Bonjour... Il n'est pas content, Marc Chevanche... Et il le dit dans Nice Matin... "Ah !... Les sondages !", s'écrie-t-il... "Leurs questions ambivalentes, leur ronde de chiffres !... Ils sont décidément le degré zéro de l'analyse politique"... Pourquoi cette colère de l'éditorialiste niçois ?... Parce qu'hier, Le Monde, daté d'aujourd'hui, a publié un sondage TNS-SOFRES qui démontrait que plus du quart des sondés étaient d'accord avec les positions du Front National... Et Le Monde de titrer : "Le nouveau style de Le Pen passe mieux auprès des Français"... "C'est une sollicitation abusive des données recueillies", s'indigne Marc Chevanche... "L'enseignement principal est que la lepénisation des esprits progresserait irrésistiblement... Or, à simplement lire courbes et tableaux, on peut, plus sûrement, soutenir la thèse exactement inverse", écrit l'éditorialiste... "On constate non seulement que cette adhésion aux idées de Jean-Marie Le Pen ne progresse pas"... Marc Chevanche rappelle que "28% des personnes interrogées y adhéraient il y a 10 ans... Ils ne sont plus que 26% aujourd'hui... Et cette adhésion est même légèrement en baisse par rapport à l'autre pic constaté en mai 2002... On pourrait donc se demander à quoi rime de surjouer l'effroi et de sonner l'alarme... En vérité, dans les têtes comme dans les urnes, depuis 20 ans, Jean-Marie Le Pen produit son effet sur un cinquième environ des Français... Dès lors, écrit Marc Chevanche, la conclusion raisonnable est que son influence progresse moins qu'elle n'est contenue"... Autre façon de surjouer l'effroi, la mort de la Belgique, en direct au journal télévisé... C'est aussi à la Une du Monde... Et également du Figaro, qui titre sur "cet incroyable canular qui ébranle la Belgique"... Mercredi soir, une émission de la RTBF, la télévision belge francophone, a annoncé l'indépendance de la Flandre et provoqué un mouvement de panique... d'autant qu'une annonce, reproduite ce matin par Le Figaro, laissait planer le doute : "ceci n'est peut-être pas une fiction"... C'est comme cela que les téléspectateurs belges ont été informés que le programme qu'ils regardaient était une blague... En fait, comme le dit Le Figaro, "l'émotion provoquée en Belgique par la diffusion de cette émission illustre les craintes réelles des Belges pour la pérennité de leur pays... L'exercice de politique-fiction a électrisé le débat sur l'avenir de la Belgique, à 6 mois d'une probable renégociation des pouvoirs entre Néerlandophones et Francophones"... Jules Clauwaert, dans Nord Eclair, parle d'un "canular douteux sur la complexité belge"... "Les auteurs de ce canular peuvent d'ailleurs arguer les enseignements de cette soirée : par réflexe, les Wallons sont plus attachés à la nation belge que les Flamands... Ces derniers, considérant l'ensemble de la Wallonie comme un poids lourd, incapable de lutter efficacement contre le chômage, ne vivraient sans doute pas la partition de leur pays comme une catastrophe... Mais, s'interroge encore Jules Clauwaert, fallait-il user d'un subterfuge contestable pour tirer au clair quelques idées sur l'avenir du peuple belge ?"... L'autre polémique, ce matin, c'est la fameuse affaire Seznec... Elle ne sera pas révisée... Autrement dit, comme le titre Libé sous la photo de l'ancien bagnard breton : "Guillaume Seznec est coupable à perpétuité"... Alors bien sûr, ce matin, il y a ceux qui crient à l'injustice, comme le petit-fils de Guillaume Seznec, qui s'est exclamé que "la justice était devenue folle" après l'arrêt de la Cour de Révision... "Il ne pourra pas graver sur le tombeau de l'ex-bagnard le mot qu'il attendait tant : "réhabilité", écrit Bernard Le Solleu dans Ouest France... "La justice a refusé de se déjuger... Le doute a laissé de marbre la Cour de Cassation"... "Errare humanum est", reprend Bruno Théveny dans Le Journal de la Haute-Marne... "Errare humanum est... Mais pas pour la justice française qui, une fois de plus, quitte à en perdre son latin, ne sait pas se remettre en question et reconnaître ses torts"... Hervé Chabaud, dans L'Union, reprend cette formule de Racine : "Une extrême justice est souvent une injure"... Et l'éditorialiste relève que la dureté des expressions employées pour motiver l'arrêt tend à laisser croire qu'une sanction morale est délivrée à l'encontre de ceux qui ont épuisé toutes les procédures pour obtenir la réhabilitation de Seznec, dont le Garde des Sceaux"... "Pourquoi ?", reprend Bernard Le Solleu dans Ouest France... "Sans doute s'agit-il d'un réflexe de protection... La justice a craint d'ouvrir la boite de Pandore... de voir se multiplier les requêtes en révision... Or, dit encore Bernard Le Solleu, il lui fallait dépasser le cas Seznec proprement dit... La justice n'a pas su... Elle est restée accrochée à cette raison d'Etat qui lui interdit de se renier"... C'est vrai, constate Bernard Revel dans L'Indépendant du Midi, "on a d'abord une réaction de surprise et d'indignation... Pour l'opinion publique, l'homme qui avait passé 20 ans au bagne de Guyane et n'avait cessé de clamer son innocence, était une sorte de Jean Valjean... Il méritait bien, après une longue lutte, que la justice d'aujourd'hui "décharge la mémoire du mort", selon l'expression consacrée... C'était oublier, dit Bernard Revel, que la Cour de Révision n'a rien d'une chambre d'écho"... Et Jean-Michel Thénard, dans Libération, lui emboite le pas... "Le refus