Question posée telle quelle par Le Monde sur son site internet,dans un très long article signé Zineb Dryef.

Repris dans le supplément l'époque du quotidien du soir, mais titré : "l'éternel masculin", sans point d'interrogation. Être un homme à l'heure de #MeToo, et de la même manière que les féministes se battent pour en finir avec le mythe de la féminité, "des hommes vont-ils s’élever contre une virilité qui les étouffe ?" C'est ce qu'écrit Zineb Dryef, qui cite les paroles d' Eddy de Pretto. 

Dans un morceau intitulé Kid, le chanteur français de 24 ans revient sur cet impératif qu’il a subi toute son enfance : 

« Tu seras viril mon kid

Je ne veux voir aucune larme glisser sur cette gueule héroïque

Et ce corps tout sculpté pour atteindre des sommets fantastiques

Que seule une rêverie pourrait surpasser. »

Des paroles qui lui ont attiré cette critique : “Kid est un hymne homosexuel.” "Moi, je ne crois pas, répond t'il. Est-ce que parler de la masculinité et de la virilité est réservé aux homosexuels ? Est-ce que les hétérosexuels n’ont pas le droit, eux aussi, de revendiquer une sensibilité qu’on qualifie à tort de féminine ? Vivement qu’on puisse être sans limites, sans archétypes et sans modèles. Qu’on soit libres. " Fin de citation.

Libres ? Un voeu qui parait bien inaccessible, quand même le personnage le plus puissant du pays s'attire les critiques sur son rapport aux femmes. C'est ce qu'analyse le sociologue Raphael Liogier, cité par Zineb Dryef dans son article. Voyez ce qui s’est passé avec ­Macron, dit-il, qui refuse cette virilité archaïque. Les gens se sont conduits comme des gamins dans une cour d’école : il est avec une femme plus âgée, ambitieuse, autonome, qui n’est plus en âge de se reproduire, donc il est une tapette. »

Car c'est la conclusion du sociologue, la virilité dominatrice serait un sentiment d’impuissance des hommes face à la capacité reproductive des femmes... Une conclusion qui entre en résonance avec cet entretien toujours dans Le Monde ce matin. Entretien avec la chef du gouvernement de Nouvelle Zélande, Jacinda Ardern, une femme de 37 ans qui a annoncé au mois de janvier dernier qu'elle attendait un enfant.

Elle raconte : "j'ai été très surprise des réactions qui ont été dans leur immense majorité positives", et de poursuivre : "il y a encore du travail, je serai heureuse quand la grossesse d'une première ministre ne fera plus la une des médias, car elle sera considérée comme normale". 

On se prend à espérer que le sociologue Raphael Liogier a raison qu'Emmanuel Macron n'a pas de complexe face à la capacité reproductive des femmes, lui qui doit rencontrer demain à Paris la première ministre Néo-zélandaise.

Ce matin, Emmanuel, ce sont les frappes en Syrie qui font la une des journaux : la guerre, attribut masculin par excellence, et certains journeaux jouent la sobriété. "Une réponse de feu", titre Sud Ouest. "Des missiles dans la nuit syrienne", pour Libération Champagne, ou encore "les frappes après les menaces", dans La Nouvelle République. 

D'autres, au contraire, sentent la testostérone. Les journaux du groupe La Montagne par exemple qui titrent : "Macron, chef de guerre pour frapper la Syrie". Le Parisien en bandeau : "comment macron a décidé". Il faut aller en page 3 pour apprendre qu'il en a peut être discuté avec la ministre des armées Florence Parly. Ou encore La Provence : "la France frappe la Syrie", assène le quotidien en une. La France, sous entendu par la main toute puissante d'Emmanuel Macron. 

Le Monde, pour sa part, émascule carrément notre fierté nationale en reléguant la France au rang de subordonné de Washington. "Riposte ciblée des Etats Unis et de leurs alliés contre le régime syrien", titre qui semble être le plus proche des analyses internationales de l'événement. 

Le New York Times, The Guardian, ou encore El Pais font le même choix que le quotidien du soir. 

Il est aussi question de sportifs et de motards dans la presse. Les joueurs de l'équipe de foot de Lille, en une de Nord Eclair, incapables de faire mieux que match nul à domicile contre Guigamp. Les rugbymen de Toulon, qui ont dominé les montpelliérains en match de gala hier au stade vélodrome. En attendant la confrontation, toujours en rubgy, entre Perpignan et Carcassonne cet après midi. 

C'est à la une de L'Indépendant et ces motards qui manifestaient hier, ils sont en une de La Presse de la Manche et de La République du Centre. Manifestation pour qu'on leur laisse le droit de faire rugir leurs moteurs, de laisser libre cours à leur soif de vitesse, alors que le gouvernement veut les obliger à rouler à 80km/h maximum sur les routes secondaires. 

Une revendication partagée par Laurent Wauquiez dans un entretien au Journal du Dimanche, le président des républicains, en une partagée avec Jean-Luc Mélenchon. "Leur réplique à Emmanuel Macron", c'est le titre le JDD, à quelques heures d'un nouvel entretien du chef de l'état ce soir, avec BFM TV et Médiapart. 

Titre agrémenté de ces citations des deux opposants, inspiration De Gaulle pour le chef de file de la France Insoumise : "la chienlit 'est Macron". Le président des républicains, lui, pioche chez Sartre : "le macronisme est un illusionnisme".

A vrai dire, seules deux femmes font clairement la une de la presse ce matin. Dans le Courrier de l'ouest, on apprend que Jeanne, 97 ans, était dans les tribunes du stade vendredi pour vivre la rencontre entre Angers et Nice. 

Et puis Loire Océan qui titre sur le vol hier à Nantes du cœur d'Anne de Bretagne, dérobé dans son reliquaire. Un titre qui soulève en nous deux interrogations, Anne de Bretagne, 3 maris et 6 enfants, était-elle suffisamment virile pour diriger son duché pendant 25 ans ? Et puis surtout, peut-être la seule question qui vaille ce matin : Nantes, c'est en Bretagne ou pas ?

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