substances ont peut être gonflé le taux, selon un policier.

11 grammes ce serait un nouveau record. L'addicotologe parisienne reprend. C'est « trois ou quatre bouteilles de whisky avalées en quelques heures. Cet homme était littéralement confit d'alcool, sa survie tient du miracle ».

A demain

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