de réhabiliter Seznec sans éléments nouveaux, c'est, au contraire, une justice qui refuse de céder à cette pression médiatique qui l'avait, à l'unanimité, jugé innocent... La justice peut-elle avoir raison seule contre tous ?... Oui, dit l'éditorialiste de Libé... oui, si elle a la confiance du peuple au nom duquel elle se prononce... Son drame, c'est qu'à force d'arrogance, d'erreurs et d'absence de doutes, elle l'a perdue, cette confiance"... Mais comme le dit un magistrat, Denis Salas, toujours dans Libé : "la justice doit rendre des décisions en son âme et conscience... C'est peut-être la dernière institution qui ne doit pas veiller à son image"... Et "Dominique de Villepin qui peine à convaincre les syndicats et les employeurs"... Ca n'est pas un jugement de L'Humanité... le journal communiste se contente de constater que la hotte de Villepin est bien vide... Non, ce titre dubitatif, c'est dans les pages saumon du Figaro qu'on le trouve... Les syndicats ouvriers et patronaux dénoncent la mise en scène des mesures annoncées avant même le début de la Conférence sur l'emploi, et l'opération de communication de Matignon... Comme le dit encore Le Figaro, bien sévère pour le Premier ministre, "Dominique de Villepin voulait effacer la crise du CPE et renouer avec les partenaires sociaux... La Conférence a échoué sur ce plan... L'accueil réservé au Premier ministre a été plutôt froid"... "Quel pays formidable que le nôtre, dans lequel on peut tout à la fois s'indigner du manque de négociations entre partenaires sociaux, s'offusquer de l'absence de grands forums économiques... mais qui, dès lors qu'une telle initiative est prise, en dénonce l'aspect grand-messe, fustige son côté fourre-tout, et ironise sur son manque de débouchés concrets", s'étonne Jacques Guyon dans La Charente Libre... "La Conférence sur l'emploi et les revenus, qui s'est tenue hier, n'a pas échappé à ce refrain désabusé, à cette rengaine désenchantée"... Et Jacques Guyon renvoie dos à dos les syndicats et le Premier ministre... "Les syndicats, salariés et patronaux confondus, auraient pu saisir l'occasion de faire entendre un avis qui ne soit pas une simple revendication, d'émettre un diagnostic sur l'état de notre pays qui soit autre chose qu'une énième réitération de prises de position immuables... Au lieu de cela, ils ont partagé leur humeur entre ceux qui attendaient du concret tout de suite et les autres qui, de toute façon, entendaient bien faire savoir que cette Conférence n'était que poudre aux yeux pré-électorale... Il faut dire, poursuit Jacques Guyon, qu'en matière de théatralisation et de postures, Dominique de Villepin n'est pas en reste"... Eh oui, reprend Philippe Waucampt, du Républicain Lorrain, "le budget étant voté, et l'approche d'échéances électorales lourdes n'incitant pas à une débauche d'imagination, Matignon a donc opté pour le spectacle"... Philippe Waucampt reprend le mot de Clemenceau : "Si l'on veut enterrer un problème, on crée une Commission"... Et il propose une variation : "Si l'on attend une belle photo sans frais, on organise une conférence"... Et Philippe Waucampt poursuit son analyse... "Politiquement, pour Dominique de Villepin, l'opération présente l'avantage de rester dans la course et de continuer à exister dans le tumulte électoral... Socialement, en donnant le sentiment d'une simple mise en scène, alors que les Français sont tenaillés par la peur de glisser vers la précarité, le gouvernement accrédite l'idée d'un monde à la "Matrix"... où la vie n'est que faux-semblants, où la décrue des statistiques du chômage et la hausse des chiffres du pouvoir d'achat masquent une infra-réalité, faite de précarité, d'incertitudes sur l'avenir et de craintes de chacun pour ses enfants... Alors, prévient Philippe Waucampt, gare au retour du bâton populiste en avril !"... Et le tramway dans tout ça ?... D'accord, c'est un peu parisien, puisqu'il est inauguré demain, sur les boulevards des Maréchaux... Et La Tribune se félicite que "le renouveau du tramway profite à Alstom"... "L'entreprise surfe sur la renaissance de ce mode de transport en France... Mais dans le monde, le marché est encore dominé par le canadien Bombardier"... Oui, mais l'inauguration du tramway parisien relance la campagne anti-bagnole... Et Valeurs Actuelles titre sur "les délires de l'autophobie"... avec trois accusés : Jean-Paul Huchon, qui a réduit de 41% les programmes routiers en Ile-de-France... Bertrand Delanoë, puisque les accidents de deux-roues et de piétons sont à la hausse à Paris... et le Vert Denis Baupin, qui a raté sa "vélorution" puisque moins de 1% des déplacements dans la capitale se font à vélo... D'ailleurs, on peut concilier "auto et bio"... C'est le titre d'un nouveau magazine européen, 100% nouvelles énergies... Auto Bio, numéro 1, avec un sous-titre : "Ca roule pour la Terre"... A part ça, ça va ?... Quand on pose cette question aux Français, pratiquement les trois-quarts d'entre eux... 73%... se disent en forme... C'est un sondage CSA/Le Parisien-Aujourd'hui en France... Plus les hommes (82%) que les femmes (65%)... Pourquoi ?, se demande Le Parisien... Grâce surtout à une météo clémente et à un vrai "effet Noël"... Et pour garder le cap, Le Parisien vous conseille des massages, des vitamines et des siestes... y compris au bureau... Comment ça va, Nicolas ?...

Denis ASTAGNEAU

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