Le Figaro.fr raconte ce que signifiait "avoir 20 ans" dans les années soixante, et c'est une justification de Mai-68 ! Le Monde raconte la perversion et la toute-puissance d'un directeur d'internat dans un chic lycée parisien. L'Etiquette se souvient des jeans de RDA et des casquettes et blousons de Mandela aux USA !

Champ de coton
Champ de coton © AFP / Voisin / phanie

On parle d'esclavage...  

Et comme dans les cauchemars du Sud des Etats-Unis, on parle d'esclaves qui s'épuisent dans les champs de coton.   

Mais le dossier que Libération publie ce matin parle d'une horreur contemporaine, le sort fait aux Ouighours, ce peuple de religion musulmane que l'on oppresse déporte, exploite et rééduque dans la province chinoise du Xinjiang, chaque révélation précise l'horreur, celle-là l'inscrit aussi dans notre quotidien.   

Au moins 500 000 ouighours seraient employés de force dans les champs de coton écrit Libération, qui ajoute ceci :    

Chaque personne qui porte un vêtement ou un accessoire qui comprend, à un moment ou à un autre de la chaine de production, une fibre de coton produite en Chine, doit envisager la forte probabilité d'être bénéficiaire du travail forcé des Ouïghours...

La Chine produit un peu moins du quart du coton mondial, et ce coton largement est cueilli à la main dans le Xinjiang. Libération décrit la logique de l'esclavage, le poids du coton et du textile dans l'économie chinoise, 10% des exportations. Longtemps, les planteurs faisaient au Xinjiang des centaines de milliers de travailleurs migrants, et puis, c'était plus simple moins cher, on a mobilisé de force une main d'œuvre locale docile obéissante, et contrainte. Des travailleurs ouïghours sont employés de force dans des usines textiles -on le savait déjà- des paysans ouïghours sont enlevés à leurs villages pour exploiter le coton du parti communiste qui exige en plus, de la reconnaissance, le travail nourrit… Ca on le découvre dans un rapport que détaillent Libération, BBC et la Sudddeutsche zeitung. 

L'auteur du rapport est un anthropologue allemand, Adrian Zenz, c'est par lui que l'on a su l'existence des camps de Ouïghours, il étudie les documents officiels chinois qu'il trouve sur internet et il pleure parfois, il est aidé par des internautes ouighours en exil... Mais Zenz est attaqué et harcelé par les media de Chine, il est de droite, il est chrétien évangélique, pensez donc, et en France, des intellectuels se laissent prendre… Zenz  l'inlassable se sent fatigué... 

On lit également un eurodéputé français, lui est de gauche, Raphael Glucksmann, qui porte la cause des Ouïghours au parlement européen où l'on débattra jeudi des esclaves du coton, mais aussi sur Instagram où il mobilise contre les firmes occidentales qui profitent du système concentrationnaire chinois... 

Et nous, allons nous regarder d'où viennent nos vêtements?   

Ils sont des objets politiques nos vêtements.  La revue l'Etiquette, qui habille le futile de gravité en ne parlant que de mode, se souvient dans sa livraison d'automne- hiver de l'Allemagne communiste où porter un jean occidental était un acte de liberté, et puis en 1975 le parti communiste ouvrit une usine à Templin, où l'on fabriquait des jeans copiés sur Levis et Lee Cooper, mais ils étaient moins cools.   L'étiquette se souvient de la coolitude de Nelson Mandela qui libéré du pénitencier en 1990 s'en alla séduire l'Amérique en portant à New York une casquette et un blouson des yankees, l'équipe locale de base-ball,  et à Detroit la casquette et le blouson des Pistons, les durs locaux du Basket, mais aussi la casquette et le blouson du syndicat des travailleurs de l'automobile.   

Le Figaro parle lui aussi d'un costume... 

De bonne étoffe tissé sous le second empire,  qui témoigne d'un moment de notre violence, la commune de Paris, république socialiste qui gouverna un moment la capitale et fut écrasée" en 1971. Ce costume était porté par un notable que les communards fusillèrent... Et dans les coulisses du musée de la mode à Paris, un médecin légiste, archéologue, reconstitue le crime en reniflant le tissus à travers un siècle et demi...   

Et le Figaro est sublime de passé ce jour. Il nous fait visiter la datcha verte près de Moscou où Staline s'éteint en 1953, terrassé par une attaque, sans qu'on appelle à temps un médecin à son chevet...  Il commence aussi le Figaro, sur son site internet, une série sur nos jeunesses, et raconte comment on avait 20 ans en 1960... La majorité des jeunes travaillaient, moins payés que les adultes, et subissaient le corset des parents, de la morale, au bout de l'étouffement il y eut mai 68 -et sans idéologie, le Figaro nous convainc que cette révolution était inéluctable... Souriez-vous?   

Le Monde raconte deux misères, la disette sexuelle et amoureuse de la jeunesse de 2020 en proie à la covid qui est un autre corset implacable, si l'on ne peut se voir se toucher... Et puis la perversion et la toute-puissance d'un homme dont la fonction vient d'autrefois, il était le directeur de l'internat des élèves des classes préparatoires de Stanislas, lycée parisien privé d'élite catholique, il était le maitre d'adolescents ambitieux qu'il injuriait parfois et manipulait et battait à l'occasion, il fréquentait aussi sur son ordinateur des sites pédo-pornographiques et pour cela avait été licencié il y a deux ans...   Mais le lycée n'avait jamais dit publiquement ce qu'on reprochait à cet homme, on parle de viols dans le Monde, le scandale est là.  

Le Parisien, lui nous dit ce qu'il en coute, vieux, pour vivre dignement chez soi en France, 1836 euros par mois passé 85 ans.  

On parle enfin de l'Angleterre... 

Dans un cadeau que nous fait la Croix, vingt-quatre pages qui où nous parlent des anglais qui nous quittent et que nous regrettons aussitôt, ils disent leur pays entêté, divisé, perd-il l'humour, ils nous ressemblent dans leurs fractures sociales et  leur redécouverte du nationalisme; l'écrivain Jonathan Coe qui aime tant Londres n'y voit plus qu'un décor de roman, l'Angleterre est ailleurs, à la campagne, ou sur les eaux? La navigatrice Miranda Merron, depuis le Vendée globe, chante Rule Britannia, mais se demande si elle ne va pas demander la nationalité autrichienne, elle en a le droit, sa famille fut persécutée par les nazis.   Souriez vous encore? 

J'ai souri avec tendresse à l'aventure d'un jeune homme qui partait pour l'Angleterre, toucher le foot à Liverpool, ainsi la Voix du Nord, à l'instar de l'Equipe, salue bellement le chti Gérard Houllier. 

J'ai souri dans les DNA en lisant que Sylvain Koch de Schiltigheim, a trouvé se promenant  ce qu'il croyait être un fragment de météorite et s'est vu riche, ça vaut bonbon une météorite, mais ce n'est qu'une pierre terrestre, elle est belle pourtant.   

Je lis enfin dans Midi Libre que Marie-Julie Demedardi, doctorante en psychologie à Montpellier.  a découvert que nos enfants mentent bien jeune, dès l'âge de quatre ans, mais attendez!  Ils mentent pour aider les autres, contre leur intérêt, pour aider un copain triste d'avoir perdu à un jeu et qui n'aura pas de cadeau... C'est un mensonge altruiste qui dit que les bambins sont murs. Oui Nicolas, c'est moi qui ai fait trop long ce matin.

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